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I. Quatorze cent mille tonnes en

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Pig. 2Î. — Trépan ou burin.

Systèmes Degousée el Laurent.

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contre des rognons de silex, l'acier le plus dur, le mieux

trempé, s’émousse, se rompt, et l’on retire plus de poussière métallique tjue de débris île la roche. Quelquefois une tige se casse ou l’outil se brise ; alors, avec des grappins, on va les saisir; on ne recule point devant des sauvetages aussi délicats. La traversée des sables mouvants, des terrains éboulcux, des nappes d’eau présente les plus graves difficultés. 11 faut protéger le trou avec une coloune de tubes en métal qu’on y fait descendre uu à un.

Les tiges de soude sont en bois ou en fer, et vissées. Le ciseau d’acier qui mord sur la roche et la broie est appelé par les ouvriers le casse-pierre, ou bien encore le trépanée burin (tig.22).

Un mécanisme iugé-

Fig. 23. — Soupape à clapet.

Fig. 24- — Installation d'un sondage (système Mulot et Saini-Jusl-Dru). Forage du Trou.

nicux lui permet souvent de se détacher de la tige, de tomber librement, puis va le reprendre et le soulève, pour le laisser s'échapper de nouveau ; et ainsi marche le travail dans cette double oscillation. A la surface, un levier ou une chaîne élèvent les tiges qui descendent parleur propre poids. Un ouvrier, agissant sur une clef en fer, imprime chaque fois à l’appareil un petit mouvement circulaire, pour que le trou soit toujours bien rond (Kg. 24). Les poussières, les débris, produits par la percussion du trépan, tombent au fond du trou, toujours plein d’eau. Ces boues sont extraites par des tubes à soupape (Kg. 23). Peu à peu le trou s’approfondit, mais la besogne marche lentement. La patience est une des grandes vertus du sondeur.

Quelques sondages sont établis d’une façon toute primitive. Une chèvre pour descendre et remonter les tiges, un levier ou un treuil mis en jeu par des hommes, et garantis par une grossière charpente, composent l’installation. Dans les sondages profonds et à grand diamètre on procède avec plus de luxe, et l’on emploie une petite machine à vapeur (Kg. 2i et 25).

Les sondages opérés en vue de découvrir le charbon partent, à moins de cas exceptionnels, d’un terrain plus moderne que le terrain houiller. Après avoir traversé les assises supérieures, généralement composées de calcaires, de grès, de marnes, d’argiles, on recoupe le terrain houiller lui-mème. Il est reconnaissable à ses schistes noirs et à scs grès siliceux , semés de paillettes brillantes de mica. Bientôt on rencontre de minces lits de charbon, avant-coureurs de la couche qu’on cherche. Ici l’anxiété du sondeur redouble. Un accident a-t-il dérangé la stratiGcatiou? ou peut traverser le niveau habituel qu’occupe la houille sans la rencontrer. En se basant sur des sondages analogues , s’il en a été déjà exécuté daus la

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même localité, ou cou naît cette profondeur d'une façon approximative. C’est un jour de victoire que celui où la soude ramène la houille, la houille noire, étincelante, compacte, qui ne laisse plus aucun doute sur l’avenir de l’exploitation.

Le soudage tel qu'il vient dètre décrit, est celui qu’on pratiquait encore il n’y a pas bien longtemps; mais il a été depuis peu perfectionné, et porté à un tel point d’exactitude, qu’on ne saurait désormais faire mieux. Les outils sont devenus à la fois très-simples et peu nombreux. L’inconvénient des anciens soudages était de ne rapporter à la surface que d’informes débris, des poussières, des boues sur lesquelles on ne pouvait rien décider. Ces grès traversés sont-ils bien ceux du terrain carbonifère? Ces terres noires sont-elles bien de la houille ou seulement des schistes? Quelle est la direction, l’épaisseur des bancs ? Les roches présentent-elles quelques empreintes caractéristiques de l'époque houillère ? A toutes ces demandes on a répondu par les sondages perfectionnés. On emploie un trépan en forme de cyliudre creux, muni à sa base d’une rangée de dents, ou seulement de quatre ou six couteaux tranchants, d’acier fondu (fig. 20). On le manœuvre connue le trépan ordinaire, et il isole un cylindre dans la roche, une véritable colonne massive, rodée comme si elle était passée au tour. Quand on a découpé, dégagé cette carotte, comme l’appelle le soudeur, ou comme il dit plus élégamment, ce monolithe, on le brise usa base avec l’emporte-pièce, véritable pince à ressort ou grappin qui le saisit et le remonte au jour (Bg. 27). Comme le trou a au moins vingt à trente centimètres de diamètre, on ramène ainsi un magnifique échantillon, un témoin irrécusable, sur lequel on peut étudier les fossiles que renferme le terrain, la structure des couches, la distance qui

Fig. 25. — Installation d'un sondage (système Mulot et Sainl-Just-Dru). Changement des tiges.

les sépare, leur pendagc sur l’horizon (fig. 28). Quand on remonte le cylindre sans le déranger de sa position naturelle, on peut également marquer le sens de lu direction et de l’inclinaison descouches.

Dans les mains de M. Kind, habile sondeur saxon, de simple ouvrier devenu l’un des plus célèbres ingénieursdece temps, la sonde a fait des miracles. L’Allemagne appelle avec orgueil M. Kind le Napoléon des sondeurs ; nous ne devons pas oublier qu’il est en même temps le vénérable doyen de son art. C'est dans la recherche de la houille, plus encore que dans celle des eaux artésiennes, qu’il a tenu à s'illustrer. Il est allé interroger le sol aux plus lointaines pro-

Fig. 36. — Trépan Fig. 27. — Emporte-

découpeur. pièce.

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fondeurs, avec un coup d’œil aussi sûr que hardi, et pour lui la géologie souterraine n'a plus eu de secrets. Dans l’exploration du bassin houiller de la Moselle, M. Kind s’est surpassé. Il a foré des trous de sonde de dimensions avant lui inconnues ; il a foré mécaniquement, nu milieu de nappes aquifères montantes, même des puits de mine ! Les Mulot et Saint-Just Dru, les Dcgousée et Laurent.

Fig. 28. — Échantillon d une colonne de schiste argileux avec empreintes végétales, retirée d’un sondage par M. Kind, à Stiring (Moselle). Êcli. 1/2.

que l'art des sondages en France proclame des maîtres, ont suivi M. Kind dans cette voie, et dans la Moselle comme dans le Pas-de-Calais ont attaché leur nom aux plus féconds travaux.

J'ai nommé le bassin houiller de la Moselle. Il est digue d’occuper, dans l’histoire de la découverte du charbon, une place à part, glorieuse entre toutes. Sur ce champ ouvert à leurs patientes investigations , les chercheurs de mines français se sont rendus célèbres, ont bien mérité

du pays. Par une brillante réussite, ils ont augmenté dans une sensible proportion la richesse souterraine nationale. Ils n’ont pas reculé d’ailleurs devant les dépenses. Plus de cinquante sondages ont été entrepris, d’une profondeur dépassant quelquefois cinq cents mètres. La moitié à peu près des recherches a atteint le but, au milieu des circonstances les plus difficiles, d’irruptions d’eau continues. Dix millions ont été dépensés. Les faits méritent d’être racontés avec quelque détail ; mais il faut prendre les choses à l’origine.

En 1815, les alliés, quand ils refirent les frontières de France, s'appliquèrent à les tracer de telle façon du côté de la Prusse rhénane, que tout le riche bassin houiller de Sarrebruck que nous exploitions depuis vingt ans , restât en dehors de la nouvelle limite (carte XII). Il sembla à l’ingénieur des mines prussien qui inspira aux diplomates l’idée lumineuse de nous borner si étrangement, que les couches, si elles ne tournaient pas impoliment le dos à la France, passaient cependant sous notre sol à une telle profondeur, que nous n’avions plus de churbon à espérer de ce côté. L’ennemi avait compté sans l’initiative courageuse, hardie, des habitants de la Moselle. On avait suivi avec attention, dans ces pays intelligents, les tentatives couronnées de succès du département du Nord, on en avait gardé la mémoire. On se mit résolument à l’œuvre dès le premier jour, d'abord aux environs de Forbach. On sonda le terrain,on creusa des puits, mais ces découvertes sonttoujours longues, pénibles : rien ne découragea les chercheurs. Les capitaux succédèrent aux capitaux. Les trous de sonde, les puits demeuraient sans résultats ; on en creusait d’autres. Il fallut aussi lutter à outrance contre les eaux qui inondaient les trous, y provoquaient des éboulcments, ou remontaient en jets artésiens. Bref, après bien des années d’efforts

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continus, désespérés, où plus d’un lutteur tomba sur le champ de bataille pour ne plus se relever, vint le moment du triomphe. L’homme resta vainqueur dans cette guerre avec le sol. En 1858, l’empereur Napoléon III, ouvrant les Chambres, annonçait à la France et au monde la découverte du bassin houiller de la Moselle, prolongement du vaste et fertile bassin de Sarrebruck. Le fait était désormais définitif, hors de doute. Ici encore l’étendue de notre domaine souterrain exploitable s’est accrue dans une forte proportion ; plusieurs concessions ont été instituées sur le nouveau bassin houiller, et elles contribuent pour une assez forte part au chiffre de la production indigène. Il est toutefois à regretter qu’après une lutte si patiente, si méritoire, dans laquelle se sont illustrés entre autres les de Wendel, les Pougnet, le succès n’ait pas été aussi éclatant que dans le Pas-de-Calais, où les efforts ont été moins longs, sinon moins coûteux.

Ce n’est pas seulement à la découverte de bassins houillers tout entiers, c’est aussi, dans un ordre plus modeste, à l’extension plus ou moins probable d'une houillère , que s’applique la sonde. Le problème est le même dans les deux cas. Il s’agit toujours d’aller retrouver le charbon au-dessus des terrains d’ùge plus récent, que les houilleurs ont si bien nommé les terrains-morts. Ici encore nos mines occupent une place glorieuse. Dans le Gard, à la Grand’Combe, à Alais; dans la Haute-Saône, à Ronchamp, on a vérifié par des sondages le prolongement des bassins houillers qu’on croyait limités. Quelquefois les roches éruptives venaient s’interposer comme un écran devant la houille et faire douter de la continuité des couches; mais au delà de ces pitons de granit ou de porphyre s’étendaient les terrains plus modernes, les grès rouges, les calcaires jurassiques, frères cadets du terrain

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