DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE
remarquer, avaient moins pour but de supprimer que de légaliser leur vagabondage ^ : c'est qu'en somme, on vient de le dire, ils semblaient faire partie à peu prés intégrante de Ihabitation humaine et de la vie ordinaire. S'ajoutaient à eux des chiens, dont la pléthore était parfois telle que. dans la seconde moitié du xiv^ siècle, on dut créer un « tuekien », qui, « au commandement du bailli et eschevins y., en l'espace de cinq semaines, n'en détruisit pas moins de 123 ^. Mais on peut se demander ce que devenaient les cadavres, et la réponse est d'autant moins douteuse que. par analogie, on constate encore, au milieu de l'époque précédente, que des « caretons « sont chargés denlever le fumier d'une place publique « pour le grant pueur et orreur qu'il faisoit ^ ». Cet exemple n'est probablement qu'un entre bien d'autres et la saleté repoussante des rues ne doit être que trop certaine.
Quant à la rivière, les prescriptions valables pour les rues l'étaient également en principe à son sujet, en ce sens qu'elles se résumaient encore dans l'interdiction d'y jeter des ordures et des détritus de toutes sortes *. Cette défense s'appliquait spécialement aux industries variées de la draperie, teintureries et foulonneries, situées le long de la Scarpe ou de ses canaux ^. Elle n'était pas toujours sans motifs réels, si l'on veut bien se rappeler la querelle de 1220 entre des teinturiers et la collégiale Saint-Amé au sujet d'un de ses moulins situé sur une dérivation de la rivière ^''.
1. A certains moments du moins de Tépclque bourguignonne semblait cependant exister une sorte de lieu d'incarcération pour ces animaux : payé aux ( esn-ardeirrs du markie au blé pour le louage du lieu, là ù on a mis en prison les truyes et potu'ciaus..., trouvé ou markie au blé, faisant damage as marchans vendeurs de leiu-s gi-ains, au préjudice du bien commun, 4 Ib., 2 s., 6 d. " (Comptes de 1394-95 ; Arch. comm., CC 203, p. 390).