PREMIÈRE PARTIE. — HISTOIRE EXTERNE
chaque année la jouissance, aux fêtes de Saint- Amé et de Saint-Pierre-ès-Liens, d'une sorte de foire, à l'occasion de laquelle le tonlieu urbain leur revenait i. La première, qui avait reçu ce droit d'Arnoul le Jeune ^, le garda, mais l'autre le vendit à la ville en 1251 ^. Enfin, l'histoire spécialement commerciale et industrielle ne présente guère qu'un seul fait, qui se passa en 1220 entre Saint-Amé et des bourgeois *. Ces derniers, teinturiers de leur métier, avaient une « usine » sur une dérivation de la Scarpe, alors qu'en aval se trouvait un moulin canonial. Les résidus du premier étabHssement gênaient le fonctionnement du dernier et les chapelains firent réclamer aux teinturiers, par devant l'ofïicial d'Arras, 20 Ib. de dommages et intérêts, demandant aussi l'interdiction de continuer à jeter des détritus dans le petit canal. Les bourgeois répondirent avec un mépris superbe qu'ils a avaient le droit d'agir à leur volonté au sujet de la rivière, que cela soit à la collégiale à dommage ou non, et qu'ils n'amenderaient que ce que les échevins leur ordomieraient ou ce qui leur plairait à eux-mêmes ». Le tribunal ecclésiastique débouta les chanoines de leur demande pécuniaire, mais intima aux temturiers l'ordre de cesser leurs pratiques et les condanma aux frais. On ignore la fin de l'affaire, quoiqu'il soit probable que les industriels aient dû céder. Mais ce petit incident, sans en exagérer la portée, montre avec une évidence parfaite les sentiments dont des bourgeois, si pénétrés de rehgion fussentils en général, étaient animés, dans le côté purement laïque de leur vie, à l'égard des membres de l'Eglise, considérés également en dehors de leur caractère religieux et uniquement, dirait-on presque, comme « hommes d'affaires » : on constate clairement une opposition extrême entre l'état des esprits de deux sociétés, dont l'une vivait sur sa force passée