DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE 2G
régime plutôt que d"un autre, et n'ont aucun caractère vraiment personnel ^ ; même, la proscription de Toligarchie n'est qu'un résultat et une fin et non une cause, et quelle qu'ait pu être la nature véritable de cette dernière, elle aurait bien certainement entraîné les mêmes conséquences individuelles : bannis et volés pour un motif quelconque, les patriciens l'auraient toujours été et sans doute dans de semblables conditions ; par contre, il n'y a aucune contestation possible qu'à l'inverse des événements de 1276 et de 1280, les réclamations ou les révoltes des travailleurs pour leur travail ne se sont pas produites : on n'en a pas conservé la moindre trace.
Puisqu'il en est ainsi, que le côté constitutionnel ou social ne semble avoir eu vraiment qu'une valeur secondaire ou intermédiaire, il ne reste donc qu'à admettre que ce fut la question fiscale qui, non seulement a ouvert et clos la révolution, mais n'a cessé de la diriger et de la dominer. Si dans la première partie des troubles, dans l'ascension du commun, admini.strativement ses chefs ont d'abord substitué, en 1297 -, à un régime éminemment oligarchique, un système plus large, c'est en vue de s'emparer des finances, et en effet toute la nouvelle organisation gravite simplement autour de ce point, comme pour l'année suivante, l'affaire du, paiement des emprunts est déjà préoccupante ^ ; si également, du côté privé, la petite bourgeoisie encore a exilé et dépouillé les anciens chefs de la ville, ce dut être essentiellement aussi pour les punir de leurs crimes financiers qui. par la dilapidation de la cité, ont ruiné personnellement le commun au profit de ses adversaires. Ensuite, le patriciat revenu, si peut-être on n'a pas de preuves absolument manifestes d'une action d'ordre fiscal, toutes les circonstances ambiantes s'accordent à démontrer, non seulement sa continuation, mais, nous l'avons dit, les questions privées plutôt passées au second