‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 403 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE

pécuniaires nécessaire à Tachât d"un bien, en avoir suffisamment pour demeurer locataires, mais non pour se transformer en propriétaires, bref, pour remplir la condition primordiale exigée par la ville de ses membres présents et futurs ; en outre, ils ne devaient pas tenir à se voir astreints à la dure obligation du service militaire. Peut-être également un départ éventuel leur semblait-il pouvoir entraîner pour eux. après leur entrée dans la bourgeoisie, des difficultés qui n'existaient pas sans doute pour de simples manants, spécialement au sujet du droit d'issue. Si Ion veut encore, les inconvénients connus du moment leur apparaissaient comme relativement plus supportables que les améliorations problématiques de l'avenir. En un mot, les manants devaient avoir très naturellement des raisons personnelles de conserver leur indépendance assurée, malgré des avantages éventuels qu'une adhésion complète à la communauté leur aurait offerts : à « l'air de la ville » ils préféraient l'air de la liberté.

Rien n'empêche de croire d'ailleurs que certains d'entre eux, comme d'ailleurs nous l'avons déjà admis i, consentirent de bonne grâce, parce qu'ils en avaient les moyens, à devenir des bourgeois. Néanmoins, il est évident que tous n'accomplissaient pas cette transformation et que parfois ils demeuraient manants. Les textes cités plus haut le prouvent. Mais une seconde conclusion mérite encore d'être tirée en particulier de la coutume mentionnée ^ : c'est que, s'il y avait des manants en état de devenir bourgeois, ou, si l'on préfère, qui. en fait, étaient déjà économiquement ces derniers et juridiquement l'étaient « en puissance », d'autres s'en trouvaient également qui. n'ayant pas la première qualité, ne pouvaient pas et ne devaient pas acquérir la seconde. Il semble qu'à côté des manants volontaires, on en rencontrait, et forcément, d'involontaires. Personnellement, ceux-ci auraient été avant tout la partie domestique de la population

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