‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 622 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE

comportent chacun des exemples qui ne sont relatifs qu'à tel mode particulier d'accords, mais c'est évidemment là une pure question de fait et aucune raison n'existe de ne pas supposer et admettre que les divers principes, chacun dans leur genre, ne fussent pas, en général, applicables pour des conventions distinctes.

Les différentes espèces d'arrangements sont maintenant connues. A titre juridique, pour en finir aussitôt avec ce côté secondaire en l'espèce, les quarantaines ne sont pas un contrat ; les asseurements, comme les trêves, en forment un, mais unilatéral, de chaque partie avec l'autorité ; les paix enfin constituent un contrat bi latéral entre les deux familles ; en particulier, le caractère de toutes ces conventions était formaliste. Du côté social, quarantaines et asseurements, si ignorés nous soient-ils relativement, paraissent se ramener aux trêves. Les premières, trêves doublement limitées du point de vue personnel et réel, les secondes, trêves à peu près indéfinies, ne peuvent différer de ces autres actes httéralement qu'en apparence, car tous ces modes de procédure sont comparables par leur genre purement externe, en ce sens que ce ne sont que des arrangements qui. par leur forme et par leur fond, de la façon la plus générale, doivent être qualifiés de nature exlusivement officielle. Toutes différentes sont les paix. Mais, puisque les trêves sont les mieux connues de la première série de conventions, elles méritent d'être spécialement rapprochées de ces dernières en vue de préciser le plus possible leurs caractères respectifs. La signification apparente des termes déjà donne quelque idée de la portée véritable des actes auxquels ils se rapportent et qui sont doublement di.stincts, par leurs côtés externe et interne.

D'une part, les trêves n'ont qu'mi temps limité et quoiqu'elles paraissent être, en fait, indéfiniment renouvelables, en principe elles ne sauraient, et par cela même, constituer qu'un arrêt de la lutte ; la paix au contraire, conclue une fois pour toutes, est par conséquent, de prime abord, tout à fait

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définitive. vSeuleinent. ce n'est pas là assez dire. car. à la rigueur, un accord temporaire toujours renouvelé finirait presque par devenir équivalent à une convention sans limite. C'est ainsi que. par une conséquence d'ordre chronologique, la trêve des forains peut, d'une façon spéciale, être essentiellement rapprochée des asseurements : dans ce cas, elle a la valeur d'une mesure dernière et complète en soi, elle possède la signification d'un accord perpétuel, quoique purement extérieur, d'une convention sans restriction temporaire, bien que sans effet moral rétroactif : bref, elle mériterait d'être appelée une paix sans réconciliation ^.

La trêve, en réalité. n"a qu'une valeur visible, elle nest quunc simple promesse des parties au pouvoir de vivre sans rapports hostiles, et non pas un accord véritable. Evidemment, si on la renouvelle, c"est que la cause même du différend n'a pas disparu et, par suite, la guerre demeure toujours possible. En d'autres termes, elle laisse subsister le motif des faits dont elle ne supprime pas l'influence morale, et la séparation des parties ne détruit pas leur inimitié spirituelle. En tant que simple armistice, elle n'assure que très relativement l'avenir, alors que le but essentiel de l'autorité, sinon des parties, doit être de réparer et d'effacer le passé pour obtenir la meilleure garantie de la situation future. Le pouvoir veut, à cet effet, la disparition de l'offense même, la suppression de toute raison de lutt<?. mieux encore, le remplacement de la discorde par l'accord, exactement, de la haine par l'amour. C'est ce que la paix réalise : elle n'est donc pas que pour le dehors une fin absolue des lio.stilités. une trêve perpétuelle, un asseurement, mais avant tout elle constitue un oubli du passé, par suite sur le moment même, une fusion complète des adversaires, comme aussi pour l'avenir un engagement de reprendre la vie normale et finalement une rentrée entière dans la paix du lignage et de l'association. Aussi, dans rensend)le, les parties, par les trêves,

1. En effet, les forains peuvent être considérés, en leur qualité propre d'étrangers, comme n'ayant plus à revenir dans la ville : la trêve leur est doiinéc une fois i)()ur toutes et son ronouvellement ne les intéresse plus.

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