Funck-Brentano, Additions au Codex
Mais, si les deux cas précédents se comprennent sans difficulté, dans la vie économique, celui des esgardeurs est plus délicat. La raison du défaut de permanence juridique de leur charge peut se chercher, non pas en soi, mais dans le côté proprement pécuniaire de la fonction, dans le mode de paiement. Or, le motif direct de cette forme de rémunération ne saurait être que le moyen qu'on devait y trouver d'exciter le zèle des intéressés qui, autrement, ne se serait peut-être manifesté qu'avec une ardeur insuffisante : c'est que si des attentats à l'ordre public api^araissaient aisément comme répréhensibles, des dérogations à des règlements de police économique qui, ne fût-ce qu'en apparence, étaient moins ouvertement gênants, d'une façon moins tranchée, semblaient par suite moins facilement punissables ; mais, en obligeant les esgardeurs à ne compter que sur eux-mêmes en vue de tirer quelque profit de leurs fonctions, on les forçait à y montrer toute l'activité judiciaire nécessaire. En outre, avec les agents d'administration ou de police qui étaient au fond de nature ancienne, puisque leur analogue avait toujours existé, peut-être le Magistrat se contenta-t-il de suivre des habitudes primitives et différentes des usages qu'il put, sinon qu'il dut établir au sujet des esgardeurs, officiers de nature essentiellement nouvelle. Par suite, à l'égard maintenant de la nomination même des agents, lorsque de la ville dépendait d'une façon exclusive leur paiement sans doute régulier, mais essentiellement limité, elle pouvait sans inconvénient leur conférer un office à vie : quel que soit donc l'ordre dans lequel on pose les deux éléments de la proposition, durée et rétribution, le résultat est toujours semblable. Tout au contraire, comme les esgardeurs n'ayant rien à attendre du Magistrat pour le règlement d'un traitement, étaient à cet égard plus libres, l'attribution d'une fonction continue aurait pu, en diminuant également par le côté juridique alors les droits et les facilités de contrôle de la commune sur eux, développer des dispositions déjà naturelles, peut-être forcées, à vouloir réaliser trop de bénéfices aux dépens du public. En consé-