De 55 à
1076. Il sera d’un grand intérêt fixer la relation qui existe entre la fréquence du pouls et le rhythme des respirations. Nous ayons déjà vu dans quelques Planches (N.° 84) quelle est cette relation, et nous pourrons aussi consulter la Planche suivante (N.° 95).
En général cette relation est la même que celle qui est assignée par les physiologistes européens: 3 à 4 pulsations pour chaque mouvement respiratoire. Nous pouvons donc dire avec Jousset:1 “La relation entre les respirations et le pouls est toujours la même dans tous les pays.”
(b). Tension artérielle. Sphygmographie.
1077- Il est très difficile d’obtenir des données exactes sur le degré de tension du pouls par le moyen du sphygmographe, puisque la résistance opposée par les parois des vaisseaux à la vis de pression de l'instrument varie avec l’épaisseur du vaisseau, sans qu’il y ait pour cela une différence considérable dans la tension qu’offre le liquide à l’intérieur. Un vaisseau plus gros soulèvera aussi avec plus de force le levier inscripteur qu’un vaisseau d’un calibre plus réduit, et cependant la tension intravasculaire est dans l’un et dans l’autre presqn’égale. Tous les sphygmograplies n’indiquent qu’une mesure relative de la pression du sang artériel et des variations si rapides qu’elle présente à chaque instant.2 Cependant, malgré cette valeur relative des données fournies par cet instrument, il peut nous donner en maintes occasions des renseignements très précieux sur cette même tension, puisqu’il inscrit les variations d’après le changement que présente la consistance des vaisseaux, selon que la pression monte ou descend.3
1078. Nous avons fait usage de préférence dans nos expériences, de
1 Jousset. Op. cit. , page 186.
2 Marej. Op. cit., page 285.
3 Ibid. Op. cit., page 559.
deux spliygmographes; le spliygmo graphe direct et le sphygmo graphe de transmission, tous deux de Marey. Les tracés du premier sont sans aucun doute les plus précis; avec le second, la colonne élastique de l’air qui transmet le mouyement au tambour inscripteur amortit un peu le mouyement que reçoit le premier, et par conséquent la graphique perd de son amplitude; ou doit donner aux membranes de caoutchouc des deux tambours une tension faible et diminuer, autant que possible, le frottement du leyier sur le tambour.1
1079. La ligue montante est, en général, brusque et presque yerticale, comme on peut le yoir dans les N.os 1, 2, 3, 4, 9 et 10 de la Planche hf.° 94, dans le 17.° 2 de la Planche N.0 95 et dans les autres tracés des Planches 94 et 96. Cependant il y a d’autres tracés encore où la ligne est un peu oblique.
1080. L’élévation brusque do cette ligne garde une relation avec un changement violent de la pression artérielle, c’est-à-dire, avec la force d’impulsion du ventricule, qui jette le flot sanguin avec une plus grande rapidité et avec la tension moins forte des parois du vaisseau.
1081. En général nous avons observé que le sommet de la pulsation terminait eu pointe, comme il apparait dans le N.° 1 de la Planche 94, dans les N.os 1 et 2 de la Planche 95 et dans les Planches 84 et 96.
Mous pouvons interpréter cette forme aiguë comme effet d’une chiite soudaine de la pression; il en est ainsi parce que le flot sanguin n’emploie qu’un espace de temps très court pour traverser le point exploré du vaisseau. Cette forme de sommet terminant en pointe, s’observe d’ordinaire dans les tracés cardiographiques, comme on peut le voir dans le tracé M.° 2 de la Planche M.° 95. Les sommets arrondis comme ceux des M.os 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, de la Planche 94 correspondent au passage d’un flot plus considérable et nous ne les avons observés que chez des personnes de plus de 50 ans, chez qui l’élasticité du vaisseau commence à s’amoindrir; enfin nous n’avons rencontré les sommets aplatis que chez les individus avancés en âge. (M.° 11 de la Planche 94).
1082. Selon nos observations les lignes descendantes sont, en général très obliques, avec un dicrotisme très marqué; dans certaines occasions d’ailleurs très fréquentes, on y remarque un vrai polycrotisme. Cet aspect de la ligne descendante que l’on aperçoit dans plusieurs tracés que nous présentons, indique deux faits: une grande élasticité dans les parois du vaisseau qui réagit énergiquement, en même temps qu’une contraction brusque et exagéré du ventricule, qui rejette le sang aux artères avec une grande vélocité.2
En résumé; la tension artérielle est diminuée; l’impulsion du flot sanguin, bien qu’énergique cède vite et donne au pouls son caractère doux ; l’élasticité des tuniques artérielles est certainement exagérée.
1 Marey. Op. cit., page 284.
2 Ibid., page 564.
Planche 94.
Nous ayons yu aussi l’exagération de ces caractères à propos de plusieurs expériences que nous fîmes nous-mêmes pour démontrer l’inexactitude d’une autre affirmation du Dr. Jourdanet.
1083 L’auteur de l’anoxyhémie barométrique soutient qu’au Mexique il n’est pas possible d’administrer impunément des baius de pieds d’eau chaude, parce que par ce moyen l’anémie cérébrale augmente d’une manière inévitable (l’anémie cérébrale qui est le patrimoine léguée par l’anoxyhémie à tous les mexicains résidents dans l’Anahuac!); il se produit aussi des syncopes périlleuses, mortelles même qui obligent tous les médecins de Mexico à n’user que très rarement d’un agent thérapeutique d’une si grande simplicité ! ! !
1084 Pendant l’exercice de notre profession de médecin nous n’avons jamais observé une seule syncope mortelle comme conséquence d’un bain de pieds d’eau chaude; nous n’avons vu que de légères lipothymies, comme on les voit dans n’importe quel autre pays chez les personnes faibles; mais qu’on ne puisse donner un bain de pieds d’eau chaude ni un bain de siège à une personne qui parait jouir d’une bonne santé, par crainte d’une syncope mortelle et inévitable, comme l’affirme Jourdanet, voilà qui est faux et très faux.
1085 Pour présenter un plus graud nombre de faits, nous avons re-
couru à de simples expériences, une desquelles est représentée par le N.° 1 de la Planche 96. On peut voir les résultats avec maints détails dans le N.° 2 de la même Planche. Dans les deux colonnes de droite, on voit indiqués la température de l’eau marquée par le thermomètre au N.° 1 et le nombre des pulsations inscrites à chaque minute. La graphique est continue et spirale. Au premier tracé A correspondent 77 pulsations par minute, et dans les autres la fréquence du pouls varia, selon que la température de l’eau montait ou descendait; le signe *• indique le moment
où les pieds furent mis dans l’eau à 45° C.; cette température s’éleva bien vite à 53°, maximum supporté par l’individu en expérience, laquelle dura 14 minutes, sans qu’on observa la plus légère lipothymie.
1086. Dans le tracé N.°5 (colonne de la gauche), l’accélération du pouls atteint son maximum; le dicrotisme de la ligne descendante, de même que la pointe du sommet et la direction verticale de la ligne ascendante apparurerent plus distincts. Tous ces phénomènes sont en relation avec la baisse de la tension intravasculaire, à cause de l’énergie et de la dérivation prolongée à laquelle étaient soumis les vaisseaux des extrémités inférieures. Si on avait relevé ce tracé sur les vaisseaux de la jambe, on y aurait aussi vu que la ligne atteignait alors sa plus grande longueur ascendante, comme conséquence tout naturelle de l’augmentation du calibre des vaisseaux.
Avant de mettre fin à cette partie de notre travail, nous devons faire mention d’un fait de la plus haute importance, à savoir que la tension sau-
guine souffre une diminution au Mexique, et par conséquent que la quantité d’urine produite par un homme est moindre qu’en Europe.
1086 (a). On ne peut mettre eu doute l’importance de la solution complète du problème de la pression artérielle, de l’altitude et de la relation que gardent ces phénomènes avec la forme de la courbe du pouls; on devra par conséquent déterminer autant que possible la valeur de cette dimiuution. Nous avons dù recourir à tonte une série d’expériences pour nous mettre à même de donner nue vraie solution à ces différents points du problème; et s’il ne nous est pas permis de prétendre d’être arrivés à l’exacte solution qu’on pourrait désirer, nous aurons du moins l’avantage d’avoir commencé ce genre d’étnde et d’avoir inspiré de l’intérêt afin que les physiologistes et les pathologistes consacrent toute leur activité et leur constance à l’investigation de ce problème et d’autres très précieux qui n’attendent que la mise en œuvre des cerveaux privilégiés de nos savants dn plateau central, pour confondre les fantasmagories cinoxyhémiques de Jourdanet.
Dans la tension artérielle on distingue deux éléments qne Marey a désignés sons les noms de tension variable et de tension constante. La première de ces tensions n’est aiitre chose à proprement parler, que la tension cardiaque, dont l’énergie est naturellement en relation avec la vigueur spéciale du muscle; la seconde dépend de la rapidité on de la facilité plus ou moÿis grande qu’a le sang pour circuler dans les vaisseaux. “La première correspond à la partie de l’échelle manométrique qui s’étend dn 0 au minimum des oscillations; la pression variable est comprise entre le minimum et le maximum des oscillations.” (Marey). Le réseau capillaire périphérique oppose une certaine résistance au passage du sang qui afflue de l’arbre artériel; cet obstacle constant est la canse do l’existence continuelle dans les artères d’une certaine tension, qui mérite proprement le nom de tension vasculaire. Si les capillaires augmentent leur calibre, s’ils se dilatent sous l’influence d’une compression extérieure, à cause de la chaleur, de l’exercice musculaire, etc., l’obstacle qui s’oppose au glissement du sang dans les artères diminuera d’une manière relative, et le sang circulera avec plus de violence.
1086. (b). Si l’on a bien compris ce qui précède, on saura pourquoi, quand la tension vasculaire est moindre, la courbe du tracé spliygmographique apparait ¡dus haute, et la ligne ascendante, plus brusque et sein, blable à une verticale. En réalité le jet du flot sanguin n’est pas plus haut; mais, parce que la courbe descend davantage à cause de la plus grande dépressibilité du vaisseau, le mouvement ascendant commence aussi plus bas, et le trajet que doit parcourir le levier pour arriver de nouveau au maximum, est aussi plus long.
uLci force du pouls, en effet, n’ci pas de relation nécessaire avec la for-
Planche 95.
Planche 96 b.
Disposition de l’expérience pour enregistrer la pression dans les vases de la main.
C, coupe de l’appareil destiné à comprimer la main et l’avant-bras. — a, manchon de caoutchouc invaginé dans la boîte. — b, manchon de taffetas pour supprimer l’élasticité du caoutchouc. — A, traverse empoignée par la main.
ce que le cœur emploie pour lancer ses flots aux artères, mais elle dépend DE L’EXCÈS DE FORCE QUE LE CŒUR EXERCE SUR LA PRESSION DU SANO ARTÉRIEL.” 1
Pour confirmer cette loi cl’uue manière expérimentale, nous ayons fait les essais suivants: l.° Nous avons pris les graphiques du pouls à la pression normale de Mexico et à une pression qiii correspond à une altitude de 5300 mètres, (hauteur du sommet du Popocatepetl); à la pression moyenne de Paris ( 758mm) ; à la moitié d’une atmosphère de pression sur celle du niveau de la mer. 2.° Nous avons mesuré la valeur absolue de la tension aux mêmes pressions où l’on avait pris les graphiques du pouls; ainsi nous nous sommes assurés: l.°, si les modifications de la courbe sous l’influence d’une pression plus forte, sont réellement les mêmes que nous avons cru rencontrer, et si elles sont les mêmes que celles que Marey a observées en diminuant la tension artérielle par d’autres moyens; 2.°, s’il y a modification en sens contraire, quand la pression ambiante est égale à celle de Paris; nous obtenons ainsi un pouls qui a tous les caractères du pouls normal européen; 3.°, si ces modifications correspondent à une diminution de la tension sanguine dans des atmosphères raréfiées, ou à une augmentation dans des atmosphères comprimées. Ajoutons la mesure de la tension artérielle absolue que nous avons prise dans un nombre suffisant d’observations, pour obtenir une moyenne approximative, et nous aurons rempli les conditions du plan que nous avons suivi dans nos expériences.
Les sphygmograph.es qui nous ont servi sont ceux que nous avons indiqués, nous en omettons la description, puisqu’ils sont bien connus de tous les médecins. Nous nous contenterons de rappeler que celui de transmission, ne donne pas les détails avec autant de netteté que le direct, mais l’avantage qu’il a de pouvoir rester en un même endroit d’une manière plus commode que l’autre, dans n’importe quelle posture du bras et pendant tout le temps qu’on veut, nous en a fait préférer l’usage, et nous avons obtenu de bons résultats. Par son moyen, on obtient des tracés continus et plus longs qu’avec le direct, sur le cylindre du polygraphe.
De plus, bieu que nous mettions le plus grand soin à placer le sphygmographe à chaque instant et au même endroit exactement, et à ne pas varier la pression du compresseur, si ce n’est l’indispensable pour obtenir le maximum d’amplitude dans les oscillations du levier, ou pourrait cependant nous objecter que la variation en amplitude de ces oscillations était dùe à l’application distincte de l’instrument dans chacun des cas et à la pression plus ou moins grande exercée sur l’artère. Nous répondons que le spliygmographe de transmission resta toujours au même endroit et qu’on n’altera eu rien la pression du bouton pendant tout le temps de l’ex-
1 Marey. Op. cit. , page 568.
périence; nous pûmes ainsi obtenir des graphiques à des pressions d’air échelonnées de mil en mil mètres d’altitude. Si les deux instruments nous fournissaient les mêmes indications, nul doute que le résultat devait avoir une grande valeur. Nous n’avons pas en à nous repentir d’avoir procédé ainsi.
1086 (c). Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs les résultats qu’ils pourront parfaitement lire dans les figures que nous présentons: leur clarté nous dispense d’en faire le commentaire. (Planches 90 bis, 94 et 95). Nous ajouterons que les individus qui furent les sujets de nos expériences jouissaient d’une santé excellente; ils étaient bien constitués, leur âge n’était pas trop avancé; enfin, leur état était irréprochable. Nous n’eûmes pas à déplorer le moindre accident pendant tout le temps des observations. Nous pouvons donc déduire, assurés de ne pas nous tromper, que les modifications indiquées sont dûes aux changements de la pression de l’atmosphère ambiante.
Nous pouvons aussi déterminer la relation qu’ont ces modifications avec la tension vasculaire.
Marey, afin de produire la dilatation des capillaires et diminuer ainsi la tension intravasculaire, dut recourir à divers expédients: application de vêtements de plus en plus chauds, ingestion de boissons chaudes, gymnastique chez l’homme, exercice obligatoire chez les animaux, repos absolu au lit, en établissant des comparaisons avec l’activité ordinaire. Nous présentons quelques unes des graphiques levées par cet illustre expérimentateur; il suffit de jeter un coup d’œil sur elles, pour voir de suite la conformité exacte de ces phénomènes avec ceux que nous avons observés, en variant la pression dans l’atmosphère.
Pour déterminer la valeur absolue de la tension artérielle, nous avons fait usage du même instrument employé par Marey (Planche 96 b.) Le cylindre P, en verre et d’armure métalique reçoit la main et une partie de l’avant-bras qui reste entouré au niveau de l’ouverture d’entrée d’une double manche de gomme élastique et de drap; la première sert û fermer hermétiquement, la seconde empêche, quand la pression augmente û l’intérieur de l’instrument, que la première se dilate d’une manière démesurée, en faisant hernie entre l’instrument et le bras, qu’elle change de place ou qu’elle éclate. La main saisit la traverse A, fixée à l’intérieur du cylindre. Il y a trois clefs: la supérieure, qui sert à ménager une sortie û l’air de la boîte, quand on y introduit la main et à la remplir avec l’eau qui doit entourer le membre; des deux autres, l’une établit la communication avec le récipient R, et l’autre avec les manomètres il/, manomètre élastique inscripteur de Marey, et m, manomètre capillaire du même auteur, qui indique en centimètres do mercure la pression à l’interieur de la boîte et autour du bras.
Depuis la superficie du mercure du récipient du manomêtro m jusqu’au
Planche 96,
Tracé sphygmographique de l’artère radiale, pris avant et après l’application d’un pédiluve d’eau chaude à 530
L’expérience est représentée dans la fig. 1
récipient R, l'instrument doit être totalement rempli d’eau autour du bras, de manière qu’il n’y ait aucune bulle d’air à l’intérieur; pour les en expulser, on se sert des clefs E.E.E. Les changements de volume de la main par suite du flux et du reflux du sang, sont indiqués par le va-et- vient de toute la masse liquide qui remplit l’instrument; ce va-et-vient est déterminé par les ondulations de la colonne mercuriale du manomètre m, par celles de l’eau qui est sur la capsule métallique et élastique du manomètre M et par les oscillations du levier du tambour inscripteur T.
On gradue la pression b l’intérieur des instruments d’après la hauteur du récipient d’eau R; on peut obtenir ainsi uue mesure qui parte depuis au-dessous de 0 jusqu’à 24 centimètres de mercure et même davantage.
Comme nous ne prétendions pas seulement faire nos expériences à la pression normale, mais aussi à différents pressions à l’intérieur des chambres pneumatiques, qui n’ont pas la hauteur suffisante pour faire monter le récipient R à la hauteur voulue, nous eximes recours à un moyen fort simple, que nous ne hésitons pas à recommander à tous ceux qui devront faire des expériences dans de semblables conditions: on n’a qu’à placer la pompe de mercure d’Alvergniat dans le trajet du tube S, entre le récipient et la boîte cylindrique P. De cette manière le récipient R est réduit à un simple jet d’eau qui sert à remplir les différentes parties de l’instrument; la compression et la décompression se font alors par le moyen de la pompe de mercure, dont la clef à trois ouvertures sert admirablement à varier la communication entre le récipient, la pompe et le pléthysmographe. Ainsi les manipulations deviennent plus faciles, et surtout, on peut opérer parfaitement bien à l’intérieur de la chambre.
Au commencement de l’expérience on évite toute pression en abaissant le récipient jusqu’à ce que la colonne du manomètre marque 0: c’est alors qu’on relève le premier tracé. On fait monter le récipient R ou bien celui de la pompe d’Alvergniat, jusqu’à obtenir un ou deux centimètres de compression; on ouvre la clef pneumatique L du tube de transmission, pour faire sortir l’air comprimé du tube qui nuirait à l’exactitude de la graphique, si l’on n’avait soin de le faire passer au dehors; on prend alors le second tracé. On va ainsi en augmentant progressivement la compression de deux à deux centimètres, en relevant les tracés respectifs.
LOSG (d). En opérant de cette manière, on doit observer ce qui suit: les premiers tracés présentent des ondulations peu marquées mais qui deviennent de plus en plus hautes à mesure que la compression augmente; on arrive ainsi à un maximum, après lequel les ondulations commencent à décroître jusqu’à ce que la pulsation disparaisse complètement: alors le tracé est réduit à une ligne droite; on peut arriver aussi à un minimum, au delà duquel on ne passe pas. Le minimum et le maximum des ondulations sont les termes qui servent précisément à établir la comparaison.
Yoici l’explication de l’augmentation que l’on note au commencement
et de l’anéantissement progressif qui vient ensuite: à la pression normale, l’élasticité propre de tons les tissus qni environnent les vaisseaux ainsi que la pression atmosphérique exercent une certaine compression qui s’oppose à la libre transmission du mouvement expansif de ces mêmes vaisseaux; cette pression extérieure fait donc équilibre à l’impulsion du sang, et le changement de volume est imperceptible. Quand on augmente la compression extérieure, les tissus périphériques qui entourent les vaisseaux, deviennent plus compactes et perdent en partie leur élasticité; alors les flots de sang circulent plus facilement; mais il arrive un moment où la compression commence à faire sentir aussi ses effets sur les parois des vaisseaux et en rétrécit le calibre; dans ces circonstances l’ondulation devient de plus en plus petite, jusqu’à disparaître quand les vaisseaux s’aplatissent complètement; mais l’instrument ne produit pas toujours ce résultat. “Il arrive quelquefois que la contre-pression, bien qu’on la fasse monter jusqu’à 28 et même 30 centimètres de mercure, n’arrive pas à faire cesser les ondulations, quand bien même ces chiffres sont réellement supérieurs à la pression réelle. Cela provient de ce que l’élasticité qui s’opposait auparavant à la parfaite transmission du mouvement, s’oppose aussi à une constriction plus grande des artères; ce phénomène dépend aussi peutêtre des mouvements imprimés à tout l’instrument par la pulsation des tissus qui ne sont pas immergés dans le liquide. Et si ce procédé ne nous donne pas le maximum de la tension artérielle, il indique cependant le moment où la pression intérieure du vaisseau, transmise à son maximum d’énergie par le milieu des tissus périphériques, s’équilibre avec la pression extérieure de l’eau, alors que les oscillations arrivent à leur maximum d’amplitude.” (Beaunis).
Par le moyeu de l’installation que nous venons de décrire, nous avons obtenu les tracés suivants, qui prouvent d’une manière évidente, à notre avis, que la tension vasculaire sanguine se déprime sous l’influence de la raréfaction atmosphérique, et qu’elle s’élève dans l’air comprimé.
1086. (e). Quand on examine ces graphiques, on observe aussitôt que tandis que la pression de l’air est moindre, les ondulations sont mieux marquées depuis le commencement jusqu’à 0, et qu’elles arrivent plus tôt à leur maximum. C’est ce qu’indiquent, en effet, les tracés de la Planche N.0 12; tandis qu’à la pression normale de Mexico le dicrotisme est peu marqué, à la pression de 5300 mètres il devient plus apparent et il est très bien marqué. On observe le phénomène inverse dans la Planche N.° 13; la ligne 0, la plus ondulée est celle que nous avons relevée à la pression de Mexico; et la moins ondulée, celle que nous avons prise à une demiatmosphère sur la pression au niveau de la mer.
Le maximum des ondulations, phénomène le plus important de tons, comme nous l’avons déjà dit, a suivi une marche pareille à l’antérieure, ce que nous allons démontrer de suite.
Pression ambiante.
Pression où l’on observa
(En mètres d’altitude). 1
le maximum des ondulations.
2,268 (altitude de Mexico). . .
78 (altitude de Paris)
„ io
A une demi-atmosphère
Nous pouvons faire les mêmes observations au sujet du minimum oscilations.
Pression ambiante.
Minimum des
oscilations.
5,300 mètres
A une demi-atmosphère
Nous avons refait ces expériences à plusieurs reprises, et nous avons toujours obtenu les mêmes résultats; nous avons eu même la satisfaction d’en faire quelques nues en présence de M. le Dr. Altamirano et de presque tous les élèves de la classe c(e thérapeutique de l’École de Médecine. Le champ de nos observations a toujours été le même: l’Institut National de Médecine, où nous avons installé actuellement nos chambres à air raréfié et comprimé.
Comme le confinement dans la cloche pneumatique et surtout dans l’air comprimé, amenait nécessairement une élévation de température à l’intérieur de l’instrument (cause d’erreur, comme l’a démontré Marey, pour ce qui regarde l’action de la chaleur sur la tension sanguine et sur la forme du pouls), nous avons refroidi l’atmosphère de la chambre, do manière à ce que le sujet et l’observateur eussent toujours une température constante de 20° C. En outre on fit en sorte que le sujet observé fût dans le plus grand repos possible.
Nous croyons avoir démontré que la décompression atmosphérique produit nécessairement la diminution de la tension vasculaire du sang, do même que la compression produit un phénomène inverse. Nous croyons avoir démontré également la relation intime qui existe entre ces modifications do la tension et celles qu’on observe dans le rhythme du pouls et dans la forme du tracé sphygmographique.
1086 (f). Il nous reste ù fixer la moyenne de cette tension chez l’homme normal ù Mexico; le nombre de nos observations est encore bien petit; mais nous le croyons déjà suffisant pour en tirer quelques conclusions importantes. Yoici les résultats obtenus, par ordre chronologique:
1 Nous avons préféré l’emploi des mètres dans tous ces cas, pour plus de clarté et surtout pour éviter les calculs.
OBSERVATIONS
Numéro
Maximum.
Minimum.
d’ordre.
cent.
cent.
Planche 96 1er.
TABLEAU DES OBSERVATIONS FAITES AU LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE DE L’INSTITUT NATIONAL DE MÉDECINE.
NOMS
Numéro d ordre
Heure de l’observât.
AGE
POIDS
Taille
Capacité
respiratoire.
Nombre de respirations par minute
Nombre de pulsations par minute
Tension sanguine.
Maximum de l’amplitude des ondulations
Minimum de l’amplitude des ondulations
Centimètres
Centimètres
Dr. D. Vergara Lope . . .
José G. Garcia
Gabriel Salazar
Eduardo Garza
Rafael Garza Campos . . .
Jesús M. Campos
Rodrigo C. Guliérrez. . .
Lucas Rena vides
Andrés Vil lareal
Carlos Barajas
Nicolás Mai línez
Luis Buhot
Benito Picaza
Amador Zafra
Anastasio Castillo
Ignacio G. Martínez. . . .
José Garza Ca bazos
José R. Ramírez
Margar i lo Montemayor. .
Manuel Leal
Adrián Maya * . . .
Enrique de León
Dr. Edelmiro Rangel . . .
Trinidad Flores
Juan Alvarez
Manuel Zenteno
Juan Estapa
Silvestre de la Rosa. . . .
Refugio Ponce de León.
Enrique Flores
Antonio R. del Castillo. .
Juan L. Carmona
Jesús Vey lia
Miguel Blásquez
Francisco H. Bello
Manuel Nájera
Gabriel Solís
Jesús Ramos
Aureliano Peña
Cárlos Duprat
José Peña
Alfredo Auslin
Gastón Puchot
1). Espinosa
Antonio Martínez
Fructuoso Martínez
José Pérez
Francisco Ochoa
Manuel I. Rodríguez
Federico Martínez
Moyenne générale. . .
D’après le Dr. Eduardo Garza González en México. Tesis. México, 1897.
. Contribución al estudio de la tensión sanguínea
Pour ce qui regarde les caractères généraux des tracés ils se sont modifiés par effet do la raréfaction.
Les différences sautent aux yeux quand on compare le tracé type de Marey et celui que nous donnons nous-mêmes.
L’ondulation à 0 centimètre est vraiment notable; il n’y a alors d’autre pression sur le bras que la normale; cette ondulation est presque droite dans les tracés de Marey. Nous avons vu apparaître d’ordinaire le maximum à 6 centimètres, tandis que Marey dit qu’il est plus fréquent à 10 centimètres.
Enfin, le plus souvent nous avons vu que le minimum oscille entre 14 et 16 centimètres, alors que pour Marey il varie entre 19 et 20 centimètres.
Nous adoptons comme moyenne à Mexico le chiffre 15, et pour Paris le chiffre 19:
Moyenne de la tension à Paris 19
,, ,, ,, à Mexico 15
Pression atmosphérique à Paris 75
,, ,, à Mexico 58
Eu divisant pour chercher la relation, nous avons:
Comme on le voit, bien petite est la différence; et il est probable que si nous augmentions le nombre de nos expériences, nous arriverions à une moyenne qui soit presque exactement proportionnelle aux pressions. Cela nous suffit maintenant pour pouvoir établir une loi, qu’on aurait pu certainement deviner en se fondant seulement sur les lois physiques de l’univers:
Quand certaines conditions sont égales , la tension vasculaire est en raison directe de la pression barométrique.
Nous allons démontrer avec quelques exemples l’importance des nombreuses déductions qu’on peut tirer do cette étude, aussi bien pour la physiologie que pour la clinique et la thérapentique.
1086 (g). Le Dr. Altamirano formula la question suivante: ce sang qui circule dans les capillaires avec moins de pression, fournira-t-il aussi une nutrition moins abondante aux tissus? En résultera-t-il une certaine propension à la gangrène? Nous demandons aussi: cette tension moindre pourra-t-elle contribuer comme cause prédisposante à l’emphysème pulmonaire,qui est plus fréquente sur les hauteurs que dans les régions basses? Une des modifications que nous avons vues dans le tracé du pléthysmographe à Mexico, nous porte à croire que tout est compensé.
Si nous comparons les tracés que nous avons obtenus avec ceux de Marey, nous voyous que quand il n’y a aucune pression h l’intérieur de l’instrument, les tracés acquièrent une hauteur beacoup plus grande; on
; jvn kj\j\ivkmva. \
j ,i jVjvJv¡VKJvN,V'K
Fig. t. — Graphiques du pouls normal chez quelques individus de 1 que l'ascension rapide de la première ligne, les sommets assez aigus crotisme très accentué correspondent à une faible tension artérielle.
Pression normale de Mexico
Sph ygtnoyraphe à transmission
Pression deMarièo
nà pspt/r minute
\r ljvJVA-JUV
jjvjvjv.i^rvjvjvr.
/ cession 0 ?0 Omet '
/ tlOji'/oi/ m mule
A lanressio
i« normale de Mexico
HO p? pur minute
A fupreyÿiu
1 n nórmalo do Paris
fl fi p v/j tir n 1 in u 1 0
Fig. 3. — Expériences faites dans la chambre pneumatique. sphygmographe direct de Marey. ( l et 3 1, et de celui 4 transmi
A. A. A. à la pression normale de Mexico.
B. B. 4 la pression de 5,300 mètres d'altitude.