‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 33 sur 997 · PREMIERE PARTIE. — HISTOIRE EXTERNE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. — HISTOIRE EXTERNE

En résumé, si l'on fait abstraction de ce dernier, qui eut une provenance et une nature spéciales et ne fut englobé que par accident, pour ainsi dire, dans l'enceinte, la « ville -^ semblait bien se composer de deux parties successives séparées par la rivière : à gauche, une sorte d'essai, bâti au hasard, d'étendue toujours très restreinte comme de caractère ancien : il a un rôle séparé ; à droite, la véritable ville construite sur un plan prémédité, beaucoup plus considérable de développement et renfermant toute la vie administrative et économique de la commune à l'époque historique. Ces deux centres correspondent certainement à deux espèces distinctes de formation et d'expansion ; mais, si l'on va au fond, ils appartiennent presque à un même genre d'agglomération, ils sont peut-être plus voisins l'un de l'autre que le plus ancien ne l'est du castrum. car tous deux, nous l'avons vu, ont comme caractéristique commune de s'être formés d'eux-mêmes sur les passages de voies de transit et autour de noyaux constitués par des marchés. Aussi l'un et l'autre encore paraissent-ils s'amener et se succéder directement.

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Actuellement, les origines de la ville ont pu être reconstituées, son apparition connue au moins dans ses grands traits : il ne reste plus qu'à décrire rapidement son développement et son expansion postérieures. En effet, la superficie de Duacum dans la première enceinte n'était guère supérieure à un village et il ne tarda pas, à son tour, à y être trop à l'étroit. De là des accroissements, qui semblent, du xi^ au début du xiv^ siècle, s'être accomphs en trois phases successives, dans trois conditions différentes.

Le développement le plus ancien s'exécuta sans doute vers le centre administratif et économique de la ville, vers la halle et le Marché et même l'église Saint-Pierre. Il était, en principe, naturel que la population se portât de préférence dans

cette direction et, en réalité, comme elle se trouvait déjà pour ainsi dire dans les fortifications qui touchaient au Forum, on le sait, il ne paraissait pas être moins nécessaire qu'un reflux au dehors s'exécutât très rapidement. Un nouveau quartier se construisit donc sans tarder de ce côté et au delà de l'enceinte, le long de la route allant à l'est et de voies connexes, mais il était assez peu considérable, croit-on, et surtout peu profond. Il dut comprendre plus ou moins vite une chapelle dite de Notre-Dame et un hôpital ^ . Comme il avait besoin d'être protégé et pour lui-même et pour le marché auquel il était attenant, on éleva au dehors une deuxième ligne de fortifications que l'on perça d'une porte. Cetteenceinte fut la dernière et délimita définitivement la ville vers l'est. Quant à la date de cet agrandissement, elle pourrait être fixée approximativement au xi^ siècle ^.

Si cette première extension n'avait qu'une étendue restreinte, il n'en fut pas de même de la seconde, qui se fit encore sur la même rive, mais engloba alors tout le reste de la ville située à droite de la Scarpe en amont comme en aval, seulement la poussée eut infiniment plus d'ampleur vers la seconde partie. En effet, tandis qu'à l'entrée de la Scarpe la nouvelle ville ne se développa que relativement et que les habitants ne s'éloignèrent pas des murs à une distance plus grande qu'ils ne l'avaient fait pour le quartier précédent, ils firent tout autrement au nord dans la direction de la Flandre, à droite et à gauche de la grande route conduisant à Lille : vers la campagne comme sur la rivière, l'extension dura, semble-t-il. aussi longtemps qu'on ne rencontra pas de

1. Le 28 mai 1175, une dame « Alguz de Foro » appartenant à l'une des premières familles patriciennes, les « Du Markiet >•, « infirmis de interiore hospitali reditum dédit ad victum sacerdotis, qui serviet in ecclesia Béate Marie ante prefatiun hospitale » (P.J. 3) ; voy. Brassart, Châteav, II, 844- 845. Or, on a ainsi nommé « l'église Notre-Dame devant (l'hôpital de) les Carteriers » (P.J. 815, 956 début, 1121 etc.). Joindre Brassart, Notes... sur les hôpitaux, 7 ss.

2. Brassart, Les tours des remparts en 1475, 168-169 ; et Notes jjkss,

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