‹ La Vie souterraine, ou les Mines et les mineursChapitre 48 sur 70 · TABLEAU DE LA PRODUCTION DU GLOBE EN FONTE , FER ET ACIER, EN · texte numérisé non relu

TABLEAU DE LA PRODUCTION DU GLOBE EN FONTE , FER ET ACIER, EN

Production

Nom des pays. en tonnes

de 1000 kilogr.

Iles Britanniques 5 000 000

France 1 200 000

États-Unis 1 200 000

Belgique 500 000

Prusse 800 000

Autriche 350 000

Autres États allemands (Bavière, Saxo, Hanovre, Nassau,

Wurtemberg, etc.) 300 000

Russie 200 000

Suède 200 000

Italie 50 000

Es|>agne 50 000

Autres pays producteurs (Inde, Chine, Afrique, Asie centrale, etc.) 150 000

Total.

Ces dix millions de tonnes de fonte, fer et acier, calculées au prix moyen de deux cents francs la tonne, donnent une valeur de deux milliards.

Les métaux communs ont pour la plupart suivi, dans les chiffres de production, les étonnantes phases que nous avons signalées pour le fer. Mais où trouver un exemple comparable à celui des métaux précieux et surtout de l’or? La Californie et l’Australie, depuis 1818 et I8ul, c’est-àdire dans un intervalle ne dépassant pas dix-huit ans, ont donné à elles seules une quantité d’or égale à celle que l’Amérique entière avait produite pendant trois siècles et demi, de l’époque de su découverte à l’année 1818*. ltien

1. On peut calculer moyennement à trois ceuls millions chaque année la quantité d’or totale, déclarée ou non, extraite séparément de la Californie et

ne devait manquer du reste à des faits déjà si saisissants. Au moment où l’on croyait que l’or allait remplacer l'argent, au moment où quelques gouvernements d’Europe, fidèles aux conseils des économistes, songeaient à abaisser le titre de leur monnaie d’argent pour rétablir, au moins d’une manière détournée, le rapport uniforme d’un quinzième qui existe depuis des siècles entre la valeur des deux métaux précieux, l’argent était à son tour tout à coup découvert (1859) par le peuple qui pouvait tirer le meilleur parti des nouvelles mines, par les Américains du nord, dans le territoire de l’L'tab. 11 y a de cela huit ans à peine, et déjà la région occupée par les miues, forme un État qui, sous le nom de Nevada, orne d’une étoile de plus la bannière constellée de l’Union ; et déjà l’on retire annuellement de ces gîtes autant d’argent en valeur monnayée qu’on extrait d’or de la Californie. En 1864, le président Lincoln, dans son dernier message, évaluait à cent millions de dollars, ou plus de cinq cents millions de francs, la production en métaux précieux de la Californie et de la Nevada. L’équilibre entre les deux métaux-étalons, que les hommes semblaient impuissants à maintenir, s’est donc rétabli instantanément. Étrange oscillation , rôle mystérieux de l’or et de l’argent, (pie la nature semble avoir réglé elle-même et dont elle modère à son gré les écarts. N'ést-ce pas une curieuse histoire que celle des métaux précieux? Les mines du Mexique, du Pérou, du Chili, de la Bolivie, pour la plupart en décadence ou épuisées, menacent de laisser tarir la source où le monde s’approvisionne d'argent. L’or, qui prend le dessus d’une

de l’Australie, soit pour quinze ans seulement, et h six cents millions par an, neuf milliards. En 1848, on estimait à dix milliards au plus tout l'or fourni par l'Amérique depuis l’an 1500. On évalue à soixante milliards d'or et d'argent l'encaisse métallique disponible aujourd’hui sur le globe.

LES MINES LE METAUX

manière inquiétante, va nous envahir; les économistes redoutent les plus graves désastres financiers. Tout à coup les mines de la Nevada sont découvertes, et la balance se fait de nouveau eu dehors de toutes les prévisions et de tous les calculs humains.

Il faut suivre les métaux précieux dans leur voyage à travers le globe, par les isthmes de Panama et de Suez, qui, taillés ou non, véritables bornes milliaires jetées entre les océans, jalonnent les deux plus grandes routes du monde. L’argent des mines d’Amérique prend le chemin de Londres par l’isthme de Panama. L’or de Californie suit aussi celte voie, et se rend en majeure partie à New- York ; celui d’Australie passe par l’isthme de Suez, et s’expédie tout entier vers la grande métropole du monde industriel et maritime. L’argent termine son évolution en allant d’Europe, par la Méditerranée et l’Egypte, dans les Indes et la Chine. Il n’en retourne jamais. Ces deux contrées, auxquelles on pourrait joindre l’Arabie, la Perse, le Japon, ont été comparées à de gigantesques éponges qui pompent l’argent européen. Plus la métallurgie produit de blanc métal, et plus l’Orient eu absorbe et en enterre. Les économistes ont comparé ce phénomène à un véritable drainage. L’argent est d’ailleurs la seule monnaie ayant cours dans les contrées asiatiques, restées de tous temps immobiles, qui ne connaissent l’or qu’en bijoux et n’uut pas de billets de banque. A défaut de pièces monnayées, anglaises, françaises, américaines, ou accepte des lingots à la marque des essayeurs de commerce.

Devant la progression continue que suit l’extraction des métaux depuis le commencement de ce siècle, il serait peut-être intéressant de présenter une statistique complète de la production métallique du globe en 18t>0, comme nous l'avons déjà fait pour le fer. Mais cette série de longs

et interminables tableaux, tout chargés de chiffres, seraitelle ici à sa place? 11 sera mieux de résumer et de comparer entre elles, dans un seul cadre, les quantités et les valeurs totales des métaux extraits, en reprenant par le fer:

TABLEAU DE LA QUANTITÉ ET DE LA VALEUR DES DIFFERENTS MÉTAUX EXTRAITS SUR LE GLOBE EN 1866.

Nom du métal.

Poids total en tonnes do 1000 kilogr.

Prix

de U tonne.

Valeur totale en

millions de francs.

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