‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 218 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE

de 1279 1 et, en tout cas, comme conséquence certaine des ordres de Gui de Dampierre du mois de septembre de l'année en cours, le 30 novembre, les échevins patriciens sortant de charge furent, pour la première fois sans doute, obligés de rendre publiquement leurs comptes ^ : ils accusaient un déficit formidable de 80.000 Ib. qui, malheureusement pour les maîtres jusqu'ici des deniers de rassociation, ne dut qu'exaspérer les sentiments du commun à leur égard. Aussi, dès ce moment, dans des conditions bien significatives, « pour le péril aparant de lor cors », des patriciens commencèrent probablement à quitter la ville ^. Chaque parti semblait donc triompher tour à tour et, d'une façon assez bizarre, imposer sa volonté à l'autre, non peut-être pas par lui-même, du moins exclusivement, mais toujours par l'appui devenu continu, quoique resté extraordinaire et dangereux, des autorités souveraines, entre les ambitions opposées desquelles la ville était maintenant sans cesse ballottée et achevait de se déchirer.

Cependant, malgré cette mauvaise fin de magistrature, grâce peut-être à l'appui du représentant du roi, le 29 novembre fut constitué lui nouvel échevinage patricien *, qui devait en principe rester jusqu'au 30 décembre 1297. Mais déjà les choses s'aggravaient et les premières luttes réelles apparaissaient. Vers ce moment, pour « des affaires déterminées 5 », non autrement spécifiées, mais se rattachant peutêtre justement au renouvellement constitutionnel, le roi envoya à Douai deux commissaires spéciaux, dont l'important personnage qu'était le bailli d'Amiens : ainsi, avec le gardien existant, s'opposaiient probablement trois officiers royaux

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