DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE
réel ou détaillé : en fait, cette séparation, pour apparaître peut-être partout, n'est vraiment guère accusée et influente que dans la seconde catégorie de fautes. On admettrait qu'avant ou après le délit, les choses sont ou deviennent plus vagues, ({ue dans l'ensemble on excite ou on secourt et rien de plus : au contraire, sur le moment même, l'aide ne peut se donner que dans des conditions plus précises. De ces deux situations sociales résultent des conséquences pénales connexes à chacune et, par suite, également assez distinctes. D'un point de vue absolu, la réglementation punit avant tout l'instigation, l'égalant au fait lui-même : dans l'assistance pendant le délit, cette équivalence n'est (pi'éventuelle, quoique assez courante ; dans le secours postérieur, elle devient régulièrement une infériorité. Au fond, pour le jjremier et le troisième cas, c'est toujours une question de principe, pour le second, une question de fait : cette distinction paraît certainement être le résultat de la considération de l'absence ou de l'existence de différences internes. A titre relatif, le droit considère en somme les trois formes de complicité comme de moins en moins graves : tout d'abord, l'instigateur n'assiste pas au fait même, mais on admet qu'à priori il est la cause primordiale et nécessaire de toute la série des fautes et que de plus, réellement, il fait exécuter un délit exactement identique à celui que lui-même aurait accomi)li ; à cet égard, dans le second cas, on se l'expUque aisément, la ressemblance ou la différence des actes accomplis par le coupable principal ou par son complice, peuvent vraiment se manifester ; dans la dernière forme, le délit est passé et ses conséquences seules apparaissent, bien qu'à vrai dire elles puissent lui redonner naissance. Dans l'ensemble, on n'avait donc que des raisons d'employer un système pénal très rigoureux et, en fait, si des distinctions se manifestent entre les réj)ressions du délit et de la com})licité, elles sont certainement de valeur secondaire.