‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 402 sur 997 · Voy. t. II, § 34, lOBa · texte numérisé non relu

Voy. t. II, § 34, lOBa

son argent, il n'était cependant pas admis à diriger la ville et n'était pas non plus tenu de sacrifier son existence pour elle. De même, la commune trouvait avantage à faire du simple résident son justiciable, son administré et son marchand, parce qu'elle augmentait ainsi sa puissance et son extension propres, et elle considérait comme utile et légitime de le protéger publiquement parce qu'elle se défendait en même temps et qu'elle devait soutenir ceux qui vivaient dans ses murs d'une vie. au fond, non différente de la sienne, mais elle ne l'introduisait pas dans ses organes et elle ne demandait pas à ses membres de se solidariser individuellement avec lui en sa faveur. En somme, des prérogatives et des charges des bourgeois, il paraissait avoir celles-là seules qui étaient d'un caractère surtout matériel ; de ce qui était « à l'honneur et au porfit » de le ville, il ne possédait, croirait-on, que le côté (( porfitable » et non ^ honorable )). On le comprend aisément, puisqu'il n'était pas un membre, au moins complet, de la communauté qui l'abritait et qu'il ne s'était pas identifié ou associé absolument à ceux qui l'avaient reçu ; il se montrait un complément apparent de l'association, mais non une partie interne : il n'avait qu'une valeur inférieure, il n'était qu'un membre mineur ou un frère douteux ^.

Ces manants constituaient donc des sortes de demi-bourgeois. Et comme, de fait, ils étaient presque de simples bourgeois, bien mieux, qu'ils éprouvaient certains inconvénients des véritables éléments personnels de l'association sans jouir de leurs prérogatives, on s'étonne qu'ils n'aient pas songé à s'assimiler à ces derniers à tous égards : en un mot, l'existence des manants surprend presque. On supposerait à la rigueur que ces nouveaux venus mettaient quelque hésitation à prendre le parti de se transformer en bourgeois, ne sachant pas s'ils resteraient définitivement dans la ville ou s'ils ne se trouveraient point de nouveau, pour une raison quelconque, entraînés par ailleurs. Ils pouvaient aussi manquer des ressources

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