‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 551 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE

d'origine et de situation extérieures à elle. De plus, chaque lignage appartenant à une association urbaine différente, la querelle pouvait cesser d'avoir une portée purement familiale pour prendre une extension plus générale et finir par mettre en cause au besoin les villes elles-mêmes, celles-ci ne pouvant séparer leurs propres intérêts de ceux de"leurs bourgeois. Un simple différend, privé en fait au début, arrivait donc, par un double accroissement, à dégénérer en une véritable « guerre », selon le terme employé, entre deux cités ^. Dans ce cas, remarquera-t-on, une famille donnait le branle à la totalité des autres associations similaires et entraînait la communauté entière : elle reprenait ainsi son importance fondamentale primitive.

Mais justement ces inimitiés collectives, si on les avait laissées librement se développer, auraient rapidement fait courir à l'union et à la paix urbaines les plus graves dangers, car l'ensemble communal se serait presque fatalement résolu en une série d'organismes uniquement occupés de leurs affaires propres, c'est-à-dire en l'espèce, de leurs querelles particulières, et par suite, sous le rapport réel comme personnel, doublement dangereux. Puisqu'au contraire la ville avait une forme de petit état et un rôle en soi presque national, il lui fallait, sinon supprimer entièrement un semblable système et de pareilles tendances, transformation qu'il devait lui être bien difficile d'accomplir en raison de leur nature expressément sociale, du moins essayer de les réglementer et de les diriger. Or, en principe, les différends familiaux, peut-être par suite de cette extension, qui mettait en cause de petites associations collectives, dont les délits originels commis individuellement par leurs membres, n'auraient pu. en raison du nombre des intéressés compris ensuite malgré eux dans les querelles, entraîner de véritables répressions générales sans les plus grands inconvénients, avaient comme solution, non pas des punitions réelles, mais des accords divers : la quantité des

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