x = 4445 litres 93 d’oxygène
A cause de la diminution de la pression atmosphérique cet oxygène ne pèse que 1 gramme 08 le litre. Le poids de l’oxygène absorbé sera donc de 4445,93 x 1.08 = 4801 gr. 60 en 24 heures. D’après la Physiologie de Colin, le taureau absorbe en Europe 5320 grammes.
En Europe 5320.00 grammes.
A Mexico 4801.60 „
Différence en faveur d’Europe 518.40
564. Le calcul précédent se prête à bien des critiques; la principale, c’est que l’on a donné comme un fait qu’à Mexico les inspirations sont moins profondes que dans les bas niveaux: Mr. Yillaseñor avoue qu’il ne s’est pas servi d’un appareil pour évaluer la quantité d’air qu’absorbe un taureau et il se contente de la déduire par le calcul. Tout d’abord, nous ferons remarquer que personne jusqu’ici n’a prétendu que les inspirations soient moins profondes à Mexico; bién au contraire, nos évaluations spirométriques, les recherches de plusieurs savants européens ont parfaitement démontré que la quantité d’air inspiré ne diminue pas sur les hauteurs, et nous ignorons en vérité, comment elle pourrait diminuer puisque la capacité vitale est augmentée. Il s’agit ici de l’homme; des études n’ont pas encore été faites sur le taureau et il serait injuste de faire une déduction par le calcul, s’il n’existe aucune raison, pour supposer que chez lui la diminution doit être proportionelle, au cas, bien entendu, où cette diminution de 115 centimètres cubes existerait chez l’homme. Elle est encore bien douteuse cette diminution de la quantité d’air inspiré: Yillaseñor indique le chiffre qu’un certain Dr. Lobato croit avoir trouvé pour Mexico: 385 centimètres cubes. Or, Lobato et Yillaseñor s’appuient sur le fait, qu’en Europe la quautité d’air inspiré est de 500 centimètres cubes: mais ce chiffre est encore discuté; en effet, Longet, Borelli, Goodwin, H. Davy, Allen et Pepys, Jurine, Dumas, etc., indiquent un tiers de litre — c’est à dire, 333 centimètres cubes. Il résulterait ainsi, même en admettant comme exacte la quantité fixée par Lobato et Yillaseñor, que l’on absorbe 52 centimètres de plus à Mexico qu’en Europe.
565. Nous allons procéder au calcul en supposant qu’un individu de la race bovine inspire à Mexico autant que dans la plaine; on ne saurait faire uno plus grande concession: en effet, tous les observateurs admettent dans les lieux élevés, une augmentation du volume de la capacité vitale, et par
conséquent aussi une augmentation du volume de l’air qui pénètre alors dans l’ appareil pulmonaire.
Eu Europe, nu Taureau fait au plus 21 respirations par minute, et absorbe 2970 centimètres cubes. A Mexico un Taureau fait en moyenne 30 respirations par minute et nous supposons qu’il absorbe 2970 centimètres cubes. En Europe, 37422 litres d’air pénètrent dans le poumou, eu 10 heures (62370 cc eu 1 minute, 3742200 en 1 heure); à Mexico, pour être plus grand le nombre de respirations, la quantité d’air reçue par le poumou
s’élève à 53460 litres (89100 cc en 1 minute, 5346000 en 1 heure).
Les 37422 litres absorbés en Europe, contiennent à
760mUhm-, et à 10° C 10478 gr. d’oxygène.
Les 5346 litres absorbés à Mexico, contiennent à 550mMim., et à 10° C 10692 „ „
Différence en faveur du Mexique 214 gr. d’oxygène.
566. Nous avons fait ce calcul en nous basant sur les tables de Lombard qui donnent la quantité d’oxygène contenue dans un litre d’air à des températures et à des pressions différentes. Nous ferons remarquer que nous avons pris pour Mexico une quantité d’oxygène inférieure à la véritable; en effet, les 0 gr. 20 d’oxygène par litre, qui ont servi de base à nos calculs représentent la quantité qui correspond à une altitude de 8575 mètres, et non à celle de 2268“ (ou 2282m) qui est celle de la capitale du Mexique.
Le calcul qui précède s’est fait sans prendre garde que l’air ne sort pas des poumons entièrement privé de son oxygène; mais il est très facile de faire la réduction, si l’on admet avec Mr. Colin que l’on utilise seulement le 4,5 °/o d’oxygène de l’air inspiré.
Nous voyons donc que l’augmentation des respirations suffit pour compenser le déficit d’oxygène à des altitudes comme celle de Mexico. On pourrait presque établir une proportion:
0,20 d’oxygène : 0,28 d’oxygène : : 21 respirations : 30 respirations.
567. Le dernier terme de la proportion devrait être représenté par 29 respirations et non par 30, moyenne adoptée par Mr. Yillaseüor; mais l’erreur, n’étant que d’une respiration, n’est pour cela même d’aucune importance.
On pourrait, pensons-nous, au moins dans quelques cas, déduire le nombre de respirations d’une race alpestre, au moyen de la formule suivante:
X est le nombre de respirations qu’il s’agit de déterminer; x' est le nom- • bre de respirations cbez les individus de la même espèce qui vivent dans des endroits bas, 0,28 représente la quantité d’oxygène contenue dans un litre d’air à la pression de 760mmim-, et à la température de 10° O.; y représente la quantité d’oxygène, à la pression correspondante à la hauteur où vit la race alpine ou alpestre, et à la température de 10° C. Mais ces formules basées toujours sur des conventions ne sauraient donner que des résultats approximatifs: -d’ailleurs plus d’un coefficient important a été négligé.
Il est à remarquer que nous ayons pu, en débarrassant le calcul de Yillaseñor de l’erreur relative à la diminution du volume d’air inspiré, démontrer que l’augmentation des respirations suffit, au moins pendant le repos, pour compenser le manque d’oxygène, tandis que Yillaseùor trouvait'toujours une différence en contre des altitudes. Il semble par conséquent que la moyenne de respirations admise par le même auteur pour la race bovine ne doit pas s’éloigner beaucoup de la vérité; on peut en effet le déduire facilement en appliquant à ce nombre les mêmes calculs et les mêmes raisonnements dont nous nous sommes servis en établissant la moyenne de respirations chez l’homme.
568. Quant aux difficultés qu’opposait Paul Bert au sujet de ce genre de compensations, nous répondrons ce qui suit:
L’ancienne école prétendait que, par suite du manque de tension de l’oxygène, le sang en absorbait moins, quand bien même le nombre des respirations augmentait Mais des observations postérieures oùt démontré l’inexactitude de cette assertion. Yiault, Müntz, Regnard ont observé que le sang, au moyen de procédés particuliers, prend dans l’air raréfié l’oxygène qui lui est nécessaire. En outre Fernet nie la liaison intime supposée entre la pression et les changements hématopoïétiques; Bohr la rejette également. Nous avons démontré que le phénomène de l’absorption d’oxygène est simplement un phénomène de dialyse chimique.
a’). Observations recueillies au Mexique.
569. Pendant notre voyage au Popocatepetl, nous avons recueilli plusieurs observations au sujet du rythme respiratoire de plusieurs animaux: nous en avons déjà parlé, mais il convient d’y revenir.
L’observation d’un petit lézard nous fournit les chiffres suivants:
A Mexico 2268 mètres de 16 à 19 respirations.
,, Amecameca 2480 18 ,,
,, Hamacas 3897 „ 23
,, La Cruz 4300 ,, de 22 à 25 „
Mais les résultats des observations faites sur un rat albinos sont plus importants:
A Mexico 2268 mètres HO respirations.
,, Amecameca 2480 ,, 116 ,,
,, Hamacas 3837 ,, .
Au bord du cratère du Popocatepetl à 5263 mètres, 128 respirations.
Il y eut sans doute chez ce Rongeur une certaine augmentation dans le nombre de respirations, mais elle ne fut pas cependant proportionnelle à l’altitude; cela s’explicpie facilement: en effet, l’animal était sujet à d’autres influences en outre de la décompression. Cependant, les nombres observés à Tlamacas s’approchent de ceux que nous fournit le calcul:
c’est le nombre des respirations du rat à Mexico; 20, la quantité d’oxygène que contient un litre d’air à la pression de 550millim., et à 10° C.; 17, la quantité d’oxygène à la hauteur de 4000 mètres, à la pression de 460 millim. et à la température de 10° C. Si nous appliquons ce même calcul au lézard, nous trouverons que le nombre de ses respirations devait être à Tlamacas de 22 par minute; or il fut de 23:
570. A lTnstituto Médico Nacional nous avons relevé les tracés de la respiration de plusieurs animaux, en comptant sur le papier le nombre de respirations complètes, par minute. Ce procédé fournit naturellement des chiffres plus exacts, pourvu que l’on obtienne chez les sujets un calme complet et une respiration normale.
Nous commencerons par les Lapins:
1. Tracé d’un Lapin, femelle, noir, pesant deux kilogs., repos complet. Compas de tambour de P. Bert appliqué convenablement. Avril 17.
Nombre de respirations par minute 50, 52, 59, 63.
2. Tracé d’un Lapin, femelle, brun, pesant 2 kilog., 500. Compas de tambour de P. Bert. Avril 17.
Nombre de respirations: 127, 112, 112, 125, 125, 104, 119.
L’animal était un peu surexcité.
3. Tracé d’un Lapin, mâle, pesaut 4 kilog., au moyen d’une muselière.
Nombre de respirations: 78, 82, 116.
Planche 20.
Graphiques de la respiration d’un Phrynosome orbiculaire (Camaleón) obtenus au moyen du masque ou muselière.
Graphiques de la respiration d’un lézard ( Sceloporus microlepidotus) obtenus au moyen du masque ou muselière.
Les repos expirateurs et ceux de la demi-inspiration son très communs dans les graphiques pris chez divers reptiles (Voy. P. Bert. Physiologie comparée de la respiration. Paris, 1870, p. 220 à 310).
4. Tracé d’un Lapin, femelle, noir, pesant 2 kilog. 500. Compas de tambour de P. Bert.
Nombre de respirations: 165.
En appliquant sur le thorax du même animal le tambour double conjugué de Marey, on obtient:
Nombre de respirations: 170, 122.
5. Tracé (numéro 5) de la respiration d’un Lapin, pesant 2 kilog., au moyen de la muselière. (Planche 21).
Nombre de respirations: 160.
6. Tracé (numéro 12) dé la respiration d’un Chien de taille moyenne.
Nombre de respirations: 32 (Planche 21).
7. Tracé (numéro 11) de la respiration d’un Chien de petite taille.
Nombre de respirations: 53, 56, 64, 58, 55, 48. (Planche 21).
8. Tracé (numéro 8) de la respiration d’une Colombe. Tambour double de Marey. (Planche 23).
Nombre de respirations: 78, 75.
9. Tracé (numéro 7) de la respiration d’un Lézard ( Sceloporus microlepidotus) au moyen d’un petit masque de caoutchouc.
Nombre de respirations: 17, 20, 19, 18, 18, 19, 19, 20, 20, 20, 15, 18. (Planche 20).
571. La conséquence qui se tire d’elle même des données précédentes c’est que le rhythme de la respiration est accéléré, dans la plupart des cas.
Yoici d’autres données extraites d’nn ouvrage de P. Bert, et qui serviront à établir des comparaisons:
(En Europe).
Lapin 55 Colombe 30
Chien 15 Lézard..- 12 1
572. Mr. C. Padilla a fait les observations suivantes.2 Il avait en vne l’étude de la transfusion; il saignait les Lapins, et leur injectait ensuite une solution de chlorure de sodium. Les premiers des nombres qui suivent correspondent à l’animal sain et en état normal, les seconds à l’animal pendant qu’il se rétablissait de la perte de sang, enfin les troisièmes à l’animal complètement rétabli.
1 Lacerta ocellata de taille moyenne.
2 Contribución al estudio de la transfusión. México, 1894, págs. 42 á 51.
N.° de l’expérience, 1. Mâle, blanc, jeune.
Date.
Avril 10.
Poids.
Nombre de respirations
par minute. Date.
Nombre de respirations Poids. par minute.
2 livres
onces. 100 Avril 14.
2 livres 4 onces.
2 6 u y j ^ yy
2 „ H Avril 18.
2 livres 6 onces, 115 respirations par minute.
N.° de l’expérience, 2. Mâle, blanc, jeune.
Avril 13. 3 livres 1| onces, 200 respirations par minute.
N.° de l’expérience, 3. Mâle
blanc, adulte.
Avril 14.
5 livres 0
onces.
Avril 19.
4 livres 14
onces. 138
Avril 24.
4 livres 15 onces,
142 respirations par minute.
N.° de l’expérience, 4. Mâle, blanc, adulte.
Avril 16.
4 livres 7| onces.
Avril 23.
4 livres
1 onces.
^ yy
RI
RI
de l’expérience, 5.
Femelle, blanche, adulte.
Avril 17.
5 livres
12 onces.
Avril 24.
5 livres 8| onces.
yy
N.° de l’expérience, 6. Mâle,, brun,
jeune.
Avril 18.
3 livres 15 onces.
Avril 27.
3 livres
9| onces.
Mai 1.