‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 77 sur 997 · Plouvain, Souvenirs · texte numérisé non relu

Plouvain, Souvenirs

rREMiÈRË PARTIE. HiSTOIRE EXTERNE Si

que les comtes se la voient prendre ou céder. Cette règle, s'il ne faut pas en exagérer l'importance, ne se manifeste pas moins partout.. Une telle simplicité de faits se complète assez naturellement de leur ampleur croissante, si bien que la situation du centre urbain perdit ainsi graduellement de son isolement et de son individualité. Deux changements essentiels à cet égard se produisirent sous les deux princes français qui firent du recul de la frontière du Nord l'un des buts fondamentaux de leur politique : avec Philippe-Auguste, le Hainaut. auquel Douai avait appartenu autrefois, cessa d'avoir une action séparée et lia sa politique à celle d'un des deux pays voisins, si bien que la ville n'eut plus désormais qu'un ennemi au lieu de deux qui étaient possibles jusque-là ; ensuite, si elle commença par conserver encore entre les deux contrées du Nord ou du Midi, un rôle très particulariste, à la fin du règne de Philippe le Bel, elle disparut presque à son tour dans la contrée environnante pour être confondue avec elle et suivre exactement les mêmes vicissitudes : ainsi, son rôle diminua dans de doubles conditions relativement à celui de la région. En effet, cette suite de changements de même ordre n'est bien entendu qu'un exemple, aux dépens de l'histoire uniquement urbaine, du développement de sa forme territoriale sinon nationale.

CONCLUSION

Cette (( généralisation » de l'histoire de Douai ne s'accomplit d'ailleurs, on le remarquera, qu'assez tard, et un tel changement, pas plus que l'affaiblissement des liens étroits qui rattachaient la ville à la Flandre entière, ne peuvent faire conclure que son état extérieur ne constituait qu'un simple élément d'un tout et ne méritait nullement d'être considéré à part. Son histoire semble plutôt conduire à quelques conclusions spéciales et d'ordre similaire, parce qu'elles doivent

toutes résulter de la situation géographique particulière de l'agglomération.

En premier lieu, nous l'avons déjà observé, il peut paraître assez singulier, surtout dans les guerres de 1340, que Douai, en dépit de sa position essentielle de cité d'extrême frontière, de sa valeur « diplôme tique » et militaire indéniable et quoique s'étant trouvé à plus leurs reprises absolument au milieu du « théâtre de la guerre », ait eu un rôle proprement stratégique plutôt que r éellement guerrier : en d'autres termes, il semble être surtout un endroit de passage et non de lutte, si bien que le siège d • 1107 est le dernier de ceux qu'il subit : les troupes se concc ntrent ou défilent sous ses murs, mais elles ne se battent que davantage vers le nord. On peut conjecturer d'abord, sous le rapport réel, que cet état est la conséquence dune cause géographique. Douai se trouvait sur la limite même des pa^'s ennemis et un peu avant ou après les passages des marais que les adversaires tenaient de préférence à posséder : aussi, au début des hostilités, évitaient-ils d'user leurs forces contre une cité qui, ensuite de la prise des défilés et de la conquête de toute la contrée en deçà et au delà, selon le point de départ des ennemis, finirait presque forcément par arriver entre leurs mains. C'est ce que l'on constate effectivement jusqu'à trois fois dans les guerres de Philippe le Bel, en 1300, après Courtrai et enfin après Mons-en-Pévèle, la ville jugeant qu'elle ne pouvait guère faire autrement que de se rendre au parti victorieux. En effet, par une raison maintenant d'ordre personnel, mais résultant simplement de la précédente, les habitants, instruits peut-être par leur expérience antérieure, devenus, amsi qu'on le constate souvent dans les régions intermédiaires, assez sceptiques de nature et peu soucieux de subir de nouveau les ennuis d'un siège, préféraient, dès que les chances paraissaient tourner à peu près définitivement en faveur de l'un des ennemis, se donner à lui spontanément et de bonne volonté, sachant que, par leur situation géographique, ils tomberaient à peu près nécessairement en son pouvoir, alors que, par elle encore, ils

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