‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 78 sur 997 · PREMIERE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE

n'avaient pas beaucoup plus de raisons d'appartenir au vainqueur qu'à son adversaire.

En réalité, ils n'avaient pas tout à t'ait tort et c'est bien aussi ce que confirme leur histoire diplomatique, comme c'est également la cause de son importance et de sa signification. A elle seule, la position de Douai dans cette sorte de marche du nom mixte et un peu hybride de Flandre wallonne, montre aisément combien, à priori, sa situation territoriale était peu nette, et laisse prévoir à quelles compétitions sa possession pourra donner lieu. Les choses se compliquaient parfois encore de la double dépendance relative de cette région à l'égard de deux possesseurs, l'un suzerain et l'autre vassal du premier. Aussi, même lorsque les courants nationaux commencent à se former, au moment des événements essentiels de cette époque, guerres ou négociations de Philippe- Auguste, comme campagnes et traités de Philippe le Bel. rien n'est plus curieux que de remarquer cette place toujours indécise de Douai. Les rois, en comprenant toute l'importance, ne cessent de vouloir le conquérir, mais ils ne peuvent arriver à l'avoir, au moins sans restriction : alors, ils se le font donner temporairement et d'une façon plus ou moins conditionnelle, espérant que quelque circonstance heureuse, ou prolongera indéfiniment cette situation relative ou la tournera enfin absolument en leur faveur ; et comme l'événement ne se produit pas ou que la chance se déclare contre eux, il leur faut effectivement rendre la cité ; cependant, ils ne le font qu'en tenant à s'y réserver quelque droit éventuel et vague de reprise ou de rachat. Même au xrv^ siècle, après le transport ou le retour de Flandre, lorsque Louis de Maie ne veut pas faire hommage pour la ville parce que Jean II ne la cède point d'une façon complète, la situation ne s'éclaircit jamais entièrement. Bref, peut-on dire que, lorsque les rois de France possédaient Douai en fait, ils ne l'avaient plus en droit, et s'ils n'en jouissaient plus en réafité, ils prétendaient la tenir encore en principe : mais ils voulaient toujours l'avoir en quelque façon, si bien que le xrv®

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siècle se clora sur une sorte crambiguïté et d'incertitude. Sans doute les ennemis du Nord pensaient et agissaient à peu près de même, seulement ils furent en somme les plus heureux. Les efforts répétés des rois de France étaient presque la preuve de leur inutilité relative et la marque que la puissance des souverains ne correspondait pas encore à leur ambition. Peut-être la tâche était-elle plus difficile quelle ne semblait rêtre parce que Douai, en dépit de sa situation géographique d'apparence absolument neutre, se rattachait au fond à la Flandre par sa position naturelle en contre-bas des collines de l'Artois et sur une rivière coulant vers le nord, puis, en conséquence, par le rapprochement de son système juridique et économique avec les institutions de caractère flamand.

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