‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 340 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE

le maintien parallèle à peu près comparable de l'autre. Ce régime ne fut pas en effet sans éprouver quelques modifications, mais d'importance relative, qu'il s'agisse de la constitution en général ou de son organe en particulier.

Les premières, en raison des concentrations antérieures, se firent sur une base, partirent d'un système essentiellement autoritaires. En principe, elles affectèrent deux caractères opposés : populaire, et aristocratique. Par une certaine bizarrerie même, avec une sorte de mouvement rythmique de balancier, elles se suivirent en se remplaçant régulièrement les unes les autres, comme si le changement exécuté, quel qu'il fût, semblait être d'un maintien impossible et qu'il parût nécessaire d'en revenir à l'état préexistant et ainsi de suite. En fait, ces transformations ne furent jamais absolues, jamais elles ne firent table rase de l'organisation en vigueur, mais se réduisirent presque à de simples altérations et combinaisons. Surtout après deux changements d'apparences contraires, on voulait avant tout comme mélanger, doser, les différences du passé dans des proportions diverses. Même les modifications les plus radicales, à première vue, n'étaient au moins que partielles et elles étaient les moins durables, d'autant mieux qu'elles paraissaient relativement plus accusées : elles ne semblaient être que de purs essais temporaires après lesquels on avait comme hâte d'en revenir au système antérieur presque contraire. Aussi, étant donné que ces changements s'exécutèrent toujours par rapport à la situation oj"iginelle, en raison, tout à la fois, de leurs séries alternatives, comme de leurs porté3& limitées, et enfin, par suite du caractère non populaire du dernier, il n'est pas douteux qu'au fond l'organisation non seulement fut. mais demeura aristocratique. Visiblement, à vrai dire, ces sortes de tentatives démocratiques, malgré leur restriction et leur brièveté, eurent une influence, quoique modérée, et introduisirent certaines tendances nouvelles durables et même grandissantes. Ainsi, selon un principe essentiel, tout régime influe sur celui qui le suit, quels que soient l'un et l'autre : entre tous, il y a un

LA VIE UKBAtNE DE DOUAI, I 24

lien indéniable. En un mot, la constitution eut toujours une nature juridique absolue, dont finalement quelques changements sociaux tempérèrent l'application.

Parallèlement, du côté organique, la limitation des modifications précédentes permit au système douaisien de ne pas en éprouver non plus de très considérables. Jamais il ne cessa de reposer sur un seul et même élément bien caractéristique, qui refléta en effet la nature et les tendances de la constitution. D'origine et de composition personnelles, il était également tout à fait urbain, comme par ses caractères apparents 1 formait un organe vraiment aristocratique. Si par conséquent il ne faisait pas tout, il commandait vraiment tout, et il expliquait tout : il s'amplifia, se compléta et se détacha en des éléments connexes, et qui mieux est, s'ils lui furent opposés, il les annihila. Non seulement il fut autant que possible l'organe correspondant à mi milieu à peu près indépendant, mais il le resta toujours, en somme, ne cessant de demeurer presque semblable à lui-même. Ce n'était pas cependant que l'ensemble de ses pouvoirs ait présenté une nature tout à fait tranchée et un exercice également libre, dominé que fut cet échevinage par la puissance souveraine et limité par la communauté, surtout, ou au moins, à partir d'un certain moment, puisque de ce côté aussi, par analogie avec les modifications constitutionnelles générales, se produisirent quelques changements de formes, sinon de conséquences assez libérales. De part et d'autre, à certains égards, il ne s'accomplit au fond qu'une sorte de retour en arrière vers l'égalité originelle.

Page 1