PREMIÈRE PARTIE. — HISTOIRE EXTERNE
munaux ou anti-communaux. D'une part, lors des campagnes de Flandre de 1296 à 1316 1-^. puis encore en 1318 3,
1. Poior la période des guerres de Philippe le Bel, d'une façon générale, voj'. § 6, 3"*. Le premier agent établi le fut le 28 août 1296 (Voy. Funck- Brentano, 185 et n. 2), mais sans titre spécial ; cependant, le 9 janvier 1297, Gui écrit à Philippe : vous avez mis semblables gardiens... en vo vile de Doay ' (Kervyn de Lettenliove. Hist., II, 562-563). Le 11 janvier 1300, « le chevalier Le Brtm de Brunemberc est indiqué conune « gardien de le vile de Douai » (Funck-Brentano, 334 et n. 5) ; le 26 sept. 1304, t h roys envoia un chevaher,... Mgr Bauduin de Lonwes,... pour estre warde de le vile » (Chron. artés., 93) ; le 24 mars 1306, k fu... otriiet des eschevins, . . . par le gret... de Mgi- B. de Louweis, chevaher. adont capitaine de le v. de D. de par le roy » (Arch. cotnm. ; registre AA 94, fol. 39) ; Philippe le Bel, écrivant le 10 octobre 1306 au même personnage, s'adi-esse « mihti nostro,... gardiatori ville Duacensis », et, dans son \-idimus des lettres royales, du 17 nov., B. de Loncvves s'intitule « chevaUers, capitaine de D. i (Van den Bergh, Gedenkst. tôt opheld. der nederl. Geschiedenis, I, n" 62) ; le 4 oct. 1307. Phihppe le Bel, dans un mandement, l'indique encore comme n capitaneus Duacensis » (Limburg-Stirum, Codex Diplomaticus, II, n° 216) ; le 19 avril 1308, il vidime des lettres du roi en quahté de « gouvreneres « (Picot, Documente, n° 873) ; le 26 avr. 1309. le roi envoie un mandement « gubernatori Duacensi (Mirœus et Foppens, Opcra Diplom., III, 154) ; le 13 juillet. .< B. de L., chevaliers, gouvTeneiu' de [par] notre seigneur le roy de se v. de D. >, vidime des letti-es royales {Arch. départ, du Nord, B 1568 (8^ cartul. de Flandre), pièce 318) ; le 6 nov., le roi écrit < gardiatori seu custodi nostre ville Duacensis » (Hautcœur, Cartul. de Vabbaye de Flines, II, n° 378) ; le 15 déc, « gubernatori Duacensi > {Arch. départ, du Nord : fonds de Saint-Amé, carton 6) ; le 30 mars 1310, B. de L., dans un \'idimu8 des lettres précédentes du 6 nov., s'intitule « gouvreneres et garde de par le roy des baiUies de Lille, de Douay et de Béthune » (Hautcœur, II, n" 381) ; le 26 janv. 1313, le roi s'adresse à « Ph. de Galardo [« maistres de ses arbalestriers et capitaine es parties de Flandres •], gardiatori D. >> (P.J. 954) ; le 23 avr.. au même (2 pièces; Arch. conim., lay. 149) ; le 27 nov., « B. de L., gouverneres de par no seignem- le roy de se v. de D. », écrit une lettre ( Nord: fonds de l'Abbaye des Près de D., carton 5) ; le 24 mai 1315, le roi le mentionne encore comme « gubernator ville D. » (Nord : Saint-Amé, carton 7) ; de même, le 24 oct. (Devillers, Monum... des prov. de Namur, III, n° 459) ; le 20 nov. 1316, après sa mort, un arrêt du Parlement le cite en tant que « gardiator D. » (Olim, III2, 1056 ; Boutaric, Actes du Parlement, II, n» 4486) ; enfin, une pièce sans date, mais probablement de 1312-1313, l'indique conune « gouvreneur de la v. > (P.J. 959).
2. Sur les •< gardes ) qui précédèrent les guerres de Flandre, voy. un intéressant passage déjà cité de Kern, Die... Ausdehnungspolitik, 165.
3. P.J. 980-981. A ce moment, les hostilités sont continuelles sur la frontière (Pirenne, Histoire, I, 424). On remarquera, conune nous le disons ci-après dans le texte, que les seigneurs de « Voyzieres •' ou « Waziers » étaient ceux d'un petit village situé aux portes de Douai, avec lesquels la ville eut parfois des démêlés au sujet des limites de l'échevinage et qui prétendait même plutôt relever du Hainaut, c'est-à-dire de l'Empire (voy. plus haut 49, n. 4).
et peiitlaiit la guerre de Cent ans en 1342, 1347 et 1349 ^, le roi nomme un « garde », « capitaine )> ou (( gouverneur » de la ville, et aux deux dernières dates, un « châtelain du casirmn ». En particulier, en 1310, l'officier est peut-être gouverneur du souverain bailliage de Lille et de Douai ; au début de 1313, il est certainement « li maistres des arbalestriers du roi et capitaine es parties de Flandres », et, en 1318, les actes de nomination de l'agent, un seigneur d'un petit village tout voisin de Douai, l'établissent « pour la garde et la défense de la ville » et (( mandent especialment » au Magistrat de lui « obéir en toutes choses diligemment ». En effet, ces officiers sont mentionnés sous Philippe le Bel dans les affaires les plus diverses, concernant non seulement Douai, mais quelquefois la région. En général, d'après leurs titres personnels autant que par le moment de leur apparition, ils durent avoir, à priori, une origine essentiellement militaire et au besoin ils remplirent une fonction territoriale. Leur provenance, leur action, la soumission de la ville feraient croire que, lors de leur venue, toujours anormale, amenée par des circonstances extérieures graves, la ville passait plus ou moins complètement sous leur dépendance, et surtout aux époques troublées de Philippe le Bel, ce serait là une situation très admissible. Quoi qu'il en soit, sans que Ton puisse préciser davantage, la seule existence de ces fonctionnaires nouveaux montre que, depuis les guerres franco-flamandes, le bailli local, bien qu'il eut des fonctions militaires, paraissait ne plus suffire toujours. On peut admettre que la puissance souveraine tenait à avoir un représentant extraordinaire émanant expressément d'elle, absolument direct et s'imposant ainsi plus aisément et plus complètement au pouvoir local. La tendance est sans doute nouvelle et c'est à ce titre que ces nominations ont de l'intérêt et de l'importance.
Plus significatives encore sont celles qui se faisaient au moment de la suppression de la commune. A vrai dire, du
1. Viard, Lettres d'Etat, n" 188, et du même, Les Journaux du Trcsor de Philippe VI, 153-154 et 221 ; même ignorance à leur sujet.