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Cherchons dans la personnalité morale du Van Gogh que nous connaissons bien, la trace ou le reflet de cet apostolat, qui cu : près de deux ans. Dans la véhémence que traduisent les toiles d'Arles et d'Auvers- “1
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sur-Oise, Mevyer-Graefe, reconnaît la passion d’un homme « qui, toute sa vie durant, 4 ne connut rien de meilleur que de se don- ‘is et. cu | a Alors qu’il est tout à son effort d'artiste, , l’ancien évangéliste né cesse de prêcher la bonne parole. À chaque instant, dans les … lettres à Emile Bernard, il exalte l’idée . d’une collaboration des peintres, de l’en- . tr'aide, d’une chaude fraternité dans l’ac- . complissement d’une grande œuvre esthé- É tique collective.
Malgré l’audacieuse nue de son l art, il témoigne à chaque instant d’un rare . éclectisme dans la façon dont il juge un Fantin-Latour, un Ziem, un Maris ou … Mauve, son premier maître, tous si éloignés delui.Ila horreur du sectarisme.
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«Les tableaux nécessaires, dit-il, indispensables 0 pour que la puissance actuelle soit entièrement Pan elle et monte à une hauteur équivalente aux cimes sereines qu'atteignirent les sculpteurs grecs, les
musiciens allemands, les écrivains de romans français, dépassent la puissance d'un individu
et ils seront créés probablement par des troupes
d'hommes se combinant pour exécuter une œuvre M commune. » TREN | 4
À chaque instant, il revient à son idée M d’une association, d’une sorte de coopé- 1 rative de production des artistes d'avant- 4 garde qu'il appelle pittoresquement « 167% Lu petit boulevard ». Il veut créer des ateliers dans le Nord et le Midi, emploie toute son éloquence à persuader Gauguin de ci 4 grandeur de l'effort en commun. Colla- À borer! Lutter contre l'égoïsme de son 1 temps : il y a, remarque fort justement À Meyer-Graefe, dans cette préoccupation constante de Van Gogh, une formule de !
socialisme supérieur, Son mysticisme se} retrouve dans son art: 1l n’est pas loin d’avoir formulé une sorte de mystique des. | couleurs. Dans ses lettres, que de briques
si
litanies à la louange du jaune! 1 « J'ai fait peindre en jaune la petite maison que j'habite, écrit-il d'Arles à Emile Bernard, parce que je veux que ce soit pour chacun 0 l
maison de la Lumière.» LANDIS À
Quant à ses opinions d'artiste sur la.
Bible, elles sont du plus haut prix,
LA RÉVOLTE
«Tu fais très bien de lire la Bible, écrit-il à Emile Bernard. Involontairement, en lisant les citations multiples de Moïse, de Saint-Luc, tiens, | me dis-je, il ne lui manquait plus que cela, ça y est maintenant en plein... la névrose artistique; car l'étude du Christ la donne inévitablement, 4 surtout dans mon cas où c’est compliqué parle | 1908 pos de pipes innombrables. » de
Voilà qui est un peu irrévérencieux pour
… un ancien missionnaire, Il n'aime guère
4 iacien Testament.
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«4 Mais la consolation de cette Bible si attris- PAL - tante qui soulève notre désespoir et notre admi- ji + ration — nous navre pour tout de bon, tout outré - par sa petitesse et sa folie contagieuse — la con- … solation qu’elle contient, comme un noyau dans une écorce dure, une pulpe amère, c’est le Christ. » 0
… Cependant il ne comprend pas les ar- 4 tistes qui peignent encore à notre époque ‘0 … des annonciations ou des mises au tombeau,
D. « Ah ! il est sans doute sage, juste, d'être ému par la Bible, s'écrie-t-il; mais la réalité moderne atellement prise sur nous que, même en cherchant ÿ ks abstraitement à reconstituer les jours anciens ‘à dans notre pensée, les petits événements de notre ji
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vie nous arrachent à ce moment même à ces
rhéditations, et nos sensations proportionnelles, et nos aventures propres nous rejettent de force dans les sensations personnelles, j joie, ennui, souffrance, colère ou sourire.
« La Bible ! La Bible ! Millet, dès son enfance était éduqué là-dedans, ne faisait que lire ce livre- {à ! Et pourtant jamais, ou presque jamais, il ne fit de tableaux bibliques. »
Voyons maintenant quelle influence cette étrange période boraine de la vie de Van Gogh eut sur le développement de sa personnalité d'artiste. On peut dire que c'est alors que celle-ci se précisa. Il le confirme lui-même dans une lettre écrite de La
Haye le 15 août 1882 et qu'a publiée la
revue Van Nu en Straks (n° 3, 1896) :
« Il y a maintenant environ deux ans que j'ai commencé à dessiner au Borinage. )
Je ne sache pas qu'on ait conservé ns
coup de ses œuvres de début. Mme veuve
Théodore Van Gogh nous assura naguère qu'on a perdu la trace des dessins qu'a faits à cette époque son beau-frère. Ce que
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