Voy. plus b^, 3°^, et même P.J., I
que le nom de Douai n'apparaisse nulle part pour démontrer que son développement dut être singulièrement restreint, mais c'est aussi qu'inversement, dès une époque reculée, existent des preuves nombreuses de ce que la région était bien loin d'être déserte et que les lieux habités n'y faisaient pas défaut. Si, à l'époque impériale, on laisse même de côté de véritables centres un peu éloignés, tels qu'Arras ou Cambrai, à une distance beaucoup plus rapprochée, à quelques kilomètres au sud, passait dans les marais une voie romaine, se rattachant probablement à celle qui unissait les deux villes précédentes ^. Puis, sous les Mérovingiens, cette même contrée et en particuher la future vallée supérieure de la rivière qui devait être la Scarpe, semble être bien plutôt famihère aux rois de cette époque : la villa de Vitry, le vicus de Lambres, qui ne se trouvent respectivement qu'à deux et même à une seule lieue en amont de Douai, ne sont pas sans jouer un certain rôle, en particuher du temps de Grégoire de Tours, dès le VI® siècle par conséquent ^. Puis, avec la seconde moitié de la période séculaire suivante, mais au contraire en aval, on voit apparaître les trois monastères fondés par saint Amand ou se rattachant à lui : Ehione. Hamage et surtout Marchiemies, le plus voisin de la ville ^. Encore sous les Carolingiens, la même double origine locale de renseignements se manifeste. Au ix® siècle, la dernière des abbayes précé-
1. Dès le xviiie siècle, des traces de cette voie ont été retrouvées dans les marais d'Ai-leiix au sud-est de Douai. Il ne semble pas, comme nous le disons, que ce fut celle d'AiTas - Cambrai, mais plutôt une voie secondaire s'embranchant sm- elle et se dirigeant vers le Nord ; peut-être n'aurait -elle été autre que le chemin de la première de ces villes à Tournai : ce serait là \m petit problème à résoudre. En tout cas, son existence n'est pas douteuse et elle ne serait même guère j^assée loin de Douai (Voy. spécialement de Caylus, Sur un chemin des Romains, 136 ss. ; et, en partie d'après lui, Brassart, Notes histor. sur Arleux (Bull. Comm. hist. Nord, 450 ; S. F. W., 92- 93) ; puis, plus généralement, Desjardins, Géogr. de la Gaule romaine, TV, 58, 128-129 ; Gauchez, Topogr. des voies romaines, 156-157).
2. Grég. de Tours, Historia Franc, 186-187, 191 et 281 ; Fortunat, Vita aanctœ Radegundis, 39, et également Hariulf, Chron. Centulense, 8-9 ; cf. Longnon, Géogr. de la Gaule au F/e s., 413-414.
3. Voy. simplement Van der Essen, Les vitci' des saints mérovingiens, 261, 341-342.