Kalckstein, 181-182 ; Vanderkindere
3. Flodoard parle d'un siège en 930, puis en 931, ce qui pourrait faire croire à deux investissements : avec Kalckstein, il faut sans doute voir dans cette répétition une erreur et admettre plutôt que l'événement, assez long, aurait duré les deux années successives (Flodoard, éd. Pertz, 379 ; éd. Lauer, 46-47 ; cf. Kalckstein, 182 et n. 2 ; Brassart, 93-96 ; Lippert, Kônig Rudolf, 72 ; Lauer, Louis IV, 29 ; Vanderkindere, 57 ; Lauer, Robert l" et Raoul,
4. Kalckstein, 224-226; Brassart, 96-97; Lauer, iow/.s /F, 42, 58, 63-6(5.
5. Flodoard, Ann., éd. Pertz, 388; éd. Lauer, 81 ; cf. Kalckstein, 229; Brassart, 97 ; Lauer, Louis IV, 67-68; Vanderkindere, 58.
t), Brassart, 1 14 ; Vanderkindere, 56 et 58,
peut cependant placer cette acquisition vers 943 et en tout cas antérieurement à 956 i. Si les détails de cette dévolution ne sont guère fixés, c'est une question de forme, qui importe beaucoup moins que le fait lui-même et que son but : ce dernier ne peut être que l'intention d'Arnoul, en raison de ses possessions déjà existantes, de s'établir plus solidement du côté du midi, en d'autres termes vers la France. Ainsi, le rôle de l'agglomération commence à se dégager nettement, son importance est réellement mise en lumière et il importe d'autant plus de le remarquer, sans trop y insister, que le prince qui fit cette acquisition de Douai mérite d'être regardé, nous l'avons dit, comme le fondateur bien probable de la « ville » proprement dite ^.
La valeur de cette situation va aussitôt se manifester encore davantage. Douai redevient français momentanément. Arnoul I^^ meurt en 965, ne laissant qu'un petit- fils en bas âge, le futur Arnoul II. Les Flamands, par la crainte de leurs voisins du sud, le proclamèrent comte avec un tuteur. Mais Lothaire, qui se prétendait héritier du défunt, envahit le pays et conquit l'Artois, l'Ostrevant et en somme toute la contrée jusqu'à la Lys : Douai, par conséquent, passa en son pouvoir ^. Ainsi, les conquêtes d' Arnoul se trouvèrent annulées ; en particulier, cette ville revient maintenant au conquérant du midi, suzerain d'ailleurs du seigneur précé-
1. Brassart, 114; Vanderkindere, 59. D'une part, Vanderkindere pense qu'Arnold ayant été disgracié, aurait eu poui- successeur Raoul II de Laon, fils de Roger II de Laon, qui, on se le rappelle, avait possédé auparavant Douai ; il mourut en 943 et ce ne serait qu'à partir de cette année que le comte Arnoul avirait pu prendre la ville. De l'autre, Brassart conjecture qu'il l'acquit avant 956, date à laquelle l'évêque de Cambrai, Bérenger, en guerre avec les habitants de sa cité, lui offrit, s'il voulait venii' à son secours, la villa de Lambres (Gesta Episc. Camer., S. S., VII, 431 ; cf. Kalckstein, 287) : en raison de l'importance militaire et économique extrême, pour Douai, de ce village qui dominait la Scarpe en amont, on suppose que l'évêque n'aurait pas fait cette proposition, si Douai lui-même n'avait pas déjà appartenu au comte.