‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 246 sur 997 · A ce sujet, voy. t. II · texte numérisé non relu

A ce sujet, voy. t. II

268 tA VIE URBAINE DE DOUAI

passées ne se renouvelèrent plus. Finalement, quoi qu'il en soit de l'explication un peu conjecturale peut-être du caractère général de cette période, elle ne saurait aucunement en infirmer la nature elle-même.

Mais, parmi les raisons précédentes, on s'en rend compte aisément, les deux premières ont été les plus importantes, en raison des conséquences des troubles sur Tétat industriel urbain. En particulier, l'exil de l'aristocratie mercantile, joint à certains événements extérieurs, put porter un coup presque fatal à la draperie, et si par contre, le commerce du blé, en grande partie du moins, sortit du privilège de l'étape, si donc la fin du xiii^ siècle et le début du suivant, presque simultanément, virent disparaître la cause de la prospérité passée de la ville et naître la raison de son expansion future i, cette seconde transformation ne fut sans doute qu'un commencement sans effet immédiat, et il n'est que trop certain que, ces quinze années durant, ne cessèrent de s'accumuler les ruines et les pertes de toutes sortes.

Bien qu'extérieurement la guerre n'ait pu que contribuer à accroître ces désastres et qu'intérieurement la cause primordiale de la décadence ait été les fautes de la classe dominante, les deux éléments de la communauté semblent ensuite s'être montrés aussi coupables l'un que l'autre. Sans doute, le patriciat devint le premier incapable de diriger la ville dans l'intérêt général, mais force est bien d'avouer, quelque sj^mpathie jiour ainsi dire, qu'on puisse avoir à l'égard du commun, qu'après avoir été victorieux, il ne sut- et ne put pas user de sa victoire, et bien qu'il constituât un parti neuf, il ne montra aucune aptitude personnelle ou réelle à la bonne gestion des affaires urbaines. Ses représentants, moralement, ne paraissent pas avoir été supérieurs à ceux de l'aristocratie, et comme valeur administrative, ils n'en eurent certainement pas davantage. Surtout dans la deuxième période de la révolution, après le retour des patriciens, si mal qu'on connaisse cette époque,

Page 1