COUPES DE CITES METALLIFERES
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LE MONDE MÉTALLIFÈRE. 367
exploité les mines mais plus habiles dans la fonte des minerais que leurs modernes successeurs, qui n’ont été que marins, ils ont mieux conduit le travail. En Espagne, on n’a jamais tiré qu’un assez faible parti des anciens résidus de la fusion métallurgique, phénicienne ou punique. En Toscane, j’ai de même reconnu, sur nombre d’anciens tas de scories que j’ai analysés, qu’il ne restait que très-peu de métal utile : cuivre, plomb ou argent. C’est un fait digne de remarque que les anciens, bien qu’ignorant absolument la chimie, ont quelquefois traité les minerais avec autant d’art que les modernes. Ou ne peut même oublier qu’il y a eu des peuples essentiellement mineurs et fondeurs, comme les Phéniciens ou les Étrusques, qui étaient également marins, commerçants et colonisateurs. De nos jours, on voit de même les Allemands et les Anglais, à la fois voyageurs et colons, marcher aussi en tète de l’art des mines et de la métallurgie. La culture souterraine du sol est non moins indispensable que la culture de la surface à l'établissement des colonies. Des exemples contemporains, la Californie, l’Australie, le prouvent. Ou dirait que les races les plus colonisatrices sont en meme temps les mieux douées sous le rapport des aptitudes agricoles et minérales. Les Anglais ont de plus l’avantage d’être un peuple de marins et de marchands. Joignez à cela le goût des longs et aventureux voyages, et la pratique de la liberté, de l’initiative individuelle, de ce que l’on est convenu de nommer le self government, et vous aurez le secret de leur brillante réussite dans les plus lointains établissements.
Dans l’antiquité, les Romains avaient si bien compris tout le prestige que les mines devaient exercer sur l’esprit
1 . La ville sanie Melalla, «le l’itinéraire d'Antonin, porte un nom significatif. En grec et en latin, melalla signifie mine de métaux.
LES MINES DE MÉTAUX
des émigrants, et tout l’avantage qu’elles offraient à un développement à la fois rapide et durable des colonies, qn’une loi du sénat avait prohibé les exploitations métalliques dans la péninsule italienne. Pline, dans son Histoire naturelle, rappelle souvent cette loi en nous parlant de la fécoudité minérale de l’Italie '. Il ne nous dit pas les raisons qui avaient inspiré le sénat, mais il est permis de les supposer. 11 est probable que le sénat avait en vue de provoquer, par la création d’entreprises lointaines, une vaste émigration en Espagne, en Sardaigne, en Grèce, en Asie Mineure, toutes provinces récemment conquises à l’époque où la loi fut promulguée. Mû par cet esprit conservateur qui caractérise la politique de l’ancienne Rome, le sénat voulait sans doute nussi réserver intactes pour l’avenir les richesses souterraines de la péninsule, et enfin favoriser l’agriculture italienne que le travail des mines aurait pu gêner sur certains points. Nous avons vu que l’Espagne, poussée par quelques-uns de ces mobiles, j’entends la colonisation de contrées éloignées et récemment conquises, avuit, en découvrant l’Amérique, également prohibé l’exploitation des mines sur le sol national. Mais ce qui était bon au temps de Rome était déjà d’une application fâcheuse à l'époque de la Renaissance. L’exemple de l’Espagne, ruinée intérieurement par ses colonies, doublement ruinée en les perdant, le prouve d’une façon indubitable.
La Grèce, non moins que l’Italie et l'Ibérie, fut jadis le théâtre d’exploitations minérales prospères. Aux portes d’Athènes, on vient de découvrir des scories d’argent datant du temps de Fériclès, et sur lesquelles se sont abattus quelques-uns des mêmes industriels qu’en Sar-