‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 102 sur 268 · Fémur de 1 ’Elephas primigenius · texte numérisé non relu

Fémur de 1 ’Elephas primigenius

„ incomplet

Maxillaire inférieur de 1 ’Elephas primigenius, depuis la symphyse jusqu’au

bord antérieur du condyle

Maxillaire inférieur: hauteur au niveau du trou mentonnier

{Transversal

Antéro postérieur

Dibelodon (Mastodon) shepardi:

Depuis la symphyse jusqu’au bord antérieur du condyle 0m71

Hauteur de la mandibule inférieure, au niveau du trou mentonnier 0m14

Diamètre antéro postérieur des molaires 0ra20

,, transversal des molaires 0ra08

375. Ces mesures prouvent jusqu’à l’évidence que certains maminifè res postertiaires de la Vallée de Mexico étaient d’une taille tout aussi gram

0ra82

lm30

lm24

Equus crenidens.

Diamètres du P. M.1 II. —

Diamètres du P. M. III. —

Diamètres du P. M. IY. —

Antéro postérieur.

Transversal

Antéro postérieur.

Transversal

Antéro postérieur.

Transversal

1 Prémolaire.

de que celle des espèces égales on semblables des régions basses. Les éléphants qu’on rencontre aujourd’hui dans l’Urach sont presque la moitié plus petits que ceux du Plateau Mexicain, bien qu’il n’y ait pas grande différence entre les hauteurs de ces deux endroits; ils sont aussi plus petits que l’Elephas fossile des régions basses d’Europe. On sait qu'au jourd’hui on a établi un grand nombre d’espèces et sous-espèces fondées seuleineut sur les différences de grandeur; et cependant l’éléphant des endroits élevés du Mexique est encore classé dans l’espèce E. primigenias , qui s’étendait à une grande partie de l’hémisphère septentrional; ce qui veut dire que sa taille n’est pas inférieure.

Le Bos latifrons , qui mesure 0m82 entre les pointes des cornes, était à n’en pas douter un animal gigantesque et peut fort bien soutenir la comparaison avec les plus grands ruminants des Plateaux asiatiques.

Rappelons à propos des Tatous gigantesques de l’Amérique pliocène que Castelnau a rencontré une carapace de Glyptodon dans l’Amérique du Sud, à 4400m de hauteur. Le Glyptodon du Mexique n’est pas moins grand que ceux qui existaient dans certaines localités basses de l’Amérique du Sud.

Pour ce qui regarde les fossiles plus anciens, il est difficile de rencontrer des exemples suffisants; on sait que la plus grande partie des géologues admettent que les soulèvements de la croûte terrestre eurent lieu à l’époque tertiaire.

(e”) Considérations générales et résumé.

376. Puisqu’il existe des espèces et des variétés grandes et petites aussi bieu sur les endroits élevés que dans les régions basses; et puisque dans ces mêmes localités les individus d’une même race augmentent ou diminuent de taille indistinctement; nous sommes en droit d’exiger qu’on nous présente des preuves suffisantes de l’action d’une cause qui produit des effets égaux chez des espèces égales et à la même hauteur, et l’action de cette cause devra être générale, comme l’est d’ailleurs la diminution de pression. Et c’est ainsi que nous avons vu, lorsque nous traitions de l’homme et des végétaux, que leur taille ne variait pas selon l’altitude en des proportions définies et constantes.

Quand nous nous occuperons de l’acclimatation, on verra clairement que les vaches hollandaises, par exemple, n’ont rien perdu de leur taille, après avoir vécu plusieurs années sur le plateau mexicain. Il faut dire aussi qu’elles y ont vécu dans de bonnes conditions, et si ces conditions sont défavorables, la race souffrira les mêmes effets à 2000m qu’à 50 mètres.

Nous ajouterons une preuve qui donnera du poids à celles que nous avons déjà fournies: il existe des espèces à grande taille sur les régions élevées tout aussi bien que dans les localités basses, et le cliameau en est la preuve; et dans ces mêmes endroits, on rencontre aussi des animaux aux formes minuscules, comme le Subido simplicicornis. (M.)

377. Si nous examinons la faune du Mexique nous verrons qu’il y a un nombre fort considérable d’animaux de taille ordinaire qui, quant aux dimensions, ne diffèrent en rien entre eux, soit qu’ils habitent les régions chaudes, soit qu’ils vivent sur les plateaux. Ces relations existent plutôt avec la latitude et d’après les principes établis par M. Allen.1 Ce naturaliste a démontré, avec force preuves à l’appui, que le maximum de développement physique des individus s’observe là où les conditions sont les plus favorables à la vie des espèces; mais il n’a jamais dit que la pression devait être comptée parmi les facteurs principaux de ce développement.

I. Geoffroy St. Hilaire a établi, comme règle générale, que les espèces les plus grandes sont les aquatiques, ou celles qui se nourrissent plus abondamment, ou qui habitent de plus grandes extensions. Celles des montagnes sont plus grandes que celles des plaines et des déserts, sauf quelques exceptions. Celles de l’hémisphère austral plus petites que celles de l'hémisphère boréal. Selon le genre d’alimentation la taille diminue dans cet ordre: herbivores, carnivores, frugivores et insectivores.2

378. Darwin3 et Godron4 insistent d’une manière tonte particulière sur l’influence de l’alimentation; de leurs études il résulte en effet que les races de nos herbivores domestiques dégénèrent quand ils paissent dans de mauvais pâturages, soit que ces pâturages se trouvent sur nue hauteur, soit qu’ils se trouvent dans une région basse. Nous sommes arrivés, dans une expérience directe, à observer que la grandeur de la larve d’un Lépidoptère, d’un Papillon, diminue par l’effet d’une diète prolongée. Le sujet qui nous servît d’expérience était une chenille du Cheirostemon platanoides.

Cependant lorsque nous avons discuté l’influence de l’altitude sur la taille de l’homme nous avons copié un paragraphe de Darwin qui démontre l’action prépondérante de la sélection. Le voici: “Pour ce qui est de la taille, nous savons que la sélection agit encore plus puissamment que l’abondance de nourriture, car c’est seulement ainsi que nous pouvons nous expliquer, comme le fait remarquer M. Blyth, l’existence simultanée, dans un même pays, des races de montons grandes et petites, des poules Cocliiuchinoises et desBantams, des petits pigeons Culbutants et desRnnts,

1 Gcographical variation amongNorth American Mammals, especially in respect to size. J. A. Allen. U. S. Geol. and Geogr. Survey. Yol. II, 4.

2 Mem. Acad. Sci. Paris, III, 2ème série, page 503.

3 Descendance. I, page 123.

4 L. c., II, pages 14, 16 et 23.

qui tous sont élevés ensemble, et tous abondamment pourvus de nourriture.” ( Variation. II, page 282.)

Nous voilà doue en présence d’un nombre fort considérable de faits variés entre eux, et qui plus est, contradictoires; force nous est donc de chercher un autre chemin pour arriver à la vérité. D’après notre manière de penser, les méthodes d’induction qu’on applique généralement pour résoudre ce problème, sont vraiment défectueuses à en juger par les résultats. On vent établir une relation entre des phénomènes non moins complexes qu’indépendants entre eux et une cause commune à tous qu’on ne pourra jamais trouver; et nous ne craignons pas de nous tromper en l’affirmant. Nous croyons qu’il s’agit toujours de faits particuliers qui se rapportent à une foule de causes. Qu’on suive donc la méthode des résidus, qu’on examine soigneusement chaque facteur, qu’on le sépare entièrement des autres et que tous agissent, moins un qui pourra cependant produire son effet, quand il aura toutes les conditions requises pour le faire. L’unique moyeu d’arriver à ce résultat sera donc celui qui a été déjà l’objet de notre considération: soumettre tout simplement à l’action de l’air raréfié nu animal jeune encore. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait avec deux petits d’une femelle de Cochon d’Inde que nous gardâmes très longtemps sous la cloche d’une machine pneumatique; un des deux est resté soumis à l’influence de la décompression, tandis que l’autre vivait à l’air extérieur: nous ne remarquâmes aucune diminution dans la taille. Ce rongeur conserve ses dimensions dans l’air raréfié du Mexique.

379. Au cas où cette expérience ne serait pas suffissante pour le prouver, qu’il nous soit permis de faire cette question: quelle valeur doit avoir la décompression atmosphérique qui n’agit que sur quelques individus? Et pourquoi, à des hauteurs égales, rencontre-t-on aussi bien des races géantes que des races de pygmées, le chien du St. Bernard, par exemple, et le chien de Chihuahua?

Une des conditions qui fout le plus sentir leur influence c’est, sans doute, la baisse de la température; on remarque, en effet, que la diminution de la taille s’effectue à une hauteur moindre, plus on avance vers le nord, et non pas en n’importe quel pays, ce qui devrait cependant avoir lieu, si les influences barométriques étaient la cause unique et exclusive de ce phénomène.

380. Yoici une autre preuve d’un grand poids et qui confirme notre opinion.

Quelle est l’espèce propre des montagnes qui ait vu augmenter sa taille en descendant aux régions basses? Nous n’en connaissons aucune qui, dans des conditions égales d’alimentation, etc., ait été l’objet de pareil phénomène. Bien plus, le dogue du Thibet dégénère rapidement à mesure qu’il descend des montagnes.1

1 Brehm. L. c. Mammifères. Yol. I, page 402.

En résumé, il n’existe aucune preuve manifestant que le manque de pression atmosphérique est la cause de la diminution de la taille chez les animaux. (Nous avons déjà dit qu’elle n’influait eu rien sur la taille de l’homme et des plantes.)

(b) Phanères. Il est un fait que tout le monde peut observer, et c’est que tous nos animaux domestiques, dans les endroits les plus élevés du Mexique ont un poil plus abondant que dans les régions basses de la République; et si on amène les espèces de ces dernières régions à un endroit assez haut, elles y acquièrent un poil plus épais et vice-versa.

381. La chèvre de Cachemire est le meilleur exemple que nous puissons donner pour prouver l’influence du froid des hauteurs sur le développement de la laine.1 Le Felis irbis ou Panthère des neiges (Himalaya) a des poils très longs qui lui donnent un aspect singulier, surtout ceux de la poitrine et des pattes. (Planche 16 bis.)

Lés génisses qui ont passé six mois dans les prés élevés de l’Auvergne sont couvertes d’une espèce de bourre longue, hérissée, cotonneuse et fort différente du poil qu’elles ont dans les régions basses du môme pays. D’après Heber, les chiens et les chevaux conduits aux montagnes de Cachemire se couvrent de laine en très peu de temps.2 D’après Quatrefages les sangliers des plateaux des Andes acquièrent une laine très grossière.3 Roulin affirme que dans les vallées basses et chaudes des Cordillères, les moutons ne perdent pas la laine qui s’était développée sur les hauteurs, si on a soin de la tondre aussitôt qu’elle acquiert une certaine épaisseur; et si on ne le fait pas, la laine se détache et se voit remplacée pour toujours par un poil court et luisant très semblable à celui de la chèvre.4 C’est ainsi que nous avons la contre-preuve de l’influence de l’altitude, que nous cherchions en vain quand nous étudions les variations de la taille.

382. Les moutons de l’Himalaya ont un poil long et soyeux qui a le même usage qui celui de la chèvre de Cachemire. Le chien de Pamir et de Wakhane est un vrai producteur de laine: son poil est long, doux et très semblable à la laine.

La peau des animaux qui, sur les hauteurs de Parancos, sont retournés à l’état sauvage, est aussi plus pesante et poilue.5

La laine des Lamas atteint une longueur vraiment surprenante. Geof-

1 Roulin assure que “le porc que habite les Paramos, c’est-à-dire les plateaux qui sont à plus de 2500m d’élévation, éprouve une modification: son poil devient très épais, souvent un peu crépu et présente même en dessous, chez quelques individus, une espèce de laine. Mémoires des Savants étrangers. Yol. 6.

2 Godron. L. c., II, page 7.

3 L’espèce humaine, page 38.

4 Darwin. Variation. I, page 108.

5 Cornevin. Zootechnie, page 270.

froy St. Hilaire en a présenté des spécimens qui avaient de 26 à 30 centimètres de long.1

Même les éléphants qui vivent dans les endroits élevés de l’Inde, ont nn poil relativement pins long.2

Comme le poil ne sert pas uniquement à protéger du froid, on voit fréquemment qu’il ne se développe pas, malgré le froid, chez les animaux captifs, ou qui vivent dans des localités plus ou moins abritées, etc.

383. On pourra peut-être dire à ce sujet que dans les endroits élevés les fonctions de la peau sont soumises à une plus grande activité; mais il n’est pas probable cependant que ce soit là une cause prédominante du développement du poil. Les espèces des latitudes très élevées ont aussi une fourrure fort estimée des marchands de pelleteries.

En tout cas, cette abondance de productions épidermiques, ce pilosisme quelquefois vraiment extraordinaire, n’indique nullement un état de débilité chez les animaux qui habitent les hautes montagnes.

384. (c). Couleurs. — Cette étude nous intéresse sons deux points de vue:

1. ° Darwin a réuni un certain nombre de faits qui tendent à démontrer la corrélation qui existe entre la couleur et certaines particularités constitutionnelles. 3 Le manque ou la diminution des pigments coïncide, en général, avec une susceptibilité plus grande à l’influence des venins et des germes pathogènes; et c’est ainsi que la constitution des hommes albinos est relativement débile.

2. ° Greddes et Thomson4 et d’autres naturalistes, croient que l’abondance, la richesse et la variété des pigments, sont les signes caractéristiques de l’activité prédominante de l’action chimique. Nous dirons en ternies techniques que l’abondance des pigments n’est autre chose que l’expression d’un métabolisme intense; on peut les considérer, en général, comme les résidus de l’organisme, et par conséquent ils augmenteront d’autant plus que l’activité sera plus grande.

385. Et puisque d’après Jourdanet on ne peut vivre sur les hauteurs qu’en ne brûlant pas trop; et en laissant de côté toute activité physique, on devait s’attendre à ce que la couleur des animaux, par le fait même de l’anoxyhémie, fusse moins prononcée; et si ce phénomène a lieu, on pourra sans crainte en déduire la débilité de leur constitution.

.Jourdanet dit que les animaux égorgés dans un abattoir ont le sang noir, quand il sort des artères: si cet état d’asphyxie partielle était indubitable, et, comme il est permis de le supposer, général à tous les animaux, il y aurait des phénomènes fort curieux de coloration chez quelques uns des habitants des montagnes élevées.

1 Acclimatation et domestication des animaux utiles, page 32.

2 Darwin. Descendance. I, page 160.

3 Variation. Vol II, page 349.

4 L’évolution du sexe. Paris, 1892, page 29.

Nous vonlûmes une fois faire des expériences au sujet de l’influence de l’air raréfié sur des Batraciens asphyxiés par submersion, et nous enfermâmes, à cet effet, une petite grenouille (Rana halecina) dans un flacon pleine d’eau filtrée, et parfaitement bien bouché. Cette espèce de grenouille est d’une teinte verte avec des taches pâles, son abdomen est couvert de couleurs claires, et ses muscles présentent des dessins couleur grisâtre. Après quelques minutes, cet animal, qui n’avait pas une seule bulle d’air à sa disposition et ne pouvait absorber que celui qui se trouvait dissous dans l’eau, commença â changer de couleur d’une manière admirable: les taches commençaient à disparaître, les teintes claires s’obscurcissaient rapidement.

386. Au bout de plusieurs heures, la grenouille vivait encore, et s’élevait de temps en temps, jusqu’à la surface du liquide en contact avec le bouchon du flacou, pour rejetter une bulle de gaz; sa couleur avait notablement changé et était devenue noirâtre; son abdomen et les autres parties inférieures avaient conservé une teinte blanchâtre. On aurait dit qu’elle avait changé d’espèce, parce que sa nouvelle coloration paraissait être celle d’une autre grenouille, la Rana montezumœ.

Quelque soit la nature du mécanisme de ces phénomènes, il est sûr qu’ils sont déterminés par une asphyxie non pas totale mais partielle, lorsque les changements respiratoires commencent à peine à se troubler et que l’acide carbonique s’accumule dans le sang en des proportions anormales: 1 exactement ce qui se passe chez les animaux de l’abattoir, (?) selon l’observation de Jourdanet.

387. Quant aux Batraciens, ils absorbent la quantité d’oxygène nécessaire, et nous en avons la preuve dans la Rana halecina qui paraît supporter facilement la diète de cet élément; elle abonde dans la Yallée de Mexico, et la teinte de ses couleurs est aussi vive que celle des autres espèces des régions basses, la Rana leschenaultii par exemple. Ou trouve aussi le Bufo compactais dans la Yallée de Mexico, et surtout le Scaphiopus dugesi aux teintes claires; ce dernier a aussi des taches d’un rouge très vif. Une petite grenouille (Hyla eximia) a des teintes très brillantes, aux couleurs d’or et d’argent et d’un vert clair, en tout semblables à celles d’un autre espèce, YHyla euphovbiacea qui habite les régions basses de l’Etat de Yeracruz.

Nous citerons, parmi les reptiles, un petit serpent (Diadophis laetus ) qui est d’un rouge très brillant sur les parties inférieures.

388. Ou rencontrera difficilement des exemples qui prouvent mieux l’extraordinaire catabolisme des mâles que ceux que nous fournissent les Gallinacés de l’Hiniala^ a.

La Thanmalea amherstiœ du Thibet est un des plus beaux faisans qui

1 Tinca vulgaris est couleur de chair, mais si l’eau a seulement 0,005 d’oxygène elle est presque noire. A. L. Herrera. Catálogo de la colección de peces del Museo Nacional, página 21.

existent; les Ceriornis ( C. melanocephala) sont d’un plumage éclatant et s'élèvent presque jusqu’à la limite des neiges; le Lophophorus, qui vit à 2000 et même à 3300m, est, d'après Brelirn, le pins beau des Gallinacés. 1 Nous rencontrons chez d’antres familles des espèces non moins remarquables pour la même raison:

389. Le Quetzal ( Pharomacrus mocinno) qn’on ne rencontre, d’après S al vin, qu’à 2000m à Guatemala, est peut être le pins bel oiseau de l’Amérique. Dans chacun des cas que nous venons de citer, nous nous référions aux mâles, parce que les femelles ont un plumage moins brillant et qu’il s’agit de caractères sexuels secondaires. Ici, par conséquent, a lieu l’application de la théorie sexuelle de Geddes et de Thomson.

Quant aux Mammifères nous avons un nombre assez considérable d’exemples. Jj’Ailurus refulgens 3 des hauteurs de l’Himalaya frappe l’attention par ses couleurs métalliques et brillantes; au Mexique, on voit fréquemment des cas de mélanosis chez les écureuils ou bien encore d’hyperchromisme. ( Sciurus hypopyrrhus , S. variegatus.)

390. S’il faut en croire Cornevin, les troupeaux des montagnes de la Suisse sont d’un pelage plus obscur. Quatrefages, attendu les nombreux cas de ce genre qu’on observe très souvent, croit que l’ozone est un excitant de la sécrétion pigmentaire.

La Panthère est grise sur les montagnes de l’Algérie, et d’une couleur fauve ou tirant sur le jaune dans les régions basses.3

Une plus grande quantité de lumière est une des causes qui influent le plus dans ce phénomène. On sait, en effet, que c’est elle qui détermine la formation des matières colorantes qu’on trouve en abondance dans les fleurs; et la même chose, s’il faut en juger par les faits nombreux que nous connaissons,, a lieu chez les animaux des montagnes.

Il va sans dire, cependant, que la lumière ne produira aucun effet, s’il existe d’autres circonstances qui s’opposent à un haut degré.

391. Le mélanisme est fréquent chez les insectes des montagnes; on remarque de même chez eux le manque de clarté dans leurs couleurs et la confusion des taches des ailes. L ’Arion empiricorum (Mo) est rouge dans les régions qui se trouvent à une hauteur moyenne, et devient tout à fait

1 Le Paon s’élève jusqu’à 2000 m. aux Nilgherris. — La Tangara Vassorii de Santa Fé de Bogota est aussi un des plus beaux oiseaux. (Marcel de Séries).

2 Ou Aélurus. Il habite les deux versants de l’Himalaya, entre 2500 et 4000 m. R. F. Scharff: Etude sur les Mammifères de la région holarctique. Mémoires de la Société Zoologique de France. Yol. VII, page 471.

3 Geoffroy St. Hilaire. Histoire naturelle. Vol. III, page 325.

Anomalocorax splendidus.

Cissa speciosa

Edolins paradiseus

Pericocrotus speciosus. . . .

Himalaya.

Indes.

Asie.

4000 mètres.

noir sur les montagnes. On peut en dire autant des autres Limaçons (Simroth). Au contraire, la coloration s’affaiblit généralement chez les Limaces des régions alpestres, en effet, la plupart des espèces qu’on rencontre entre 1000 et 2000 mètres, sont presque blanches; 1 il faut en excepter cependant Y Hélix arbustorum (Mo).

Mr. M. Bárcena nous dit qu’il a observé sur le volcan de Colima, à une hauteur assez considérable, des scorpions entièrement noirs.

Roulin donne des détails intéressants au sujet du mélanisme des poules, à Bogota. “Quant aux poules nègres qu’on appelle, à Bogota, poules de Nicaragua, leur mélanisme se montre moins dans la couleur de la peau que dans celle de la crête, du périoste, des membranes séreuses et de la couche cellulaire qui entoure les muscles. Comme cette couleur les rend moins propres à être présentées sur la table, on ne s’attache probablement pas à les propager, et cependant elles sont assez communes. Cela me porterait à croire qu’outre les individus qui héritent de leurs parents cette couleur noire il en naît constamment d’autres qui présentent la même déformation, quoique provenant de père et de mère à l’état normal. Au reste il est ù, remarquer que dans toute l’Amérique tropicale le mélanisme et l’albinisme à différents degrés se montrent fréquemment chez les animaux à sang chaud.”2

Au Mexique les poules noires abondent, on les appelle cambujas , nom que l’on donne aussi aux personnes d’une couleur très foncée; ce nom servait auparavant pour désigner un métis (homme) du cinquième sang, avec antécesseurs noirs.

1 Cuénot. L’influence du milieu sur les animaux, page 29.

2 Recherches sur quelques changements observés dans les animaux domestiques transportés de l’Ancien dans le Nouveau Continent. Extrait des Mémoires des savants étrangers. T. 6, page 31. Dans un article, “Las molestias de las altitudes.” (Boletín del Observatorio Meteorológico de la EscuelaNormal para Profesoras. México, Marzo 1896) on dit que les Coléoptères alpins ont les ailes rudimentaires (ainsi que ceux des îles): s’ils volaient, le vent impétueux de ces régions les emporterait.

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