En général, Finances, 156 ss
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future autorité féodale, qui ne pouvait toujours que posséder un caractère public au moins assez accentué : Tune avait à compter avec Tautre et à lui être soumise pour la justice comme pour la fiscalité. Mais tout à la fois, les agents de l'autorité souveraine se féoclalisant de plus en plus, c'est-à-dire perdant l'appui de la puissance publique comme leur caractère d'intérêt général, alors que de son côté ne cessait de grandir le pouvoir urbain, celui-ci ne devait que chercher graduellement à accomplir une émancipation nécessaire. Deux étapes semblaient être à franchir, puisque les droits publico-féodaux comprenaient deux parties, l'une juridique, l'autre économique. La ville arriva sans doute d'abord à posséder la puissance judiciaire, en d'autres termes à obtenir que tout fût soumis à son contrôle et que rien ne fût fait ou modifié sans son consentement exprès, avantage évidemment essentiel, puisqu'il permettait d'empêcher tout acte nouveau contraire à l'intérêt urbain, mais de portée relative, puisque la situation existante, d'ordre réel, n'en subsistait pas moins et que la partie pécuniaire correspondante continuait à échapper au nouvel acquéreur. Un second but restait donc à atteindre : le rachat de toutes ces droitures, quelles que fussent leur origine et leur application. Mais, à cet égard, la commune dut s'arrêter, momentanément au moins, car même eji l'absence de renseignements documentaires certains, elle ne semble pas être jamais parvenue avant le xiii^ siècle à acquérir complètement une partie quelconque des droits féodaux ^, et cependant elle n'avait pu que s'y essaj-er. Il est d'ailleurs très difficile de préciser ou même de conjecturer pour quel motif la ville put réussir du premier côté et échoua pour le second. Tenait-elle davantage à la justice qu'à l'argent et, tout au contraire, les seigneurs féodaux se souciaient-ils beaucoup moins « du droit » que « des droits » ? ce serait peut-être l'hypothèse la plus probable, bien qu'on n'en puisse donner de preuves bien nettes. Quoi qu'il en soit, économiquement la ville restait
I. Au xiie s., le châtelain dut vendre une partie du tonlieu, sinon à la ville, au moins à des boiu-geois (Finances, 212 et P. J. 3),