‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 209 sur 997 · Registres AA 89-93 ; voy. plus loin · texte numérisé non relu

Registres AA 89-93 ; voy. plus loin

forcément, suivi d'une chute qui, selon un double principe d'une application également fréquente, eut précisément comme origine l'exagération des causes mêmes du développement de Torganisme, et de plus s'accomplit dans des conditions assez brusques. Les qualités du régime patricien, presque poussées à l'excès, devenues intransigeantes ou abusives, dégénérèrent en vices ^. Dans l'ensemble, le milieu économique et le système constitutionnel, deux phénomènes, on le sait, liés étroitement l'un à l'autre, le régime pécuniaire et le recrutement autonome, finirent par concentrer à Douai comme partout le gouvernement urbain aux mains exclusives d'une oligarchie ploutocratique, qui, gorgée de richesses et ne dépendant de personne, se perdit par son exagération de fortune et de pouvoir tout à la fois ^. L'argent et le Magistrat devinrent une seule et même chose. Les échevins, gens d'affaires à titre privé, le furent aussi à titre pubhc, et, en l'absence de toute surveillance intérieure ou extérieure, ils usèrent des mêmes principes et en vinrent à des fins semblables dans leurs fonctions officielles et dans leurs occupations personnelles. Leurs entreprises de banque ou d'industrie étaient dirigées d'une façon courante dans leur intérêt exclusivement égoïste, au détriment absolu de ceux qu'en principe, ils auraient dû tout au moins aider à vivre et qui, au contraire, ne faisaient que s'épuiser et se ruiner pour leur unique avantage, sans qu'aucune opposition fut possible de la part des victimes, se heurtant à la toute-puissance de chefs économiques privés, en même temps chefs juridiques publics de la ville. Et ceux-ci, par la même omnipotence gouvernementale et dans le même intérêt individuel, transplantaient ces agissements dans leur conduite administrative. En tant que directeurs absolus de la commmiauté et spécialement de ses deniers, ils se considéraient, dans la gestion fiscale urbaine.

1. Sur les abus du régime patricien, à Douai même, voy. Jehan Boinebroke, passini et ici même, t. II, les§ 34, 2° et 43, 2° », puis, Finances, 43 ss. ; poui- la Flandre en général, Pirenne, Histoire, I, 370 ss., et Les Démocraties, chap. vi^.

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