‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 81 sur 997 · Cf. Pirenne, Histoire, II · texte numérisé non relu

Cf. Pirenne, Histoire, II

allait sans doute pas de même et cette rareté de manifestations s'explique aisément par la modification politique exécutée. Aussi, si l'oubli où semblait tomber habituellement une telle souveraineté ne doit pas être exagéré dans un sens afRrmatif , il serait au moins également faux d'aller à l'opinion extrême opposée et d'amplifier la portée de cette même prééminence : on en viendrait en effet à croire que lorsque l'agglomération changeait de possesseur politique, elle ne changeait pas de propriétaire réel et que la transformation juridique n'avait au fond aucune importance territoriale. Mais, ce qui montre bien qu'il s'agissait de deux pouvoirs très distincts, rivaux ou non. c'est que. lorsque la ville a cessé de vivre sous la même domination, son maître antérieur, quel qu'il soit, cesse presque également d'être mentionné : il n'intervient plus que tout à fait par hasard. Dans la seconde moitié du xiii^ siècle et le dernier tiers de la période suivante, il n'est plus jamais question en somme du roi de France, et pendant la première partie du xiv^ siècle, à plus forte raison, du comte de Flandre ^. En général, les deux autorités sont séparées et. on peut le dire, s'ignorent d'une façon à peu près complète. Aussi les rapports de la ville avec la puissance centrale peuvent-ils être exactement semblables, que la seconde ait son siège à Paris ou à Gand. Si ces relations comportent des changements quelconques, ce n'est pas parce que la commune passe de l'autorité d'un vassal sous celle d'un suzerain ou inversement, mais parce que ce pouvoir s'exerce, en fait, dans des conditions différentes : en d'autres termes, ce n'est pas une question de forme, mais de circons-

1. Sons la domination flamande, des prestations de serments au roi, conséquences du traité de Melun (voy. plus haut, 68) ou des affaires quelconques, dans lesquelles le Parlement de Paris ou le prévôt de Beauquesne interviennent (voy. plus bas et surtout 2°), même par empiétement, ont des causes politiques ou administratives qui se comprennent d'elles-mêmes ; à l'époque française, il est plus cm-ieux de voir, dans des questions interterritoriales, le comte se montrer, écrire à la ville ou même rendre un jugement, qu'il s'agisse de guerres familiales (P.J. 1164, 1187; voy. § 14 y') ou d'affaires commerciales (Limbiu-g-Stirum, Carf. de JjOuIs de Maie, I, n° 054, et II, n"« 729 et 744).

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