‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 954 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE

une vingtaine d'années même avant la publication de ce ban, avait été fondé un hôpital « por les femmes relevant de enfant ke elles aront de lor baron espouseit », et il était ouvert non seulement aux bourgeoises, mais aux manantes résidant dans la ville depuis plus d'une année. Cette Bonne maison était donc réservée aux femmes ayant des enfants légitimes ; mais on se préoccupait aussi des autres. En 1278^, les échevins interdirent « de porter » ou de « mètre » des enfants devant la halle ou devant l'hôpital qui leur était spécialement consacré, sous peine d'une exposition et d'un bannissement semblables aux précédents : en analogie encore avec le premier cas, le mal était à la fois attesté et guérissable par l'existence de cet hospice qu'on appelait « Saint- Jehan des Trouvés ^ ». L'importance de cette double prescription paraissait être telle au Magistrat que, tout à la fois, il récompensait les individus lui signalant les contraventions et qu'il jaunissait ceux qui, en ayant connaissance, s'abstenaient de les lui inchquer : c'étaient des applications du principe de la police individuelle, uniques, semble-t-il, en leur genre. D'autre part, cet intérêt que la ville 2)ortait dès cette époque à certains problèmes fort difficiles et la façon même délicate dont elle avait su les résoudre, ne peuvent qu'attirer l'attention et mériter le respect.

Ainsi, le jjouvoir urbain, en principe^ « tenait en se main » la vie charitable non ecclésiastique de l'agglomération ; par suite, il avait « pooir de ordener et atirer à son endroit », c'està-dire d'en « warder et maintenir » les divers éléments ^. Non seulement la législation émanait exclusivement de lui. mais les individus chargés de l'appliquer étaient en somme ses fonctionnaires, de sorte (pie lui-même, pour cette double raison, exerçait en effet une autorité directe et une surveillance continue sur les j^arties essentielles des organismes, personnes, biens et finances, tout en ne les subventionnant cependant à aucun degré. A cet égard, les fondations appa-

Page 1