‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 105 sur 268 · e’). Vigueur des chevaux du Mexique · texte numérisé non relu

e’). Vigueur des chevaux du Mexique

Uons avons déjà dit qu’ils figurent avec honneur dans les hippodromes, 1 mais rien ne fait ressortir autant leur vigueur comme le jugement suivant de Mathieu de Fossey: “Les chevaux mexicains descendent d’nne race croisée de chevaux arabes et andalous. Us unissent la force musculaire des uns anx formes gracieuses des autres. J’ai vu au Mexique un grand nombre de bons chevaux quelques uns fameux coureurs. Le Cachorro par exemple, était l’effroi de tous les amateurs de courses. Malgré ses vingt ans, je l’ai vu gagner un pari de 300 onces d’or contre une jument anglo-américaine, la pins jolie bête qu’on piit voir. Le premier saut que faisait le Cachorro en s’élançant dans la carrière était de 15 pieds, et

1 Le Colonel C. Villaseñor nous assure avoir vu, à Mexico, une jument qui court plus de trois milles, c’est-à-dire, une distance dix fois plus grande que celle que suppose Jourdanet.

cette fougue ne se ralentissait guère qu’à la seconde épreuve. Les chevaux mexicains se conservent fort longtemps: il arrive souvent qu’à 25 ans ils n’ont encore rien perdu de leur vigueur. Cependant on prend bien peu de soins d’eux: on les fait marcher une grande partie de la journée sans leur donner de nourriture ni de repos. Le soir ou leur donne de l’orge ou du maïs avec de la paille; le lendemain matin, la môme ration avant de partir; et voilà les chevaux les mieux traités selon la coutume du pays.”

416. “En France, un voyageur est forcé de mettre pied à terre de quatre en quatre lieues pour faire reposer sa monture et lui donner un picotin, sans quoi, elle deviendrait molle, arriverait efflanquée à la couchée et ne pourrait recommencer la même marche le lendemain.”

“Los mules sont aussi d’excellents animaux pour voyager dans ces chemins pierreux et escarpés. On les charge de deux gros ballots de 200 livres chacun, se faisant équilibre; et malgré ces poids énormes elles cheminent légères, en liberté, broutant l’herbe çà et là, sans jamais se reposer avant le terme de leur journée de marche, qui ordinairement n’excède pas sept lieues.”1 Nous ne sommes pas d’accord sur ce point car, très souvent, elle est bien plus longue: par exemple, avant la construction du chemin de fer qui va à Toluca, les indiens et les mules faisaient ce voyage, d’environ 18 lieues, en un seul jour.

417. Yoici ce que dit Mathieu de Fossey dans un autre passage:

“Les races de chevaux dégénèrent dans les pays très chauds. Au Goat-

zacoalcos les chevaux sout mauvais, ils n’ont aucune vigueur et vous laissent en chemin si vous voulez faire une course de plus de 7 à 8 lieues. Au contraire, dans les climats tempérés ou froids du Mexique, on trouve nue race de chevaux excellents et doués de qualités étrangères à celles d’Eu-

rope. ^

Nous présenterons encore l’opinion d’un naturaliste distingué, le Dr. Dugôs. Yoici ce qu’il dit:

“Les chevaux du Mexique sont doux, sobres, vigoureux, propres surtout pour la montagne, vifs, très agiles et très légers.”3

Enfin, M. Yergara, monté sur un cheval du pays, a entrepris des journées de marche comme la suivante:

Départ de Pachuca à 8h30 A. M., arrivée à Actopan à midi. Uue heure de repos; ration au cheval. Reprise du voyage; arrivée à Ixmiquilpan à 7h P. M. Distance parcourne, 22 lieues. Ce fait n’est pas exceptionnel, cette journée de marche se fait souvent sans grag.de fatigue pour les animaux, et il faut compter que la plus grande partie du chemin est en pente et à plus de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les chevaux travaillent, le jour suivant, comme à l’ordinaire.

1 Le Mexique, page 349.

2 Ibid, page 457.

3 Extrait du Bulletin de la Société Impériale d’Acclimatation. (N° d’Août 1868) page 7.

Note additionelle.— Vigueur du bétail de Ateneo.

417’ M. Barbabosa a eu l’obligeance de nous donner les détails suivants au sujet des animaux de sou “hacienda” de Ateneo, située à 2400 mètres. Parmi les taureaux de courses, les plus estimés dans la République à cause de leur bravoure, de leur agilité et de leur force sont ceux de Ateneo. Ils viennent des taureaux conduits à Ateneo, vers la fiu du siècle dernier, par le conde de Santiago, provenant des troupeaux de Grendulain, Navarre, Espagne. Les individus qui en descendent en ligne directe conservent toutes les conditions de bravoure et de légèreté dont étaient doués leurs ancêtres; pas le moindre indice de dégénération; à l’âge de 8 ans, ils peuvent parfaitement servir encore à la reproduction. La vigueur d’un taureau de six ans est telle que trois chevaux ont de la peine â le vaincre; un seul cheval suffit pour vaincre une bête ordinaire.

Leur chair est très nutritive, sur le marché de Toluca, on la préfère à celle de la Terre Chaude. Ces taureaux sont de petite taille, comme leurs antecesseurs; à peine pèsent-ils 220Kilogs. Nous avons cependant, à Ateneo des animaux gras qui pèsent jusqu’à 450 et 500 Kilogs.

Les vaches de cette race vaillante sont très fécondes, chaque année elles donnent leur veau; les autres ne donneut d’ordinaire qu’un veau tous les deux ans.

Le bétail créole d’ Ateneo ne donne pas beaucoup de lait (5 litres par jour et par vache) mais la qualité est excellente. Pour ce qui regarde les

autres animaux, M. Barbabosa nous assure que les chevaux d’ Ateneo sont encore utiles à 24 ans; ils atteignent ordinairement 20 ans: le sien en a 16 et conserve encore toute sa vigueur.

Les chats et les chiens y vivent très bien aussi, on trouve des mâtins de 14 et 16 ans.

Il y a quelque temps on amena à Ateneo du bétail de la race Durham qui était en mauvais état de santé; aujourd’hui il se trouve pour ainsi dire régénéré.

(B) Conséquences des faits précédents. Résumé.

418. La vigueur et l’activité des animaux sont deux coefficients très importants pour l’étude du problème de la vie, ils doivent aller ensemble: la vigueur serait inutile et passagère sans l’activité, celle-ci semble impossible pendant la misère dynamique.

Pour atteindre le but que nous nous proposons, nous allons discuter les conséquences des faits qui précèdent au double point de vue de la théorie de Jourdanet et de la théorie de l’adaptation aux conditions des altitudes. Ces conséquences se rapportent à la lutte pour la vio chez les animaux et aux relations qui existent entre eux et l’homme dont ils sont les auxiliaires.

419. Lutte pour Ici vie. Supposant que les causes anoxyhémiantes existent et se manifestent par une débilité intense des organismes, ces causes auront agi sur tous sans exception, et tous auront perdu une quantité x de vigueur et d’activité qui sera égale et proportionnée aux forces de chacun. S’il en était autrement le merveilleux équilibre qui règne dans la nature serait bouleversé à un dégré qu’il serait impossible de déterminer. Il pourrait arriver aussi, à la grande douleur des partisans de la théorie de Jourdanet que peu à peu les moins aptes, c’est-à-dire les anoxyhémiques, s’éteindraient et partant prédomineraient les plus aptes, c’est-à-dire ceux qui sont adaptés. Il resterait encore cette autre probabilité, qui est absurde: que toutes les créatures s’éteindraient.

420. Chaque groupe spécifique supporte la tyrannie des ennemis; chaque individu est exposé à perdre la vie 860 fois par an; un senl individu, vécut-il deux siècles,- n’arrivera jamais à compter le nombre de ceux qui conspirent à sa destruction. En envisageant la question sous un seul point de vue, qu’arrivera-t-il si les ennemis sont anoxyhémiques, d’une vigueur languissante et d’une activité diminuée? Il peut se faire que les victimes n’aient rien perdu de leur résistance, de leur aptitude pour la fuite ou

pour n’importe quel autre moyen de protection: dans ce cas, leurs persécuteurs disparaîtront bien vite. Si les lièvres courent plus que les chiens, ces derniers ne mangeront jamais de lièvre! Si, au contraire, les victimes aussi sont anoxyhémiques, les choses suivront leur cours ordinaire, pas toujours cependant. Parmi les innombrables animaux insectivores, il y en a un grand nombre qui se nourrissent d’articulés sédentaires, lents dans leurs mouvements et partout incapables de fuir et de se défendre par des moyens qui exigent de la vigueur on de l’activité, par exemple, les chenilles, les larves de Coléoptères xylophages, les Mollusques pulmoués, etc., peu importe qu’ils soient ou non anoxyhémiques, leurs persécuteurs seront toujours forcés de jeûner s’ils sont incapables de déployer une activité qui leur suffit h peine dans les basses régions pour satisfaire les nécessités impérieuses de la vie.

421. Si les Picidés n’exploront pas avec une activité vertigineuse et sans se reposer une seconde l’écorce des arbres, si les Cathartes et plusieurs autres Yautours ne peuvent pas s’élever à des hauteurs prodigieuses où l’air est excessivement raréfié, s'ils sont incapables de parcourir une aire très étendue jusqu’à découvrir un cadavre abandonné; si le Lynx, le Bassaris et certains autres carnivores se trouvent dans l’impossibilité d’entreprendre de longues chasses nocturnes, seul inoren de saisir une proie rare et incertaine dans plusieurs endroits, tons cefc animaux tomberont à la fin dans un lamentable état d’inanition.

D’un autre côté, Si les victimes ne sont pas anoxyhémiques tandis que leurs ennemis ordinaires le sont, elles se reproduiront dans une proportion prodigieuse et les altitudes, après quelques siècles, seront peuplées par les espèces fécondes et omnivores. S’il est vrai que les chats sont atteints d’albuminurie, qu’ils sont anoxyhémiques, que la faiblesse leur paralyse les jambes, le corps tout entier, même l’instinct, les hauteurs seront nécessairement infestées par les rats, qui se reproduiront tant qu’ils rencontreront de quoi se nourrir.

Si l’anoxyhémie s’empare des victimes et les ennemis conservent leur vigueur, il arrivera un moment où ces derniers n’auront plus rien à sacrifier, car si les moyens de résistance diminuent, les causes de destruction augmenteront forcément.

422. Il est très facile de s’assurer de la vérité de ce raisonnement par l’expérimentation directe sur des animaux ordinaires. Que l’on prenne dix chats et dix rats, qu’on produise l’anémie chez les uns ou chez les autres au moyen de la diète, de l’emj)risonnement, etc. On verra bientôt que les chats anémiques ne peuvent atteindre aucun rat et au contraire, si les rongeurs sont anémiques ils ne tenteront pas même la fuite.

Jourdanet et P. Bert eux-mêmes indiquent les différences dans la résistance au mal des montagnes; le premier est arrivé à dire, par distraction sans doute, que l’indien du Mexique était parfaitement acclimaté. Il

est certain que ceux qui sont acclimatés prédomineront sur ceux qui ne le sont pas et nous aurons ainsi le déséquilibre dont nous axons déjà parlé.

423. Il serait oiseux de faire remarquer encore une fois que tous les faits sont contraires à l’opinion que nous réfutons, mais il ne sera pas hors de propos de présenter quelques exemples dans lesquels se trouve caractérisée l’aétivité de certaines espèces.

Quant aux animaux domestiques, il nous suffira de rappeler qu’au Mexique il y a une quantité extraordinaire de chiens qui n’ont pas de maîtres et tous cherchent leur subsistance au prix de mille fatigues et souffrances. On les voit disputer les immondices aux vautours ou lutter entre eux avec férocité. Tous doivent parcourir un certain nombre de rues des centaines de fois et souvent même émigrer de ville en ville, comme cela est arrivé pendant le siège de Mexico. Les chats abondent à l’état demi sauvage; la nuit ils rôdent avec une activité fébrile pour se procurer leur nourriture. Chats et chiens manquent de protection, leur existence est précaire, les aliments n’abondent pas, ce n’est donc que grâce à leur activité qu’ils peuvent subsister et bien souvent, étant nés dans les habitations et ayant joui de toutes les commodités et de tous les inconvénients de la domesticité, ils ne sont guère habitués à déployer cette activité.

424. Parmi los animaux entièrement sauvages nous mentionnerons le

Lemming, qui travaille jour et nuit à des altitudes qui varient entre 1300 et 2000 mètres. Le Lagomys xdpinus (1500 à 4000 mètres) est un rongeur actif et laborieux. Les Sittidœ que nous avons vues à Tlamacas (3897 mètres) passent le jour entier à sauter, à grimper et à voler à la poursuite des insectes. - •

425. Un jour que nous venions deMorelia, près de Cuitzeo, nous avons pu observer un petit héron (peut être Y Ardea tricolor ruficoUis ) qui a suivi le train pendant plusieurs minutes. La rapidité de son vol ne devait pas être inférieure à 60 kilomètres par heure puisque nous marchions avec une vitesse d’un kilomètre par minute. Les Hirondelles du Mexique, selon les calculs do l’abbé Alzate font neuf lieues à l’heure.1 Nous avons déjà cité plusieurs exemples au sujet des oiseaux de l’Asie.

Enfin, on trouve des espèces excessivement paresseuses et qui le sont également sur les hauteurs et dans les basses régions: tels, sont le Lagopus cdbus , le Synetheres mexiccinus; nous avons tenu ce dernier eu captivité, il passe le jour à dormir et presque toute la nuit à se reposer. Nous pouvons citer aussi la Cyclura articúlala qui fait un mouvement toutes les deux heures et cela dans les plaines de la Terre Chande et dans les jardins de Mexico.

426. Parmi les reptiles nous avons observé le Sceloporus microlepidotus qui est aussi actif et ifussi agile dans les bois de Tlamacas que dans la ville de Mexico. Il no supporte l’inanition que peu de jours; le nombre de

1 A. Dugès. “La Naturaleza.” Yol. VII, page 79.

ses mouvements respiratoires est cle 18 par minute. Par contre, et comme preuve de l’indépendance qu’il y a entre la pression atmosphérique et l’activité, nous avons le Phrynosoma orbiculare qui est paresseux et lent aussi bien dans les endroits élevés que dans les régions basses; il respire une fois par minute et reste ensuite en inspiration pendant 4 minutes, il peut supporter l’inanition plusieurs mois de suite.1

Le 30 Août 1892 après un jeûne cle 17 jours un Phrynosoma pesait. . . 20 gr. 92

,, 8 Septembre il pesait 20 ,, 62

De manière qu’en 20 jours la perte totale ne fut que de 3.5 pour cent de sou poids, ce qui indique l'insignifiante activité de son organisme. Les animaux de sang chaud, selon Richet, perdent en moyenne, en trois heures, trois grammes par kilog. de poids.

Une chauve-souris nous a fourni une autre preuve indirecte d’une sorte particulière de vigueur jdiysique; comme on le verra dans un autre paragraphe, elle est restée 10 minutes absolument privée d’air, et, selon Jourdanet il faut remarquer qu’elle était déjà un peu asphyxiée à cause du manque de pression.

427. Ainsi donc, si les Mammifères et les Oiseaux domestiques ou sauvages, conservent leur activité et leur vigueur ordinaires, nous n’avons lias à redouter un manque d’équilibre sur les hauteurs. Les perturbations dans les phénomènes de sélection et du struggle for Ufe ne seront pas bien grandes non plus. Nous avons donc une preuve de plus que les organismes sont susceptibles de s’adapter aux conditions des altitudes et qu’ils y trouvent les éléments suffisants pour arriver au complet développement de l’espèce.

(C). Fécondité et abondance.

428. Lorsque Jourdanet s’occupe de la population des hauteurs il assure faussement que le nombre des habitants est relativement petit et que les femmes y sont eu plus grande proportion que les hommes. Selon lui, ces deux phénomènes peuvent reconnaître pour cause la diminution do la fécondité occasionnée par les influences anémiantes.

Quatrefages nous dit qu’à Bogota les Européens prétendirent acclimater des oies, mais qu’elles pondaient rarement, l’éclosion n’était pas heureuse et la moitié de la couvée périssait dès le premier mois. Quelque temps après cependant, l’acclimatation était complète. Darwin rapporte

1 A. L. Herrera. Memorias de la Sociedad Antonio Alzate. Yol. YI.

plusieurs autres observations dues aussi à Rouliu (cité par Quatrefages): entre autres, la poule importée récemment à Cuzco ne voulait pas se reproduire, mais dans la suite elle devint tout-à-fait féconde. 1

L’étude de la fécondité des animaux domestiques des hauteurs ne sera donc pas inutile.

Au Mexique, nous n’avons jamais observé qu’elle fut diminuée ni cliez^ les espèces domestiques ni chez les espèces sauvages.

Le Dr. Manuel S. Soriano nous dit qu’il a parfaitement réussi à faire reproduire les chats albiuos (si calomniés par Jourdanet): il attribue ce résultat aux soins qu’il a eus d’empêcher les unions entre consanguins trop rapprochés.

429. Madame Laureana Wright de Kleinhans a élevé pendant longtemps des chiens de Chihuahua (bien plus calomniés encore que les chats), et elle nous assure que ces animaux se reproduisent régulièrement, entre autres elle en a eu un qui lui ci donné 18 petits.

Jourdanet dit qu’ils ont perdu “le goût de la reproduction’' mais sans preuves h l’appui. Selon le Dr. W. A. Jayne, l’altitude excite les désirs sexuels chez l’homme et plus encore chez la femme, qui en arrive jusqu’à la nymphomanie. Le Dr. Eskridge et le Dr. Mc Donald appuient indirectement cette opinion (Voir § 901.)

“Trois ans et quelques mois après la conquête du Mexique Cortes informe son souverain que l’élevage des chevaux dans ce pays, était déjà très répandu, que les produits ôtaient légers, sveltes et de bonne taille.

Quand on lit cette relation on dirait cpie bien des années se sont succédées depuis le gouvernement des vice-rois.” (!) 2

Les premiers centres de reproduction s’établirent à Cuernavaca et à Tlaltizapan.

Les chèvres ont deux petits, comme en Europe. 3

Les chats ont 4 à 5 petits, deux fois par an.

Les Didelphis en ont de 5 à 16 comme partout. Au Musée National de Mexico ont peut voir une femelle avec sa nombreuse famille.

430. Les rats se reproduisent dans une proportion extraordinaire; à peine les femelles ont-elles élevé la première niellée qu’elles sont pleines de nouveau. Les rats albinos ont de 6 à 8 petits, nombre indiqué par Dehn et Reichenbach. La femelle que nous avons portée au cratère du Popocatepetl, malgré les souffrances quelle dût endurer pendant le voyage, les coups qu’elle reçut quand nous allions à cheval, le froid et le manque de pression, mit bas plusieurs petits parfaitement formés et qui se développèrent très heureusement. Une autre femelle que nous conservions pour nos ex-

1 Darwin. Variation. II, page 152.

2 Gaceta Agrícolo-Veteriuaria. México, 1880. Vol. III, Np 1, pág. 12.

3 Dugès. Bulletin de la Société Impériale d’acclimatation. Août 1868.

périences eût 9 petits dans sa cage. En Europe, selon plusieurs auteurs, le rat n’a que 4 à 8 petits.

Les codions d’Inde que nous avons pu observer pendant longtemps ont de 2 à 6 petits plusieurs fois par an. Une femelle qui était restée très longtemps sous la cloclie pneumatique eût 2 petits au terme ordinaire et aussi vigoureux, aussi agiles que les autres: ils nous servirent dans la suite pour uos études et l’un d’eux a souffert l’action de l’air raréfié. Les lapins ont de 4 à 8 et rarement 9 petits.

Le Lagomys alpinus en a 6, selon Radde.

431. Plusieurs autres Mammifères des hauteurs montrent la même fécondité observée dans les régions basses, ou la normale dans la famille à laquelle ils appartiennent, par exemple:

Le Musc. Le Strepsiceros. Les Taureaux.

L’OreoIragus. LTbex. Le Yack.

Le Chamois. . Le Musimon argali. Les Chevaux.

C’est exactement ce qui se passe chez les oiseaux: les poules pondent 24 œufs, bien qu’elles appartiennent à une race mal soignée. Les pigeons ne sont pas moins féconds qu’ailleurs, et les Canaris procréent avec facilité.

Nous avons déjà dit que si la fécondité se trouvait diminuée chez quelques espèces seulement, nécessairement il en résulterait un déséquilibre qui se serait déjà manifesté par des signes évidents.

Par ce qui a été dit dans le paragraphe au sujet de l’abondance des individus, ou voit clairement que les espèces des hauteurs sont souvent plus prolifiques que l’on ne croît.

En effet, selon Brehin, le nombre de Chinchillas qui habitent entre 2600 et 3600 mètres est extraordinaire: quelques voyageurs disent que les rochers sont littéralement couverts do Rongeurs de cette espèce; quelques uns en on compté parfois plus de 1000 dans un seul jour de voyage et sûrement n’entraient pas dans ce nombre tous ceux qui restaient cachés. De 1828 à 1832, 18000 peaux de Chinchilla ont passé sur le marché de Londres.

432. Quant aux Lamas, il y en a 300000 au Potosi, employés à transporter les lingots d’argent. Moyen fait monter à 3000000 le nombre de ceux qui vont de Tacora au Lac Titicaca et du ‘‘Paso del Puuo’’ à Arequipa. On dit que Meyeu éxagère mais Geoffroy St. Hilaire n’a-t-il pas dit que de 1835 à 1840 ou avait importé à Liverpool 4425700 ldlogs. de laine d’ Alpaga et de Lama?

Le nombre des Lemmings est prodigieux et bien connues sont les émigrations qu’ils entreprennent parfois descendant des montagnes en sociétés.

Parmi les oiseaux nous citerons les Canards et quelques autres qui se

trouvent dans les lacs de la Yallée de Mexico. Tous les ans on en tue plus de 500000. 1

433. Les Molothrus forment des volées de 200 à 1000, les individus d’une espèce (Molothrus ater) se réunissent parfois au nombre de neuf à dix millions. 2

Chez les invertébrés on pourrait citer un bien grand nombre d’exemples; nous nous contenterons d’en présenter deux seulement. Les mouches des eaux saumâtres du lac de Texcoco (Ephydra Mans) forment de véritables nuages, quelquefois même elles ont rendue difficile la marche des trains car les individus broyés par les locomotives graissent les roñes et les rails.

Les larves de Coryza et de Notohecta abondent aussi extraordinairement dans le lac de Texcoco. MM. Peüafiol et Asiain en calculaient au moins 3650000000000. L’enveloppe de chacune pèse environ 5 milligrammes, ce qui donne 18250000 kilogs. Les oeufs et les larves de ces insectes augmentent.de 18609500 k. la quantité de matière organique contenue dans le lac de Texcoco.3

434. Enfin, on trouve une telle abondance de Chiroptères ou chauvesouris dans le cerro de Iztapalapa (Yallée de Mexico) que leurs excréments forment des couches de grande épaisseur. L’exploitation de cet engrais suffit pour couvrir les frais de l’église de Culliuacan. 4

Nous avions déjà écrit ce qui précède lorsque nous est parvenu un article de M. F. Plateau, de Grand, Belgique, qui renferme de précieuses données sur les accumulations extraordinaires de petits Coléoptères ( Coccinella.)

“J. Fabre observa une colonie de Coccinelles à sept points, qui couvraient littéralement la coupole du Mont Yentoux, à 1905 mètres au-dessus du niveau de la mer Enfin, dans la session du 21 Décembre 1879,

de la Société Entomolôgique Italienne, bon nombre de naturalistes communiquèrent ou rappelèrent des faits semblables. Nous les résumons: Targioni (1876) observa des colonies de Coccinelles sous les pierres de sommets élevés; Cavanna fait mention de réunions plus ou moins considérables sur la plupart des sommets qu’il a visités pendant les années 1877, 1878 et 1879, à des altitudes de 1040 à 2729 mètres. Osten Sacken a vu des accumulations de Coléoptères divers, parmi lesquels il y avait des Coccinelles, sur de petites pyramides de pierres, à 1830 mètres au sommet du Mont Washington (New Hampshire, Amérique du Nord); Lorenzo Caine-

1 Orozco y Berra. Carta hidrográfica del Valle de México. México, 1861, pág. 150.

2 El Tordito, por el Dr. Dugès. “La Naturaleza,” (2) II, pág. 104.

3 Aguas potables de la Ciudad de México.

4 A. L. Herrera. La Naturaleza (2) Vol. I, pág. 341.

rano (1877) parle d’un colonie très épaisse à la base d’une petite colonne, à nn peu pins de 1000 mètres, à la cîine dn Mont Asinaro (Mont Musiné.)”1 Dans la ville de Mexico, M. J. C. Segura a observé une invasion de Chrysomela decemlineata, an commencement de 1880. Ce Coléoptère, afin à la Coccinella, était tellement abondant que M. Segura pût compter 743 individus en nue demi-heure de chemin dans les rues de Mexico.2

Sur le grand Saint-Bernard, à 2895 mètres, on observe souvent sur la neige, des taches ronges produites par une espèce de Lipura. 3

A. L. Herrera a démontré qne les mouvements vibrátiles des spermatozoïdes ont pour canse les courants osmoticpies et ils se produisent avec une rapidité remarquable dans les liquides concentrés. Et les liquides génitaux comme les autres humeurs, peut-être sont plus concentrés par effet de l’altitude. L’ascension des spermatozoïdes vers l’ovaire sera plus facile. 4

(D). Sécrétions, principes toxiques.

435. Personne ne doutera de l’importance de cette étude: on sait que les produits physiologiques diminuent en quantité ou s’altèrent dans leur composition ou dans leurs propriétés toxiques lorsque les animaux se trouvent sujets à des causes d’affaiblissement.

Yoici les analyses faites par M. H. Gonzalez, indiquant la quantité de cantharidine contenue dans les cantharides d’Europe et dans celles du Mexique: 5

Espèces.

Quantité de cantharidine.

• Proportionnellement à celle que contient la cantharide européenne.

Cantharis vesicatoria

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