‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 405 sur 997 · DEUXIEME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE

serviteur d'un des premiers « lignages » aristocratiques de la ville, prêtait de l'argent à un tisserand ^ ; à titre industriel, pour le métier le plus élevé, celui des tondeurs, les valets avaient certains droits organiques et législatifs absolument uniques -. Ces réserves établies, ces manants ne constituaient probablement qu'une population assez misérable à tous égards.

Deux sortes de ces résidents paraissaient donc exister. Létat privé des premiers reste inconnu, mais les seconds semblaient former en général l'élément (c domestique » de la vdle. En effet, sans doute était-ce le côté matériel qui différenciait leur condition, puisque, socialement, les uns pouvaient composer une population assez analogue à la bourgeoisie, tandis que les autres constituaient mi ensemble très inférieur ; ceux-là se rapprochaient juridiquement de la communauté et en tout cas. quand ils le voulaient, pouvaient y entrer ; ceux-ci n'étaient à aucun degré une ])artie de l'association et de plus n'avaient pas davantage la possibilité de le devenir: ainsi, les uns étaient clignes, les autres indignes d'y appartenir. De même, les premiers, devant avoir des liens effectifs avec la ville, ne possédaient sans doute la faculté de la quitter qu'avec quelques formalités ; les seconds, ne se trouvant en rapports persomiels qu'avec un particulier, partaient évidemment d'une façon beaucoup plus libre. Telle était la distinction entre les manants de droit et de fait, entre les manants juridiques et géographiques, entre les vrais et les faux manants, les uns rappelant encore ou annonçant déjà les bourgeois, les autres au contraire les forains. Mais, on s'en rend compte facilement, la raison primordiale, la cause réelle de leur séparation, le motif de l'empêchement de la seconde classe de résidents d'arriver à la première et peut-être aussi d'entrer dans la communauté même, bref, la raison véritable de la supériorité relative de l'une et de

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