Voy. t. II
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par l'argent encore ne comprend plus, selon une expression singulièrement caractéi istique et vivante, que « li grant singneur et li kemuns ^ », es mis ne sachant plus que tyranniser les autres, ceux-ci ne pouvant plus que haïr ceux-là. Cette conduite avait lieu, ces sentiments se formaient malgré l'égalité de tous les intéressés et leur appartenance à une même association. Mais aussi cette dernière ne devait-elle plus avoir qu'une valeur de principe dépourvue de toute réalité. Résolue en deux parties, une caste et une tourbe, qui n'avaient plus que la force et la volonté de se faire la guerre, sans chefs réels ni unité véritable, la communauté, comme toujours en pareil cas, était presque nécessairement mûre pour la guerre civile ou la domination étrangère ou pour les deux maux à la fois.
Avant l'apparition fatale et durable de luii et de l'autre phénomènes, ainsi qu'il arrive souvent, se produisirent, douze ou quinze ans plus tôt, quelques signes avant-coureurs, quelques escarmouches. Tout d'abord, en 1276 2, les échevins ayant publié des bans nouveaux sur la draperie, ils parurent sans doute tellement vexatoires aux travailleurs pour, ou plutôt, contre qui ils étaient faits, qu'ils s'adressèrent au pouvoir public en demandant leur suppression : la comtesse Marguerite, afin de maintenir la paix communale, usant évidemment du tUoit d'intervention qu'elle n'avait pas mis en pratique depuis longtemps et dont cette manifestation, on le sait, semble même être unique en son genre, ordonna aux échevins d'annuler ces règlements : il leur fallut obéir et cette législation disparut sans laisser de traces. Puis, en 1279 ^, c'est de nouveau le pouvoir central, agissant sans doute spontanément, et édictant comme suzeram une mesure générale pour toutes les villes, qui vient ordonner au gouveriie-
1. Duthillœul, Douai et Lille, 71 ; cf. « cil de Douay, grant et petit, estoient tout à un... )> (78).