PREMIÈRE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE
places et des très rares édifices d'intérêt général, tout Tespace libre, et il était maintenant très considérable, pouvait être affecté à des habitations privées. La vie économique, en particulier, dut se grouper de ce côté vers le Marché ; et surtout les branches de l'industrie drapière auxquelles l'eau était nécessaire, teintureries et foulonneries, s'installèrent à quelque distance sur des dérivations de la Scarpe. La première des rues nommées dans l'histoire douaisienne. il est intéressant de le constater, longeant justement un canal, était le « vicus fullonum ^ » et appartenait à la rive droite.
Il reste à essayer de déterminer le moment de l'édification de Duacum. 8i l'on admet que le castrum fut construit vers la fin du ix^ siècle, que Douayeul apparut presque simultanément, il est naturel et probable que la véritable ville sortit de terre à son tour peu de temps après : en raisonnant toujours par analogie, on conjecturerait volontiers que ce fut pendant le passage de Douai sous la domination flamande d'Arnoul le Vieux de 943 à 965 ^ : cette hj-pothèse. pour conjecturale qu'elle soit, bien entendu, paraît être cependant une des plus plausibles qu'on puisse émettre sur la formation topographique de la ville ^.
La rive droite, comme on a pu s'en convaincre déjà, n'est donc pas également sans offrir des traits significatifs. Tout d'abord, extérieurement, sa forme géométrique générale, la direction rectiligne des rues, la concentration autour de la place du Marché, la forme et surtout la situation de cette dernière, la position voisine des halles ainsi que celle de l'église principale, font reconnaître sans peine que toute cette partie essentielle est caractérisée par un principe absolument apparent : la régularité. Dans ces conditions, il est inadmissible qu'un tel élément de la cité ait été bâti au hasard, mais il n'a pu qu'être construit selon un plan préconçu et déterminé. On ne saurait prétendre qu'il ait été édifié d'un seul