Faillites virbaines
de motif et de caractère financiers ^. A l'égard spécialement de Douai, n'admettrait-on pas que la situation fiscale, d'une part, le poids des impôts, de l'autre, la crainte d'une ruine communale, avec toutes leurs conséquences privées ou ofiîcielles, intéressait plus à divers titres l'ensemble du commun 2 que les questions proprement économiques et même que la draperie, qui ne touchait qu'une partie, fut-elle la plus remuante, de la population. Si, en principe, cette conjecture est très admissible avant les troubles et à leur début, en fait, elle le devient encore davantage pendant leur durée même, où l'industrie ne put que perdre en grande partie sa prospérité ^ ancienne et où, par conséquent, tous les différends sociaux s'y rapportant cessèrent, à priori, de présenter leur importance d'autrefois. Enfin, à cette réduction de quantité dans les oppositions de classes put s'ajouter une transformation analogue pour la partie restante des luttes, qui perdit de son acuité primitive. Ne serait-il pas permis de supposer que l'aversion profonde des travailleurs contre leurs patrons était peut-être due non pas tant au système même qu'à son application : il ne tenait pas assurément aux premiers de trouver le capital nécessaire pour transformer l'organisation du travail *, mais il pouvait dépendre de leurs employeurs de leur fournir et de leur rémunérer leur besogne dans des conditions plus raisonnables. L'accomplissement du changement fut possible : le fonds économique persista, mais la méthode sociale se modifia. En effet, les règlements du xm^ siècle ne disparurent certainement point, pas plus que les nouveaux bans ne semblent présenter un esprit contraire aux anciens ; mais, l'économie diminuée d'ampleur, les patrons moins riches furent moins âpres, et les malheurs communs rapprochèrent les ennemis de jadis, si bien que la même législation fut appliquée dans un esprit différent et que les révoltes
1. Voy. à ce sujet Finances, 50-63 et les notes ; joindre Bourgin, Soiasons, 169-173, 205.