‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 620 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE

entre époux, car « li uns n"a point de lignage qui ne soit aussi prochiens à l'autre comme à lui ^ >>. Un ménage ne saurait donc appartenir simultanément à deux parties adverses et par conséquent, pas plus que la guerre, l'accord ne se comprendrait entre ses deux éléments. En fait, cependant, le cas était discutable. Dans l'année 1379 ^, eut lieu pour les « ires et mal talens et manaches » d'un homme contre sa femme, qui le quitta d'ailleurs et alla demeurer chez ses parents, l'établissement d'une trêve à la requête de l'épouse. Le jour même, le mari la rencontra et la blessa jusqu'à la mettre en danger de mort. Dans cette question, l'échevinage, ne se croyant pas très sûr de la jurisprudence, consulta ^ cinq individus encore. « clers de droit « ou « sages coustumiers )•, sur le point de savoir si, entre pareilles personnes, de tels accords pouvaient être mis ou rompus réellement. On lui répondit ^ que. lorsqu'une femme désirait avoir les trêves contre son mari, les juges devaient d'abord « l'appeller, la traire à part et lui remonstrer par toutes voies qu'elle se délaisse » de cette intention ; il leur fallait ensuite faire venir également le mari, lui persuader <( qu'il tiegne paisible » sa femme, >< comme preudons doit faire se preude femme v. Si l'épouse persistait dans son intention, on ne pouvait naturellement que déférer à sa volonté et on mettait des trêves entre le ménage comme entre des personnes ordinaires. Mais, effectivement, elles n'avaient de valeur que si une séparation de domicile existait et persistait entre les deux conjoints : autrement, le fait même de la reprise de la cohabitation des deux membres du ménage, on le comprend très aisément, les annulait. Si, d'autre part ^, pendant l'existence de l'accord, le mari commettait quelque délit sur sa femme, la faute était assimilée aux actes de cette nature exécutés dans des circonstances semblables, à l'exclusion de

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