‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 407 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE

la comnmnauté : Tintéressé. en dehors de toute règle, se procure ce qu'il veut et comme il le veut, il fait une opération exclusivement économique et pour ainsi dire égoïste. Dans l'ensemble, à Tinverse des bourgeois ou même des manants, ce n'est pas parce que. mais c'est au contraire quoique forain. qu'il a ces rapports avec la ville, quelles que soient d'ailleurs leur forme comme sa situation personnelle. En effet, de telles relations pouvaient être de caractère juridique ou économique et. par suite, l'état des forains devait différer également.

Tout d'abord, la ville, à l'exemple des diverses agglomérations communales de cette époque, toutes centres économiques fonctionnant dans des milieux et pendant une période encore assez troublés, mais plus spécialement en raison de sa situation frontière au milieu d'une contrée peu délimitée, perpétuellement traversée d'individus mal famés de toutes sortes et de tous pays, bannis, échappés de prison, voleurs de grands chemins ^. vivait dans une défiance instinctive et invétérée contre ces gens du dehors. Comme les habitants de la cité croyaient de parti pris et toujours que les étrangers avaient des intentions de a mal faire ^ ». il n'est jamais question que de mesures de police à leur égard, qu'il s'agisse de droit familial ou individuel, et sans que d'ailleurs on puisse toujours distinguer entre les deux ordres de choses. En fait, le forain peut, soit s'engager de lui-même dans une h meslée » qui deviendra collective, ou y être englobé involontairement par répercussion ^. soit, contre un individu isolé, agir spontanément et dans son unique intérêt ^ ou se conduire sur la demande et au profit d'un habitant, qui « a mis conseil » en vue de l'appeler k por mal faire » encore à un compatriote dans la ville ^ ou (( por emmener hom u feme ki mal eust fait

1. Voy. plus loin le § 16, 2^'. Cf. en général Pirenne, Constit. urbaines, 295.

2. Expression fréquente : P.J. 1292-3. 131 passim. 1324-1331-2, Ui^, 1685, 6244, 154423, 39. gi-ever . , 883^, 154423.

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