Deuxième partie. — hîsîoirè juridique
une sorte de conseil de famille, puis exactement mi « baillistre » aj'ant la garde des enfants et la jouissance de la fortune, mais qui, à son défaut, pouvait être remplacé par un parent ou par un étranger que choisissait le conseil et qui alors n'était que gardien, la gérance des biens demeurant aux tuteurs. De l'autre côté, quand probablement le père de famille était mort ah intestat, les échevins donnaient à l'enfant une garde, mais prenaient personnellement la tutelle, faisant peut-être déjà fructifier la fortune par des prêts.
Sur cette organisation privée qui. on le verra, ne fut pas sans subsister fondamentalement, et même souvent, vint très exactement au début du dernier tiers du xiv^ siècle, se greffer le sj'stème officiel des « garde orphenes ». En 1368 tout d'abord, l'ordonnance royale rétablissant la commmie spécifie ^ simplement qu'à l'exemple de « Lyle et autres villes voisines », les échevins choisiront, annuellement sans aucun doute, quatre « bonnes personnes » comme « regars et maistres des orfenins, lesquels auront regart d'iceux et sur leurs biens ». Il n'est rien dit de plus, et si. dans le détail, l'organisme se modèle vraiment sur le système des cités de la région ^, on ne peut le vérifier. En fait, dès ce moment, il se montre dans diverses circonstances, spécialement familiales ou pécuniaires ^, intéressant la vie des orphelins, et où son rôle, autant qu'il est possible de s'en rendre compte, ne semble pas différer de celui que l'on connaît postérieurement.
Cependant, après une vingtaine d'années de fonctionnement, en 1388. sans aucune raison apparente, les échevins crurent nécessaire, sinon de modifier l'état existant, au moins de le codifier, par une « instruction baillie par eux par l'advis et délibération du Conseil ■* » : il est encore impossible de préciser .exactement. Les « ministres des orphenes meures d'eage »
2. Pour Lille, voy. le travail de Marchand, Les garcV orphenes à L.
3. Mentions d'ordre familial : P.J. 1309, 1328 ; — pécuniaire, P.J. 1285- 1287, 1302, 1379, 1417, 1521, 1529 ; Recueil, n° 362, p. 275.