‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 173 sur 268 · Population rurale 1“690 millimètres · texte numérisé non relu

Population rurale 1“690 millimètres

,, urbaine 1

D'après Roi let et. P. Richer, taille moyenne en général 1 1 109 Européens mesurés par A. Jousset2 I

Français mesurés par Bernard 1

Coolies hindous (Jousset) 1

Coolies 'chinois ,, 1

Cochinchinois ,, 1

Nègres de Sénégambie ,, 1

Nègres du Congo ,, 1

Nègres des Antilles ,, 1

Mulâtres des Antilles ,, 1

65 centimètres.

835. Yoici la taille moyenne des mexicains d’après nos observations:

76 individus (créoles), professions urbaines, de 20 à 66 ans

16 individus, professions rurales (indigènes)

50 gendarmes de l’Armée (créoles)

102 hommes du 21e Bataillon d’infanterie (créoles)(d’après Cardenas).

lra649 millimètres.

836. Nous donnerons ici les mesures de taille que nous fournissent les livres de “The Equitable.” Nous avons pris seulement celles qui sont indiquées en centimètres; lorsqu’il s’agit de ponces il est difficile de distinguer les pouces anglais des pouces mexicains. Nous l’avons déjà dit, toutes ces mesures se rapportent à des créoles nés et habitant sur les hauts plateaux. Quelques unes appartiennent à la population rurale aisée, mais la plupart appartiennent à la population urbaine.

Nombre

d’individus.

Taille.

lm5103 1 520 1 540 1 550 1 560

Nombre d’individus.

Taille.

lm570 1 580 1 590 1 600 1 610

1 P. Richer. Anatomie artistique, pages 44, 55 et 56.

2 Jousset. Op. cit. , page 79.

3 Ces mesures sont prises par les médecins inspecteurs, sans que le sujet se déchausse; il est donc convenable de retrancher 2 ou 4 centimètres pour la hauteur des talons.

Nombre

d’individus.

Taille.

Nombre

d’individus.

Taille.

837. Tout cela nous indique clairement que la taille des mexicains n’a pas dégénéré si on la compare avec celle de ses progéniteurs. Nous avons donc une preuve de plus que le séjour dans un air dout la pression est diminuée n’exerce aucune influence sur la taille de l’homme.

838. En résumé, nous pouvons dire que si la taille des habitants du Mexique est en général inférieure à celle de certaines races très vigoureuses de l’Europe, elle est égale à celle de plusieurs autres qui passent aussi pour vigoureuses, par exemple à celle des habitants de la France et de l’Espagne. La moyenne générale est égale à celle des français, et comme le fait observer Clavigero dans son Histoire elle pèche plutôt par excès que par défaut.

Nous avons aussi cherché avec soin la proportion de la taille avec les différentes parties du corps; mais, nous le répétons, nous ne prétendons nullement avoir résolu les importants problèmes d’anthropologie que plusieurs auteurs ont proposés à ce sujet.

839. Nous avons encore tâché de trouver le rapport qui peut exister entre le diamètre vertical, du sommet de la tête au plan horizontal qui passe sous la symphyse du maxillaire inférieur. Deux de ces rapports ont prévalu parmi les européens et ont été admis dans les canons de proportions. Plusieurs écoles françaises suivent celui de Jean Cousin: d’après cet auteur, le corps humain de l’adulte bien proportionné, comprend huit fois le diamètre sus-indiqué, c’est-à-dire huit têtes ainsi réparties:

Du sommet de la tête au menton 1 tête

,, menton aux mamelons des seins 1 ,,

Des mamelons des seins à la cicatrice ombilicale. . 1 ,,

De la cicatrice ombilicale aux parties génitales. . . 1 ,,

Des parties génitales au milieu de la cuisse I ,,

Du milieu de la cuisse au genou 1 ,,

Du genou à la partie inférieure du mollet i ,,

Du mollet au talon 1 ,, 1

1 J. Fau. Anatomie des formes du corps humain. Paris, 1865, page 135.

Gerdy et Fan admettent ces mêmes proportions avec nue légère modification dans le système de mesure, qni an fond reste le même. La différence dn canon de Gerdy consiste seulement en ce qn’il donne an con des proportions un pen pins grandes et surtout en ce qn’il prend pour ses mesures des points de repère pins précis que ceux de Jean Cousin, par exemple la vertèbre proéminente, le bord chondro-costal, la crête dn tibia, etc.

840. On peut donc faire deux objections à ces mesures: l.°, les deux points indiqués dn milieu de la cuisse et dn genou ne sont pas bien déterminés; 2.°, cette proportion ne se rencontre que très rarement chez l’homme. Cependant, sur les 50 mesures que nous avons prises sur les gendarmes, nous avons trouvé deux fois ce rapport de la tête avec la taille (observations 44 et 45).

Numéro

d’ordre.

NOMS

Taille.

Longueur verticale de la tête.

Rapport avec la taille.

Isaac Hernandez

lm780mm

QmÇ^Qmni

Felipe Valdez

Dans plusieurs antres observations, le rapport s’est aussi rapproché beaucoup à 8 (N.° 49, 7.86.— N.0 47, 7.82.— N. ° 46, 7.90. — N.° 16, 7.82, etc.)

841. D’après Fan1 la proportion la plus fréquente est 7-7.25 et rarement 7.50.

En consultant l’ouvrage de Lepsius,2 Charles Blanc trouva un dessin qu’il prît pour le canon de proportions dont se servaient les égyptiens pour leurs figures et dans lequel le doigt du milieu était considéré comme unité de proportion. Ce même auteur nous donne en ontre un autre canon dans lequel ce rapport de la tête à la taille est considéré égal à 7.50. Le premier de ces canons n’est pas du tout applicable au mexicain; il faudrait que la longueur du médius ne dépassa pas 8 ou 9 cent., car un médius de 10 ou 11 cent, donnerait une taille de lm90 à 2.09, laquelle ne se rencontre que très rarement. Avec ce canon, les proportions résulteraient très allongées, excepté celles de la poitrine, qui est ici plus courte que chez l’européen, et plus grande la distance des mamelons des seins à la cicatrice ombilicale, comme on peut le voir d’ailleurs dans le dessin que nous présentons.

S’il est vrai que ce canon a été celui des égyptiens, et tout semble donner raison à M. Ch. Blanc, on peut dire qu’il est d’accord avec les observations des anthropologistes qui nous parlent de la plus grande longueur et de la plus petite épaisseur des membres des africains; il y a plus encore: l’assertion du Docteur Jousset se confirme, comme aussi celle de ceux qui nous parlent de la moindre activité dans la respiration des races des pays intertropicaux et de la prédominance des viscères abdominaux sur

1 J. Fau. Anatomie des formes du corps humain, page 144.

2 Lepsius. Choix de monuments funéraires. Leipzig, 1852.

les viscères thoraciques. 1 Primer Bey, nous dit que les poumons chez les africains, se trouvent dans une position telle qu’ils semblent avoir été refoulés en haut par les viscères abdominaux.2

842. Nous pourrions même dire que le canon européen est le même canon égyptien modifié par l’observation de la nature, par l’observation des différences réelles que présentait le corps et surtout le thorax de l’européen par rapport au corps et au thorax de l’africain, mais modifié par le caprice des grecs, qui voulaient que le plan thoracique l’emportasse en extension, parce que les viscères de la poitrine sont plus nobles (?) que ceux de l’abdomen, comme le dit Ch. Blanc.3 Si nous comparons entre eux le canon égyptien et l’européen et avec ces derniers le canon que nous donnons pour les proportions du mexicain, (pl. 81) nous constaterons avec quelle précision les deux premiers ont été dessinés; les artistes leur ont donné avant l’anthropologiste leurs véritables proportions, ils leur ont donné quelque chose de plus important encore: cette augmentation graduée des plans pectoraux et sternal qui révèle un thorax plus grand, une cavité plus ample, des poumons plus volumineux, une fonction respiratoire plus active.

843. De pareilles différences ne doivent pas nous étonner. La gymnastique continuelle du thorax est la cause de ce développement; chez l’africain la respiration est moins active (Jousset); mais à mesure que le travail augmente et qu’une occupation plus soutenue fortifie et développe peu à peu l’organe de la respiration, la croissance de ce dernier devient à vue d’œil beaucoup plus remarquable, car il a acquis une puissance proportionelle au degré et à la durée de son emploi. (Jousset).

844. Nous pouvons classifier ces canons selon les modifications anatomiques de l’appareil pulmonaire ou bien encore selon l’activité respiratoire de chacune des races auxquelles ils se rapportent. Ce sont donc trois types échelonnés: l’habitant des pays bas intertropicanx, l’habitant des pays bas de zones tempérées et enfin celui des grandes altitudes.

845. Nous avons passé en revue les canons artistiques en cherchant partout la comparaison qui peut nous être utile pour l’étude de l’homme des altitudes; mais nous devons aussi faire les comparaisons avec les canons scientifiques, c’est-à-dire ceux que nous présentent les anthropologistes, partant, les plus exacts. Dans ces derniers on considère la taille égale à 100 ou à 1000, et on exprime en centièmes et en millièmes les autres longueurs; les points de repère s’appuient toujours ou presque toujours sur les saillies et sur les crêtes osseuses, quelquefois sur les reliefs musculaires de position fixe sur le squelette et faciles à trouver.

846. Nous allons faire la comparaison avec le canon de Topinard; nous

1 Jousset. Op. cit., page 84.

2 Quatrefages. L’espèce humaine, page 301.

3 Ch. Blanc. Grammaire histor. des arts du dessin.

le trouvons extraordinairement simplifié et exposé graphiquement dans le magnifique canon du Dr. Paul Richer. Nous ne comparerons pas toutes les mesures que l’on peut prendre sur les corps, mais seulement celles qui peuvent nous être utiles pour la résolution du problème qui se déduit des données recueillies par d’Orbigny et Forbes (le racourcissement de l’humérus et du fémur comme un cas de corrélation de croissance occasionné par rallongement du tronc). Nous laisserons donc de côté toutes les mesures que l’on peut prendre dans la région dorsale.

Sans contredit aucun, le canon de Richer est vraiment artistique, puisqu’il a été formé pour servir de modèle dans le dessin, mais comme il a été fait d’accord avec le canon scientifique de M. Topinard, il suffit parfaitement pour le but que nous nous proposons. D’ailleurs comme le dit Richer lui même “le canon scientifique devait se faire forcément, car les “tendances actuelles poussent l’art dans la voie de la vérité et de la natu- “re, et par conséquent les mesures léguées seulement par la tradition artistique ne se répètent déjà plus sur le modèle.”1

847. Yoici les moyennes que nous avons obtenues de nos 50 mesures pour la taille en rapport avec la tête et avec les membres:

TAILLE. (1“ 700.) Moyennes.

Diamètre vertical de la tête, du sommet au niveau du menton 0.230 ,nm

Rapport de ce diamètre avec la taille 7.38 ,,

Diamètre bi-acromial 0.370 ,,

Brasse ou envergure 1.780 ,,

Différence avec la taille 0.080 ,,

Distance de l’acromion à l’olécrâne 0.353 ,,

Distance de l’olécrâne au poignet 0.262 ,,

Distance du poignet à l’extrémité du médius 0.180 ,,

Longueur du médius 0.100 ,,

Diamètre bi trochan térien 0.320 ,,

Différence avec le diamètre bi-acromial 0.050 ,,

Distance verticale du sommet du grand trochanter du fémur à la partie inférieure de la rotule 0.466 ,,

Distance verticale de la partie inférieure de la rotule à la plante du

pied 0.464 ,,

Du centre du malléole interne à la plante du pied 0.085 ,,

Longueur du pied 0.234 ,,

848. En appliquant ces chiffres an canon de Richer la comparaison sera facile.

Il n’est pas nécessaire de répéter ici ce que nous avons dit au sujet du rapport de la tête avec la taille et du diamètre bi-acromial: remarquons seulement que la moyenne de la différence entre la taille et l’envergure est presque égale à la différence que nous avons trouvée entre la moyenne indiquée pour la mesure du diamètre bi-acromial européen et celle du

1 Richer. Anatomie artistique, page 257.

PLANCHE No. 82

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