‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 757 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE

mais naturellement existait-il plusieurs manières de donner des coups ^, soit comme moyen ou comme résultat, avec le '( ping » ou le (( poinne ^ » seul ou de « main armée ^ », avec une arme, elle-même très variable *, et toujours avec des conséquences diverses également, qu'on frappât simplement « sans playe ne naurure ^ », ou en faisant « plaie de banliue » ou « en brisant membre ^ ' » et. de part et d'autre, que ce fût ou non (' sour sen corps deffendant ^ ». Quelquefois aussi on « bâtait ^ ». De là provenaient divers résultats. Le plus général était celui de « faire mal >, appellation très vague, mais qui n'est, en somme, jamais définie. Aussi, en soi devait-eUe avoir une extension relative très grande, du simple coup, sinon jusqu'à la mort^°, du moins à la blessure quelconque. En considérant alors le milieu ambiant, cet acte pouvait être exécuté dans des conditions fort diverses, bien que ses conséquences nous restent inconnues. En général, les droits constitutionnel et administratif, criminel et collectif ou individuel et enfin civil, constituaient des divisions théoriques essentielles. Avant tout, les différences étaient personnelles ou réelles et parfois pénales. D'un côté, elles pouvaient concerner l'agresseur ou sa victime ; puis, le premier spécialement était mis en cause directement ou comme complice. Enfin,

1. « Ferir « simplement : P.J. 71, ViO^-^-lSl'^, 1267 (•• batu, féru, nauré »), 139219, 30, 154425-26, 47

4. Voy. surtout à ce sujet les bans siu- les < armmes ) (P.J. 163, 1, A*, \r[Ii, 166-167, 169, 629).

6. P.J. 163, I, A*, 1664.1672-3, 169'*, 427, 629», 5, 1500, 154422, 46 — Cf. encore cette expression : « avoir fru blechie la dicte femme à sans courant, sans plaie de loy » (P.J. 1315) ; on jieut « ferir > aussi mortellement, 13051-2, 13221.

7. Sur les divers genres de « plaies ■ , voy. d'ailleurs ci-après 773.

9. P.J. 1065 (« batre et vilener > ; cf. la lettre du 13 oet. 1333 citée p. précédente n. 5), 1193 (« bature ou naureure «), 1267 (« batu, féru, nauré >'), 13921 (« féru et batu «), 1518 (« bat, naure »).

10. On dit en effet, mais semble-t-il, une unique fois, « faire mal par que nus en morust » (P.J. 593).

selon les points de vue juridique, judiciaire ou privé, il pouvait être bourgeois ou forain, un individu ordinaire ou un banni, avoir eu des rapports de caractère collectif avec la victime. S'il s'agit à présent de cette dernière, les dissemblances se produisent, du côté constitutionnel, selon la position officielle de l'intéressé, (pi'il soit échevin ou esgardeur, du côté judiciaire, s'il apparaît comme un individu ordinaire, un témoin ou un banni, du côté économique, s'il est un créancier. Sous le rapport maintenant réel, localement, le délit est commis dans la ville ou au dehors, et dans le premier cas, dans une propriété privée ou non ; judiciairement, le fait jx'iit être accompli à l'occasion d'un accord familial pouvant lui-même présenter différentes formes, et dans chacune se manifester dans des circonstances distinctes. Enfin, ta titre pénal, l'acte est a fait en murdre » ou non, selon qu'il correspond ou non également à une forme de gravité particulière s'ajoutant au fond même de la faute et en l'espèce résultant de l'exécution de cette dernière par un individu qui n'a pas voulu conclure un accord : cependant, en droit, elle n'équivaut nullement à un assassinat, bien ({u'en fait, par ailleurs, il paraisse en être ainsi ^. Bien entendu, on ne saurait, entre toutes ces distinctions précédentes, établir de séparation absolue : elles réagissent les unes sur les autres et s'enchevêtrent. Mais, dans l'ensemble, elles sont variées et essentielles et peuvent entraîner des différences pénales '^.

Au délit général se rattachaient aussi étroitement que possible deux autres plus particuliers. C'était d'abord, sous une nature réelle encore intermédiaire et par suite un peu indéterminée, la « naurure ^ ». En général, il faut y voir par exemple la u blechure ^> *. Particulièrement, on <( naurait » d'une arme quelconque, en amenant <( le sanc et la plaie » ou « le

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