SÉANCE DE LA NUIT DU 3 OCTOBRE
.... Le premier mémoire lu traitait de l’influence particulière qu’exercent les grandes altitudes sur la santé de l’homme, par le Dr. S. E. Solly, do Colorado Springs.
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Mr. Solly clit que, d’une manière générale, les altitudes élevées exercent sur la santé une influence bienfaisante: qu’on avait observé que le nombre des globules rouges du sang est plus grand qu’au niveau de la mer, quoiqu’ ils soient plus petits: que la capacité pulmonaire'ainsi que l’amplitude de la respiration augmentent: que le pouvoir absorbant du sang pour l’oxygène est plus intense, et qu’en somme les échanges organiques sont plus rapides. Le résultat est que l’anémie est plus rare que dans les régions basses, ainsi que la tuberculose, et que les fièvres, quoique fréquentes, sont moins dangereuses: que les maladies microbiennes sont aussi moins fréquentes, et à son sens, moins contagieuses: 1 mais que, malgré cela, si ou 11e prend pas les précautions sanitaires qu’exige la science, le résultat est le même qu’au niveau de la mer., tant pour l’individu que pour l’ensemble.
Le Dr. Sewall, de Denver, demanda la parole et déclara qu’il était honteux que ceux qui vivent sur les altitudes élevées n’eussent pas étudié la question ni fait des expériences pour connaître les effets de ces hauteurs sur la santé: qu’à ce sujet il n’y avait encore que quelques observations individuelles en petit nombre, et quelques autres sur une plus grande échelle, faites par Yiault, de Bordeaux, sur des lapins: mais que tous ces résultats n’étaient pas applicables à l’homme, au moins d’une manière générale: que pour lui, il allait toujours avec crainte à Denver à cause de la hauteur considérable de cet endroit, et que, causant de cette crainte avec un médecin homœopathe, celui-ci avait confirmé ses idées et que même il avait affirmé que lui, Sewall, ne vivrait pas huit jours s’il se hasardait à monter jusqu’à Denver, motif pour lequel il se décidait à s’en aller (rires).
Le Dr. Orvañanos, de México, parla ensuite, manifestant que probablement les Drs. Solly et Sewall n’avaient pas connaissance des études faites depuis plusieurs années à México sur cet objet, puisque en effet il existe dans cette Capitale un établissement scientifique, l’Instituto Médico National, dont une' section est chargée uniquement des études de physiologie expérimentale, et que là Mr. le Dr. Yergara Lope avait fait une multitude d’expériences, dont il 11e se rappelle pas le nombre, mais qui se chiffraient par milles, dans le but de rechercher l’influence des hauteurs sur la santé; qu’il avait publié, entre autres opuscules, un travail remis à l’Institut Smithsonieu de Washington, où il avait consigné le résultat de ses études: Que, autant qu’il pouvait se le rappeler, Mr. Yergara Lope était aussi arrivé à cette conclusion, que le nombre des globules rouges chez l’homme sain est plus grand qu’au niveau des mers, puisque, eu moyenne, il est de six millions et demi: qu’il n’avait pas vu que la dimension de ces globules fut diminuée, et qu’elle était égale à celle qu’ils ont
1 Quant a nous, nous ne nous rendons pas solidaires de toutes les opinions du Dr. Solly. Note des auteurs.
au niveau de la mer: que la quantité d’hémoglobine était plus grande: que, relativement à l’appareil respiratoire, il avait vu que, d’après ses souvenirs du moment, le sternum était un peu plus long, la capacité thoracique et l’amplitude de la respiration plus grandes, et le nombre de respirations de 24 ( sic ) par minute au lieu de 18, qui est le chiffre des régions basses.
Le Dr. Solly avoua ensuite qu’en écrivant son mémoire il n’avait pas eu sous la main le travail du Dr. Yergara Lope, mais qu’il le connaissait; qu’il était très-remarquable; qu’il avait obtenu le second prix surplus de 200 mémoires présentés au dernier concours de l’Institut Smithsonien; et que ce que pouvait lui enseigner son expérience personnelle était d’accord avec les opinions du Dr. Yergara Lope.»
Pour nous, nous remercions sincèrement le Dr. Orvañanos pour avoir parlé de nos études, et le Dr. Solly pour la bienveillance avec la quelle il s’est exprimé au sujet de notre livre.