‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 942 sur 997 · DEUXIÈ3IE PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈ3IE PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE

exacte, les bourgeois et même les manants furent convoqués par « le bancloke » « por aler as entrepresures des fossés amender ». Chacun dut se munir des outils nécessaires, « pele, havel ou quingnie », et « semoingné )> par le connétable, se ranger en bon ordre sous la bannière de sa circonscription. En tête, flottait celle des échevins que les représentants anciens et nouveaux du jiouvoir public, châtelain et bailli, accompagnaient, comme si on préparait une véritable expédition militaire. Ce système parut avoir mécontenté les habitants, dont certains ne voulurent même pas se résoudre au travail, insultant les autres ^"^. Aussi constate-t-on, très postérieurement d'ailleurs, sous la période bourguignonne, un changement de procédé. A cette époque, à deux reprises, en 1396 et en 1400 ^, les fossés étant « aterris », le duc ordonna de les faire « curer et widier ». Mais Touvrage fut exécuté par des ouvriers et les habitants le réglèrent simplement. La première fois, on le sait, de nouveau il s'accomplit administrativement par connétablies.

Ces travaux avaient été le résultat de la « visite » de la forteresse i3ar « aucuns des officiers » publics : ils étaient donc bien, comme on ne vient de le dire, la conséquence directe des ordres de l'autorité extérieure. Déjà en 1383, le duc avait exigé l'enlèvement de toute « arbroiierie » qui pouvait gêner les murs ^. Enfin, de la façon la plus générale, en vue de l'exécution de toutes ces besognes, la iDuissance souveraine, toujours vers la même époque, accorda à la ville des subventions directes ou indirectes, soit en ne concédant des assises ou des emprunts cpi'à la condition qu'ils seraient employés aux travaux de fortification ou en laissant dans le même but une partie des « aides » qui lui étaient régulièrement dues, soit d'une façon expresse, en faisant un véritable <( don » pécuniaire 5 à la cité. La dernière enceinte fut donc bien d'origine

2. Cf. siu- ce devoir des bourgeois dans les villes soiiabes, Saur, 5-6.

Page 1