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Nom d'une mine au couchant de Mons

2. Ce nom vient sans doute de galets ou galettes, parce que les gaillettes sont en morceaux qui ont cette forme.

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les houilles sont dures, grasses, demi-grasses ou maigres, suivant qu’elles renferment plus ou moins de matières volatiles, bitumineuses, brûlent avec une flamme plus ou moins longue, et se boursouflent ou non au feu. Ces quatre grandes divisions sont du reste admises dans presque toutes les mines.

En France, le centre industriel qui rappelle le mieux la Belgique est le bassin de Rive-de-Gier et Saint-Étienne, qui s’étend entre le Rhône et la Loire, du nord-est au sudouest. Au sud, le terrain houillcr s’appuie sur les escarpements du mont Pilât, qui sépare, les eaux tributaires de l’Océan de celles qui vont à la Méditerranée; au nord, il est adossé aux derniers contre-forts des montagnes du Lyonnais et du Forez. Entre ces deux limites, dont il a comblé le vide lors de l’âge carbonifère, il occupe une bande étroite qui s’élargit sensiblement en allant du Rhône a la Loire (cartes IV et V).

Quand on sort de Lyon par le chemin de fer qui, côtoyant le Rhône jusqu’à Givors, remonte ensuite la belle vallée du Gier aux collines boisées et verdoyantes, on ne tarde pas à arriver dans le district des mines de houille. Cette région commence à Rive-de-Gier. A partir de ce point, ce 11e sont que puits et galeries de mines, ouverts dans la campagne pour l’extraction du charbon ou l’épuisement des eaux. Dans certaines portions du bassin, celles-ci sont des plus abondantes et forment de véritables fleuves souterrains. Çà et là se profilent les longues lignes des fours à coke, où l’on carbonise la houille, comme le bois dans les forêts. Les feux, la nuit, brillent en divers points de l'horizon, et l’on croit traverser une contrée volcanique aux fumerolles embrasées.

Les villes sur le parcours, Rive-de-Gier, Saint-Chamond, sont loin d’offrir un aspect agréable à l’œil. Ici le

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touriste n’a que faire, tout est livré à l'industrie du houilleur. Les rues sont pleines d’une boue noire, épaisse; les façades des maisons sont noircies par la fumée et la poussière du charbon. Cette poussière pénétrante ne respecte rien; les feuilles des arbres, le linge, le visage de l’homme, elle salit et noircit tout, et le bourg de Terre-Noire, que l’on rencontre en chemin, porte dignement son nom. Aux abords des gares et des centres de population, se pressent les lourds véhicules pesamment chargés, charrettes ou wagons. Souvent le chemin de fer lui-méme traverse la rue, où les rails, par droit de conquête, s’alignent sur la chaussée. Les cheminées des usines envoient dans l’air leur panache de flamme et de fumée, l’atmosphère est imprégnée de cette odeur de bitume et d’éther particulière à la houille, le bruit métallique du marteau et des laminoirs résonne de tous côtés; les fictions de l’antiquité ont pris un corps: on dirait le pays des Cyclopes. C’est le pays des courageux houilleurs; c’est le bassin de la Loire ou de Saint-Étienne, ainsi nommé de la ville que le travail de la houille a surtout transformée, enrichie.

Au commencement du XVII* siècle, Saint-Étienne n’était qu’une bourgade habitée par quelques centaines d’ouvriers experts dans l’art de forger les armes et les outils. Deux siècles après, elle renferme à peine vingt mille habitants, bien qu’à la fabrication des armes se soit jointe celle de la taillanderie ou des outils tranchants, celle de la grosse quincaillerie et le tissage des rubans. Mais à peine les houillères de cet intéressant district se développent-elles par la fabrication du fer d’après la méthode anglaise, que la ville voit augmenter de plus eu plus sa population. Le chiffre en dépasse aujourd’hui cent mille âmes, au point que l’État, faisant enfin justice à des

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demandes réitérées, a dû transférer, en 1855, le chef-lieu du département de la Loire de Montbrison à Saint- Étienne.

11 y a deux siècles, quand Saint-Étienne n’était encore qu’un modeste village, Rive-de-Gier et Givors n’existaient pas; aujourd’hui ce sont des villes importantes créées par la houille et le fer; Saint-Chamond n’était célèbre que par son immense chÂteau fort, relevant des comtes de Forez: le château est maintenant en ruines; mais à ses pieds s’élève une ville, que le travail métallurgique et le commerce du charbon, plus encore que la fabrication des lacets de soie, ont rendue populeuse et prospère.

C’est aussi aux houillères du bassin stéphanois que nous devons les deux premiers chemins de fer qui se soient faits en France : celui de Saint-Étienne au port d’Andrézieux sur la Loire, concédé en 1823, tracé alors comme une route ordinaire avec des pentes très-fortes et desservi par des chevaux; et celui de Saint-Étienne à Lyon, datant de 1826, qui fut notre premier chemin de fer à locomotives. On pensait encore si peu, à cette époque, au transport accéléré des personnes, que ces deux ràilways ne furent établis que pour faciliter le mouvement du combustible minéral. Et quand on parlait dans les chambres, en 1834, d’ouvrir des voies ferrées rayonnant de Paris sur la province, un ministre allait jusqu’à prétendre qu’on en ferait bien quatre ou cinq lieues par an, et que ces voies nouvelles ne seraient bonnes qu’à divertir les badauds de la capitale accourus au passage de la locomotive ! Un grand savant ajoutait qu’on serait étouffé par la vapeur d’eau dans les longs tunnels; un célèbre économiste, que la France ne produirait jamais tout le métal exigé par les voies ferrées; enlin un député des Hautes-Alpes s’écriait que dans les montagnes les remblais et le chemin seraient précipités

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dans la vallée. Les mineurs laissèrent dire, et dotèrent le pays de scs premiers chemins de fer.

Le spectacle animé qu’offre le bassin houiller de la Loire se retrouve eu France sur bien d’autres points. C’est un fait digne de remarque que l’industrie houillère, dans toutes les contrées où elle s’est établie, affecte un caractère d’uniformité très-frappant. Ainsi le bassin du nord, prolongement du bassin belge (cartes II et XI), présente, autour de Denain, d’Anziu, de Valenciennes, et dans le Pas-de-Calais entre Lens et Béthune, le même tableau que le bassin de la Loire à Saint-Étienne, Rive-de-Gier et Saiut-Chamond.

Dans le département de Saône-et-Loire, nous trouvons Blanzy et Épiuue (cartes IV et VI) (pion range parmi les plus importantes de nos houillères, et le Creuzot, vallée triste et inhabitée il y a un siècle, inconnue alors sous son nom de Charbonnières', aujourd’hui centre industriel des plus actifs (cartes IV et XIII). L’extraction et le transport de la houille et du minerai, la fabrication de la foute et du fer, la construction des machines, y occupent au delà de dix mille ouvriers. Cet établissement est l’heureux rival des plus fumeux en ce genre dans le moude. L’Angleterre, la Belgique, les États-Unis n’en ont aucun à lui opposer de supérieur. Un morceau de churbon, ou peut le dire, a été l’origine de ce merveilleux développement, qui n’a du reste pris tout son essor qu’à partir de 1837, avec l'habile direction de MM. Schneider.

Dans le Gard, la prospérité des houillères d’Alais et de la Grand’Combc est de date tout aussi récente : elle n’a véritablement commencé que le jour où un chemin de fer a relié ces gisements au Bhône en 18 10. Alais, qui jusquelà n’avait marqué dans l’histoire de nos provinces du midi

1. On l’appelait aussi le Creux , d’où l’on a fait le Creuzot. Ainsi écrit l’Académie; l’usine écrit aujourd’hui Creusât.

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que pur les guerres religieuses et le commerce de lu soie, est devenu depuis une ville essentiellement industrielle, où les vieilles querelles entre catholiques et protestants se sont assoupies, où l’importance des magnaneries, des verreries, a peu à peu disparu devant celle des usines métallurgiques. Bességes, Portes , n’ont pas tardé à suivie la voie d’Alais et de la Graud’Combe, et aujourd’hui le département du Gard, naguère presque oublié, est classé parmi les plus intéressants de France, ceux où l’industrie minérale a fait les plus grands progrès. Ainsi le Gard vient en troisième ligne dans le tableau de notre production houillère. Il ne se laisse devancer que par les départements de la Loire et du Nord, qui marchent tous les deux en tète, contribuant chacun pour plus du quart au chiffre de l’extraction annuelle totale'.

Le bassin d’Aubin, dans l’Aveyron, ne compte également dans notre industrie nationale que depuis une trentaine d’années. Decazeville doit son origine à un ministre de la Restauration, et ce n’est que depuis 1826, époque où furent installées les fonderies et les forges à l’anglaise qui y fonctionnent encore , que les mines de houille de l’Aveyron reçurent leur premier développement. Dans ces mines on eut aussi l’avantage de rencontrer en plus grande abondance qu’à Saint-Étienne et au Creuzot ce fer carbonaté pierreux, dit minerai des houillères, si répandu dans les mines britanniques, dont il n’a pas peu contribué à assurer l’étonnante fortune.

Sur tous les points il a fallu au début, pour favoriser l’extraction de la houille, s’attacher à en consommer sur place la [dus grande quantité. Les usines à fer qui, pour un poids donné de métal , consomment jusqu’à cinq fois

1. Ce chiffre atteint aujourd hui 1 S millions de tonne», soit 1 î milliards de kilogrammes.

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