DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE
qui se manifeste toujours, mais non les bourgeois eux-mêmes, car leur action serait une question de solidarité mutuelle, qui ne saurait entrer en cause entre eux et les simples manants. Au contraire, le système économique, qui n'est qu'une partie de l'administration, ne doit pas différer pour les membres de l'association et les résidents ordinaires : en effet, on n'a que des indications en ce sens, sans aucune mention inverse qu'il n'y a pas lieu de supposer, les manants n'étant nullement des forains ^. Si Ton passe aux devoirs des premiers, lorsque d'abord, dans la vie militaire, il s'agit simplement du nettoyage des fossés des fortifications, non seulement les bourgeois, mais « tout cil ki sunt manant en ceste vile 2 », sont tenus d'y collaborer ; cependant, le service proprement dit ne semble pas être imposé aux non bourgeois. Il est vrai qu'effectivement, en tout temps en paix comme en guerre, il était beaucoup moins dur de prendre ses outils et d'aller mettre en état les murs de la ville, que de contribuer à « l'ost », et, en principe, on s'explique très bien que, ne for^ mant pas le fondement personnel de l'organisme, les manants ne fussent pas obligés de mettre, outre leurs bras, leur fortune et leur vie à sa disposition pour sa défense comme eux-mêmes n'étaient défendus par lui qu'officiellement et non officieusement. Au contraire, leurs charges financières devaient être entièrement comparables à celles des bourgeois : leurs états matériels se trouvant en principe identiques, leurs conséquences fiscales n'avaient pas à différer.
Des remarques précédentes, dont plusieurs, on ne peut l'oublier, n'ont guère qu'un caractère conjectural, semble résulter que tout en étant placé à demeure, tout en « restant » d'une façon permanente, non seulement personnelle, mais réelle, ce qui est absolument essentiel, sous la sauvegarde des fortifications urbaines, si le manant jouissait naturellement de la justice, dé l'administration en général et de l'économie communale, si, inversement, il donnait sa vigueur et