‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 282 sur 997 · Voy. plus bas · texte numérisé non relu

Voy. plus bas

tous égards, on peut dire qu'il existait à ce moment une véritable communauté ^.

A mesure que cette dernière acquit une importance et une force croissantes, elle en arriva assez naturellement à régler d'une façon de plus en plus autonome et courante ses propres affaires, d'abord privées, de nature judiciaire, par exemple, pour lesquelles elle pouvait choisir, comme les particuliers le feront encore au xiii^ et au xiv^ siècles, des « arbitres » ou (c amiaules compositeurs ^ », pris toujours en raison de leur situation personnelle seule et pour un but défini comme pendant une durée limitée. -Ensuite, cette indépendance dut s'étendre aux questions extérieures, et la ville se trouva amenée à posséder une sorte de pouvoir diplomatique la mettant spécialement en mesure de traiter avec l'autorité centrale. Dans tous les cas. il est probable qu'elle procéda, selon l'usage général, moins par voie d'obtention que par système d'empiétement, acquérant des droits nouveaux moins par des accords volontaires que par des reconnaissances forcées de l'autorité publique ^.

Les habitants obtinrent donc peu à peu un gouvernement de plus en plus personnel, ample et permanent, dans des circonstances successives de détails que nous ignorerons toujours. Seuls, deux points connexes paraissent offrir une réelle certitude. C'est d'abord l'origine du pouvoir. Non seulement il est, à priori, tout à fait naturel que la collectivité fasse défendre ses intérêts par un certain nombre de ses membres propres, dans quelques conditions que ceux-ci soient devenus ses chefs, mais, puisque le pouvoir urbain et l'autorité centrale sont, en principe, de composition, de tendances, en un mot de natures différentes, sinon contraires, que de plus, en fait, ils coexistent et fonctionnent simultanément, cette double raison ne permet aucunement de croire

1. Cf. à ce sujet Gierke, Genossenschaftsrecht, I, 313 ; Pirenne, Les anciennes Démocraties, 69, 137.

Page 1