I.es Mines de Charbon
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LES l'AYS NOIRS.
le nulmc poids de combustible, sont celles que l’on u d’abord érigées dans le voisinage des mines de charbon. Ainsi se sont fondés en France les grands établissements de Terre-Noire, Saiut-Chamond , Givors, le Creuzot , Alais, Dceazeville, Commentry, Denaiu, Ànzin et tant d’autres. Des verreries, des cristalleries, des fabriques de glaces, de porcelaine, des fours à cuire la tuile et la brique se sont également établis autour des plus importantes houillères. Enfin, dans certaines localités, comme dans les mines de la Basse-Loire et celles de Sarthe-et-Mayenne (bassin du Maine) , on a employé à fabriquer de la chaux , pour l’amendement des terres argileuses et siliceuses de ces contrées, un charbon d’un écoulement malaisé. Tout le secret de la bonne exploitation des houillères, quand la qualité du combustible ne se prête pas à un transport lointain, ou que les routes elles-mêmes sont défectueuses, consiste à dénaturer la houille, comme disent énergiquement les exploitants, à la transformer en une autre matière : fer, produit de verrerie ou de céramique, chaux, etc., d’un placement immédiat , ou du moins plus facile et plus assuré.
Dans les mines du Maine, en moins de quelques années, le pays a été ainsi régénéré par l’application de la houille à la cuisson de la chaux. Auparavant on ne récoltait que du seigle et du sarrasin ; les campagnes avaient un air désolé. Aujourd’hui, grâce à l’emploi des amendements calcaires, ou produit du froment de qualité supérieure, au delà même des besoins, puisque la moitié de la récolte est exportée. Les propriétés ont triplé de valeur, et ceux qui ont vu le pays il y a trente ans, disent qu’il n’est plus reconnaissable. Si l’exploitation des houillères a nui quelquefois à l’agriculture, ici le mal a été largement réparé.
LES MINES DE CHARBON
Sans insister sur les bassins houillers de France que nous n’avons pas encore nommés, ceux de Carmaux, Graissessac, Brassac, la Moselle, etc. (cartes IV et XII), passons maintenant le détroit et visitons les bassins anglais. Comparons avant tout la carte (VII) qui en représente les groupes étendus, si largement distribués, à celle (IV) où se trouvent perdus nos îlots à peine visibles, formunt un véritable archipel sur toute la surface du pays. En méditant sur cette situation exceptionnelle de l’Angleterre, un mot du roi de Castille, Alphonse le Sage, nous revient en mémoire, et il nous semble que l’on ne peut pas s’empêcher de dire (pourvu qu’on ne soit pas Anglais), que si le bon Dieu avait consulté autrui dans la création des terrains houillers, on aurait pu lui donner plus d’un excellent conseil. Le premier eut été de mettre moins de ces terrains en Angleterre, et un peu plus ailleurs. — Et l’autre? — Vous ne le devinez pas? De rendre la houille moins profonde. Il est vrai qu’on n’aurait plus eu alors aucun mérite à l’exploiter.
Parmi les bassins anglais, les deux plus célèbres occupent une position littorale. L’un, assis au couchant, le bassin du pays de Galles, a porté au quatre coins du monde la réputation du Cardiff, le charbon préféré des chaufFeurs, qui a pris son nom du lieu qui t’expédie ; l’autre, saluant le soleil levant, le bassin de Newcastle, a répandu dans tout l’univers le charbon rival du Cardiff, le Newcastle, connu sous le même nom que le bussin d’où il est tiré. Le pays de Galles produit par au huit millions de tonnes; le bassin de Newcastle, vingt-quatre millions. Ce dernier chiffre est plus du double de toute la production de la France! Dans le pays de Galles, des villes comme Newport, Cardiff, Swausea, nées d’hier, comptent déjà chacune [dus de quarante mille habitants, grâce au commerce du charbon. L’une d’elles a concentré dans des usines gran-
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dioses, à la faveur du bas prix de la houille, le traitement des minerais de cuivre du monde entier. « Voyez Swansea, — s’écrie l’auteur de la Géologie appliquée, M. Amédéc Durât, — son nom poétique n’est pour rien dans sa prospérité. Autrefois, sous son ancien patronage1, elle était inconnue. Aujourd’hui , c’est la grande ville des fondeurs. C’est elle qui envoie ses navires doubler le cap Ilorn pour rapporter les minerais du Chili ; c'est pour elle, c’est pour enrichir ses lords, que travaillent les nègres de Cuba, et les populations libres de Coquimbo ou de la Paz, et c’est uniquement à la houille qu’elle doit cette puissance. »
C’est au charbon aussi que Newcastle doit son renom. Ni la Tyne qui baigne ses quais, ni le mur que Septime Sévère y fit élever contre les irruptions des Pietés, ni le château fort que Robert, fils de Guillaume le Conquérant, y édifia, et que prirent et perdirent tant de fois les Écossais, n’auraient suffi à l’illustrer, ni même à la faire connaître. C’est la houille qui a répandu son nom au delà des mers; c’est la houille qui a fondé aussi Sunderland, le principal port avec Newcastle où se fait le commerce du charbon sur cette partie du rivage britannique. Les Anglais sont fiers de leurs houillères. Us les ont appelées les Indes noires, h! (tek Indies, pour montrer toute l’importance qu’ils attachent à cette exploitation. Et même ils ne donneraient pas ces Indes pour celles d’Asie ou d’Amérique. « Un jour, dit un auteur de la British quarterly Review % on vit trois cents navires sortir de la Tyne par un meme flot de marée ; puis, la voile au vent, s’élancer sur l’Océan dans diverses directions, courbés sous leur charge mille fois plus précieuse que s’ils eussent porté l’or de l'Australie ou l'argent du Mexique. »