‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 708 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE l · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE l

condition de rentrer le soir : une pareille indépendance relativement exagérée ne dut pas être sans entraîner des abus auxquels la nouvelle réglementation voulut remédier. Au contraire, d'autres prisonniers demeuraient toujours « en prisont freuniée, en fers, en livres, en cep ji en carcan )), « si fort )% dit le châtelain, « que je mentiengne, ou mestourreis, pour bien aseurés ». Tous les détenus, sans exception, restaient jusqu'à ce qu'ils fussent « remandé » par les échevins, très certainement pour le jugement ^. A l'expiration de leur séjour involontaire, ils payaient une petite somme fixe, évidemment pour le droit de garde, avec « les fres » variables ^. On se demande, à vrai dire, comment certains des intéressés, peut-être absolument dénués de toutes ressources, si peu de temps qu'ils aient dû demeurer dans la Vieille tour et quel que fût, par conséquent, le chiffre minime de leur « dette », pouvaient régler ces deux ordres de dépenses : une hypothèse tant soit peu satisfaisante paraît bien difficile à émettre à ce sujet.

La seconde prison est nommée très rarement. Apparaissant en 1284, elle se trouvait à la halle ^ et, au sièiîle suivant, on sait seulement qu'elle servait après la sentence à garder, sous la surveillance d'ailleurs du bailli comme des échevins, les condamnés à mort et sans doute aussi à une peine infamante, en attendant l'exécution du jugement ^. Tout autre détail fait défaut sur cette prison, bien que sa provenance et sa nature proprement urbaines ne soient pas douteuses ^.

3. Duthillœul, Douai et Lille, 60-61. Il est vrai que dans ce cas on l'appelle expressément « le prison Mgr le comte », ce qui apparaît comme une bizarrerie assez singulière, car elle était située dans la halle. En tout cas, au xivc s., elle n'avait certainement plus ce rôle, puisqu'il y avait une prison publique au Château (voy. ci-dessous n. 5).

Page 1