‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 91 sur 997 · PREMIÈRE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE

action s'est imposée spontanément à elle. De nouveau, on le constatera, les deux éléments se complètent en somme assez heureusement et d'une façon naturelle ^.

Il importe de ne jamais perdre de vue cette supériorité publique, car Fentente peut ne pas toujours exister. Les relations précédentes ont un caractère normal. Mais si le pouvoir central a le droit de confirmer, puis de créer les privilèges, il ne saurait, semble-t-il, être dépourvu de celui de les annuler. Cette suppression sera partielle ou totale, ou, plus explicitement, différente selon une application réelle ou personnelle. Dans les deux cas, l'origine de l'intervention de la puissance souveraine est naturellement toujours identique : la marche du pouvoir urbain lui paraît être défectueuse et elle la modifie ; seulement, dans le motif, comme dans le résultat, existe une différence de degré, d'amplitude et de caractère. En premier lieu, si mi élément de la réglementation est considéré par elle comme mauvais, elle ordonne aux échevins de ne pas l'appliquer et l'annule en fait. Ce changement partiel ne touche en rien à l'organisation générale elle-même, qui continue <à tous égards son fonctionnement antérieur. On n'a au reste de ce genre d'interventions quun nombre dexemples singulièrement restreint, s'ils sont assez connexes. Quelques-mis, d'origine passablement obscure d'ailleurs et de nature fuiancière, concernent la perception des ressources extraordinaires, qui, à la suite des désordres fiscaux urbains survenus pendant les troubles des guerres de Flandre, d'un droit plus ou moins communal, devint une concession expressément publique ^. Un autre cas, à la fois très net et de caractère franchement économique, est, en, 1276, sur la plainte qu'à vrai dire adressèrent des patrons tisserands à Marguerite de Flandre au sujet de bans sur la draperie émanant du patriciat échevinal, l'ordre que donna la comtesse au Magistrat de supprimer ces

1.^(1 La paix urbaine est une « keui'e >, parce qu'elle a été demandée... par la bourgeoisie ; eUe est une « loi », parce qu'elle est ratifiée par le comte et garantie par lui » (Pirenne, Histoire, I, 195).

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