PREMIÈRE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE
CONCLUSION
La ville, telle que nous la connaissons au début du xiv^ siècle, s'était transformée au maximum en cinq fois successives dans cinq conditions différentes. A l'origine, avant qu'on ait aucune notion sur l'histoire et même sur la réalité de Douai, une villa privée existait peut-être ; puis, et sans doute sur son emplacement, à la fin du ix^ siècle, le pouvoir central construisit un castrum public ; mais presque simultanément et sous sa protection apparut un simple village ; après, ce simple essai fut continué et développé dans le second tiers du siècle suivant par un véritable portus urbain ; enfin, autour de ces parties réunies s'étendit la Neuvile, complétée même par une banlieue. Trois enceintes entourèrent lune après l'autre les éléments existants. Si trois cents ans furent nécessaires à la formation complète de Douai, le castrum, Duaculwn et Duacmn ne semblent pas s'être succédé en beaucoup plus d'un demi-siècle. De toutes ces parties, Douayeul n'était qu'une préparation et la ville neuve une extension de la cité proprement dite : les deux éléments qui s'opposèrent donc absolument l'un à l'autre, furent le castrum public et militaire et le portus privé et économique. Trois faits qui ont presque la valeur de principes paraissent caractériser l'origine du premier, la formation du second et le développement de la totalité des parties, l'un conjectural, les deux derniers certains : le premier est que la création du château fort fut sans doute contemporaine de l'apparition de la navigabilité à Douai ; l'autre que la ville propre s'éleva d'après un plan bien déterminé ; le troisième enfin que la fortification attira la population : le castrum, Douayeul. le Chatel bourgeois, les parties peuplées de la Neuvile apparaissent « à l'ombre » des murs. En général, chacun de ces éléments ne peut que correspondre à une phase particulière de l'iiistoire douaisienne.