Voy. plus loin le
3. Voy. l'éloge du patrioiat d^ns Pirenne, fiist., I, 369, et Les Démocraties, chap. y,
DEUXlÈMii PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE 22 i
et le comnierce du drap, mais ils les augmentaient encore par la banque, on n'ose pas dire par l'usure, locale ou extérieure, par des multiplicités de prêts d" argent modiques à leurs concitoyens, ainsi que par des avances plus importantes aux seigneurs féodaux ou ecclésiastiques de toute la région desplaines, sans oublier le comte de Flandre en personne ^ ; enfin, les gains que procuraient leurs entreprises, ils les « plaçaient » en des achats de biens immobiliers, maisons, rentes ou terres, dans la ville, l'échevinage ou les environs ^ : les acquéreurs participaient ainsi à l'économie naturelle comme pécuniaire. Il faut donc bien se représenter ce qu'étaient ces patriciens qui, viagèrement. sinon héréditairement, gouvernaient leur cité, une des cinq bonnes villes de Flandre et aussi une des premières métropoles économiques de l'époque, qui. par ce double motif, à côté de leurs nombreuses et importantes tâches publiques, avaient des occupations privées non moins variées et absorbantes, sur place engagés' dans des questions multiples, au dehors, sans cesse en courses de l'Ecosse à la Champagne, dominant politiquement leur communauté et y disposant économiquement chacun peut-être de la A^ie de plus d'une centaine de travailleurs locaux, comme maîtres par l'argent des destinées du dernier de leurs concitoyens, aussi bien presque que de celle de leur seigneur souverain. De leurs entreprises, d'amplitude croissante, les unes avaient fait des environs de Douai, grâce à des acquisitions de terres, une sorte d'extension dernière de la ville, les autres, si leurs chefs avaient rendu la cité qu'ils dirigeaient presque libre juridiquement des autorités publiques et féodales, leur avaient lié personnellement les représentants de ces mêmes pouvoirs par des avances d'argent, et d'autres enfin avaient mis l'agglo-