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Malgré ces éventualités dangereuses, les bannis essayaient sans doute fréquemment de rentrer. N'étant expulsés en effet que du petit territoire de la ville et cherchant évidemment à revenir dans cette dernière, ils devaient tout naturellement rester surtout aux environs de leur résidence habituelle et ils formaient ainsi, presque aux portes de la cité, un ensemble de gens fort peu recommandables : c'était là, conjecturerait-on, l'une des origines de ces forains qui paraissaient causer aux habitants une si grande terreur ^. Aussi la ville se plaignait-elle parfois de ce voisinage, d'autant mieux qu'en raison de sa situation frontière, les gens sans aveu, venus alors d'un peu partout, se donnaient comme rendez vous dans cette région mal délimitée et s'ajoutaient encore aux précédents ^. Les dangers de ce désordre social furent probablement, on l'a dit. un des motifs du double changement essentiel, en partie déjà connu, qui se réalisa depuis le xiV siècle. Tout d'abord, les expulsions purent être remplacées par des pèlerinages qui n'offraient pas les mêmes inconvénients : sans compter leur caractère expiatoire, moralement plus élevé, c'était au loin que le condamné accomplissait sa réparation, comme c'était réguhèrement ensuite qu'il reprenait sa place dans la ville ^. Mais, en outre, comme les « volages » devinrent « rachetables », à partir de la période bourguignonne, par répercussion et simultanément peut-être, le même procédé fut appliqué aux expulsions, quoique seulement d'une façon relative * : si en effet elles n'étaient ]3as supérieures à cinq ans, elles pouvaient être rachetées moyennant un tarif proportionnel déterminé, qui variait de 32 s., pour une proscription de trois jours, à 50 Ib. ])our cinq années. L'attribution de la somme se faisait jus([ii'à concurrence des deux tiers au pouvoir urbain, le reste passant à l'autorité centrale. C'était, au fond, à l'égard des bannissements, Tintroduction du système du jredus.